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«La Cité a besoin de l'engagement des dirigeants d'entreprise»

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La Ville Rose accueille le congrès national des DCF du 12 au 15 juin. Pierre Cohen, député-maire de Toulouse, revient sur l'importance de l'engagement des entreprises et des associations.

Action Commerciale - Comment se porte l'économie toulousaine?

Pierre Cohen - Bien, si l'on considère l'instant présent. L'avenir, par contre, est plus sombre. Selon le baromètre réalisé par la CCIT et la Banque de France, le chiffre d'affaires des 1 700 principales entreprises toulousaines a augmenté de 5,5% en 2007 et la croissance devrait être du même ordre en 2008. C'est l'activité industrielle qui est le facteur de ce dynamisme, alors que le BTP et le commerce ralentissent légèrement. Ce qu'il faut noter, c'est que la création d'emplois ne suit pas cette hausse d'activité. Le secteur tertiaire continue d'embaucher, mais ailleurs. Par conséquent, l'emploi local stagne, voire diminue. C'est un signe qui nous alerte. Quand le chiffre d'affaires des entreprises augmente, sans que l'emploi ne suive, cela signifie qu'il se développe ailleurs. Cette tendance à la délocalisation des emplois est nationale mais elle est fortement ressentie sur le plan local.

Nous constatons que Toulouse est très dépendante de son activité industrielle aéronautique. Or, avec le plan Power 8 d'EADS, la croissance du secteur aéronautique ne bénéficiera plus à Toulouse et à sa région en priorité: le rééquilibrage avec l'Allemagne et l'implantation dans la zone dollar étant les deux axes stratégiques du développement de l'entreprise. Nous devons donc faire preuve d'une très grande vigilance sur cette question, tout en aidant au développement d'autres filières qui soient porteuses d'emploi, et donc d'avenir pour l'économie toulousaine.

Pierre Cohen, député-maire de Toulouse

@ PATRICE NIN

Pierre Cohen, député-maire de Toulouse

Quel est votre objectif en ce qui concerne les entreprises toulousaines?

Qu'elles soient prospères et que cette prospérité se traduise dans le bien-être des Toulousaines et des Toulousains. Une ville où le chômage aurait disparu, ou presque, parce que les entreprises se développeraient et embaucheraient, c'est le rêve de tout maire! Cela signifierait une ville où chacun a sa place. Mon ambition, c'est de contribuer à ce que le monde économique trouve dans la mairie, comme il peut le trouver dans l'agglomération, la région ou le département, des partenaires fiables et solides, exigeants et loyaux. Mais au-delà, mon ambition est de permettre à ceux qui n'ont pas encore pu lancer leur projet d'entreprise, mais qui ont cette capacité et cette volonté, de pouvoir le faire. Nous travaillons à la mise en place d'une agence de développement économique qui aura notamment cette mission. Je crois que partout en ville, des talents ne demandent qu'à s'épanouir: il faut savoir les repérer, les aider.

Quelle place accordez-vous aux associations professionnelles?

Je pense que ces associations, dont l'objet est de mettre en commun et en réseau les expériences, les talents et les volontés, sont très utiles dans une ville comme Toulouse. Elles sont nos partenaires naturels dans le monde de l'économie. Et elles le seront d'autant plus qu'elles sauront mettre au premier rang de leurs préoccupations le bien commun. Ces associations ne peuvent se contenter d'être des lieux de relations publiques ou d'échanges, voire de naissances d'affaires. La Cité a besoin de l'engagement des responsables d'entreprises.

Que peuvent apporter ces associations à votre ville et à l'économie locale?

Leur apport peut être très important. Je pense que les responsables d'entreprises ont une vision du monde, des contacts, des analyses, des projets qui intéressent la ville et notre économie. Je veux qu'ils s'impliquent avec nous pour faire de Toulouse une ville qui compte en France, une métropole qui rayonne en Europe. Ce sera, je l'espère, le nouveau paradoxe toulousain: qu'un maire socialiste réussisse cette ambition avec les responsables des entreprises!

Toulouse accueille le Congrès National des DCF. Quelle importance accordez-vous à ce type d'événement?

Chaque fois que Toulouse accueille une manifestation nationale, c'est une bonne chose! Dans les prochaines années, Toulouse et son agglomération auront enfin un vrai lieu pour accueillir des manifestations internationales d'envergure. Mon souhait pour aujourd'hui, c'est que cette manifestation soit l'occasion pour les chefs d'entreprise toulousains de manifester leur cohésion et leur enthousiasme sur la scène nationale.

Le Congrès DCF porte sur les réseaux professionnels. En tant qu'acteur institutionnel, quelle est votre vision de ces réseaux?

Notre monde économique, culturel, politique, associatif est fondé sur l'existence de réseaux. Les technologies modernes d'information et de communication renforcent encore cette tendance. Mais comme je le disais précédemment, il peut y avoir un danger à ce fonctionnement, celui de l'enfermement dans le réseau: à force de rechercher son semblable, on finit par ne plus communiquer qu'avec des semblables, on perd le sens du bien commun, de la chose publique. Il me semble, et c'est le sens de mon appel, que les DCF, comme les autres réseaux doivent s'ouvrir au monde. La ville, la maison commune, est le lieu idéal pour cela. C'est ce que je souhaite construire quand je parle de nouvelle citoyenneté toulousaine.

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Avènement des réseaux virtuels, communautés socio-professionnelles, échanges en Web 2.0...
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