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«C'est le moment pour les PME de se tourner vers l'international»

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L'agence française pour le développement international des entreprises, partenaire de la Semaine Nationale de la Performance Commerciale 2009, décrypte les opportunités d'une ouverture sur des marchés étrangers.

Action Commerciale - Quelles entreprises sont concernées par l'action d'Ubifrance?

Arnaud Leretour - Ubifrance est un établissement public sous la tutelle du ministère des Finances, dont la mission est d'aider les entreprises à exporter. Mais les grandes entreprises connaissant généralement le chemin de l'export, nous accompagnons essentiellement des PME-PMI dans leurs projets de conquête de nouveaux débouchés.

Pour permettre à ces sociétés de franchir le cap de l'exportation, et les obstacles qui vont de pair, nous conseillons leurs équipes et mettons en oeuvre des actions d'accompagnement allant de la participation à des salons étrangers à un suivi dans la durée des entreprises positionnées sur des marchés spécifiques comme la Russie, l'Inde ou la Chine. En outre, nous proposons une trentaine d'outils à ces entreprises pour faciliter leur démarche d'ouverture à l'international.

Pouvez-vous nous présenter quelques-uns de ces outils au service des sociétés exportatrices?

Nous accordons, par exemple, des subventions pour favoriser le déplacement d'entreprises à l'étranger dans le cadre de missions individuelles ou de montage de salons. C'est la raison pour laquelle nous avons récemment aidé la CCI de Caen dans l'organisation d'un pavillon français en Allemagne autour de la filière équine et de l'équipement du cheval. Aujourd'hui, nous couvrons quatre grands secteurs d'activités que sont les produits de consommation, l'industrie et les infrastructures, l'agriculture et les produits agroalimentaires, et enfin les technologies et les services. La définition de ces quatre grands pôles a pour objectif d'optimiser notre efficacité en mettant en relation des personnes compétentes dans chacun des domaines.

Dans un contexte mondial de crise, est-ce judicieux pour une PME française de s'ouvrir à l'international?

Je crois que, plus que jamais, la crise internationale que nous subissons actuellement constitue un moment propice à l'ouverture sur de nouveaux marchés! Il est difficile de trouver des débouchés en France, alors que de nombreuses opportunités s'offrent sur des marchés étrangers. L'exportation ne dépend pas de la taille d'une entreprise mais essentiellement de la pertinence des produits sur un secteur. Notre mission consiste à aider les sociétés à bâtir une stratégie en fonction de leurs produits, moyens et objectifs, à déceler les marchés les plus adaptés et à les mettre en garde contre les erreurs à ne pas commettre sur un marché.

Aujourd'hui, quels sont les marchés les plus porteurs?

La question ne se pose pas tout à fait dans ces termes, même s'il existe des valeurs sûres. Il est important de s'intéresser aux pays émergents, comme l'Inde, le Brésil ou la Chine, mais d'autres peuvent apporter des opportunités importantes comme les pays du Maghreb ou de l'OCDE, à l'instar du Canada, du Japon et même des Etats-Unis. Tout dépend, là encore, des produits et du positionnement de votre entreprise. Dites-nous quels sont vos produits et nous vous dirons où partir les vendre!

Combien d'entreprises vous sollicitent chaque année?

Nous accompagnons entre 12 000 et 14 000 entreprises chaque année. Parmi celles-ci, nous distinguons les sociétés pour lesquelles nous n'intervenons que dans une démarche d'information et de conseil - par exemple dans une démarche de veille ou de renseignement sur les appels d'offres à l'étranger - et celles que nous guidons vers de nouveaux marchés. Cette dernière catégorie concerne près de 4 000 entreprises par an. D'ici à 2011, nous espérons doubler ces chiffres.

Le réseau des DCF constitue-t-il, à votre sens, un bon intermédiaire pour cette ouverture à l'international?

Nous avons signé des accords de partenariat avec les CCI mais aussi avec de nombreuses associations et organisations professionnelles qui sont, pour nous, des relais primordiaux de sensibilisation et de prescription. Les DCF font partie de nos partenaires privilégiés et je pense que nous avons tout intérêt à poursuivre notre engagement à côté d'une structure dont les objectifs sont assez proches des nôtres en termes de performance et d'expertise. Qui plus est, l'une de nos principales missions consiste à identifier les futurs contacts d'affaires pour promouvoir, par l'intermédiaire de réseaux existants, les produits et services de nos porteurs de projets. En ce sens, le réseau DCF constitue un facilitateur de business.

Vous êtes connu des jeunes pour le VIE. En quoi ce service est-il aussi utile pour les entreprises exportatrices?

Le Volontariat international à l'étranger (VIE) est un service que l'on offre principalement aux entreprises françaises présentes à l'étranger et ayant un projet de développement à l'export. Il s'agit de recruter un jeune de moins de 28 ans, pour une mission commerciale ou technique allant de 6 à 24 mois. Cette formule permet aux entreprises d'être exonérées de charges sociales en France et aux jeunes de trouver une alternative intéressante à l'expatriation tout en enrichissant considérablement leur CV. Les volontaires bénéficient d'un statut public, sont placés sous la tutelle de l'ambassade de France, disposent d'une protection sociale complète et leurs frais de voyage sont pris en charge. Entre 2002 et 2008, le nombre de missions a e triplé, touchant près de 6 500 volontaires. Notre objectif est de franchir le cap des 10 000 d'ici à 2011.