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« Mon job ? Éveiller les consciences au commerce équitable »

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La mission de Jean-Marc Brunet : trouver des débouchés commerciaux aux producteurs des pays en développement à des conditions équitables. Mais aussi persuader les distributeurs de faire la part belle à ces produits.

6:30 J'aime travailler tôt le matin

Jean-Marc Brunet est clairement un “matinal actif”. Levé autour de 6 h 30, il travaille chez lui pendant une heure. « La maison est tranquille, les enfants ne sont pas encore réveillés. Ce matin, par exemple, j'ai mis la dernière touche à une intervention que je dois faire dans la matinée auprès de Gaz de France. Les rares jours où je ne travaille pas, je profite de ce créneau matinal pour lire. » Et, pour compléter ce programme, Jean-Marc Brunet s'accorde une demi-heure de footing trois fois par semaine…

9:00 Le point sur les dossiers en cours

Les bureaux de Max Havelaar sont situés à Montreuil, à deux pas du périphérique de l'Est parisien et à quelques minutes du domicile de Jean-Marc Brunet. Selon son programme, il vient à pied ou en scooter. Il commence la journée autour d'un café, qu'il partage avec le responsable de gestion, une personne-clé de l'équipe commerciale. « Il me tient au courant de l'évolution des contrats avec les détenteurs de licences (120 à ce jour, soit 1 300 références), me parle de l'avancée des projets de contrats avec de futurs licenciés et me présente les projets de packaging, que nous validons systématiquement ensemble. » Ils évoquent également les actions de communication programmées, sans oublier les chiffres. Mais attention, on ne parle pas argent ici comme ailleurs : « Nous sommes une association et, de fait, nous n'avons pas vocation à gagner de l'argent. Mon souci est de faire tourner l'association et de développer les volumes de produits labellisés afin d'augmenter les quantités achetées aux producteurs à des conditions équitables. Nous ne nions pas le commerce, mais nous l'envisageons autrement. »

10:00 Une partie de mon job consiste à expliquer ce qu'est le commerce équitable

Jean-Marc Brunet part pour le siège de Gaz de France, qui organise, à l'intention de ses 150 cadres, une matinée de réflexion autour d'une question centrale : Une marque peut-elle être éthique ? « La direction m'a demandé d'intervenir pour parler de Max Havelaar. L'occasion de présenter l'état d'esprit qui anime l'association, notre façon de fonctionner,notre rôle… et d'en débattre avec les managers de Gaz de France. » Le directeur commercial anime régulièrement des conférences de ce type auprès d'entreprises, mais aussi d'établissements scolaires. Il peut ainsi expliquer le leitmotiv de Max Havelaar : « Amener progressivement progressivement les acteurs économiques du Nord à changer les pratiques commerciales Nord/Sud pour le respect et au bénéfice de tous. » Un leitmotiv qui passe par la mise en place de filières équitables. L'équipe de Jean- Marc Brunet est, en effet, chargée de trouver de nouveaux débouchés et donc de nouveaux industriels qui vont adopter la “marque”. En 2005, les produits labellisés Max Havelaar ont généré un chiffre d'affaires d'environ 120 millions d'euros en France. L'association table cette année sur 200 millions d'euros.

13:00 Un petit resto avec des collègues

Je déjeune habituellement avec des collègues de “Max” dans l'un des restaurants du quartier (indien, libanais, etc.), à moins que j'aie prévu un déjeuner avec un détenteur de licence ou un prestataire. Dans ce cas, je vais dans un restaurant vietnamien du XXe arrondissement, Dong Mai.

14:00 Cet après-midi, je suis mobilisé sur la Quinzaine du commerce équitable

C' est le début de la Quinzaine du commerce équitable, qui s'est déroulée du 29 avril au 14 mai derniers. Jean-Marc Brunet se rend sur le parvis de l'Hôtel de Ville, à Paris, où le bus Max Havelaar s'est arrêté pour deux jours. Ensuite, un “road show” l'amènera dans sept villes de France. Objectif : ouvrir les consommateurs au commerce équitable. L'occasion, pour le directeur commercial, de répondre aux questions de la presse et des consommateurs, de discuter avec les élus locaux et de mettre en lumière les producteurs qui ont fait le déplacement. « Cette opération est très importante, estime Jean-Marc Brunet. C'est l'opportunité d'accrocher les gens, de les sensibiliser au commerce équitable, de leur expliquer pourquoi cela vaut le coup d'acheter des produits issus du commerce équitable, même s'ils sont 5 % ou 15 % plus chers que les produits traditionnels. C'est un moment fort qui nous permet d'être plus visibles. »

17:00 Travail en équipe autour d'un projet de collaboration avec un industriel

Jean-Marc Brunet réunit les trois responsables de marchés de son équipe, qui compte une douzaine de collaborateurs. Respectivement en charge de l'épicerie, des produits frais et des produits non alimentaires, ils planchent aujourd'hui sur un nouveau projet de collaboration. Il s'agit de répondre à la demande d'une marque distributeur qui envisage de se lancer dans le commerce équitable. « Cet industriel a émis des souhaits précis. À nous de voir si les filières en place, et donc les matières premières produites sous le label commerce équitable, nous permettent de répondre à ses besoins. Nous devons, dans un avenir proche, être en mesure de lui proposer un projet de collaboration global. » Avec ses équipes, qu'il manage de près – il coordonne leurs actions et les accompagne sur le terrain –, Jean-Marc Brunet veille aussi à faire évoluer les licences existantes en proposant d'étoffer les gammes et de créer de nouvelles filières. « C'est l'équipe commerciale de Max Havelaar France qui est à l'origine de la filière commerce équitable du coton, se réjouit-il. Puis elle a été étendue à l'ensemble du réseau. »

18:30 Je prépare la prochaine rencontre avec nos partenaires

« Je termine la journée en préparant le prochain comité de détenteurs de licences, qui a lieu quatre fois par an et réunit les 120 industriels qui fabriquent sous la licence Max Havelaar. » Ce rendezvous est l'occasion de faire redescendre des informations sur les producteurs et l'organisation internationale Fairtrade Labelling Organizations (FLO). Mais aussi de présenter les chiffres, de parler des opérations de communication ou des événements qui sont prévus. Jean-Marc Brunet planche également sur les thèmes qui seront abordés lors des ateliers qui vont ponctuer ce comité, comme la contractualisation, les redevances, la communication… « Nous sommes dans une relation de partenariat avec les industriels. Leur objectif est de voir ce que l'on peut améliorer. » Une fois la préparation terminée, le comité adresse un dossier à tous les participants, afin que chacun arrive avec des idées et des propositions. « C'est comme cela aussi que nous ferons progresser l'idée de commerce équitable », conclut ce directeur commercial… militant !

Le carnet de Jean-Marc Brunet

Ses films La vie est belle de Roberto Benigni et Au nom de la rose de Jean-Jacques Annaud. Ses livres • Une vie de Guy de Maupassant. « La dernière phrase m'a tout particulièrement marqué : “Rosalie, la servante de Jeanne, dit à celle-ci : La vie n'est jamais si bonne ni si mauvaise qu'on le croit…” » • La BD Qui a tué l'idiot ? de Nicolas Dumontheuil. Sa passion « J'ai suivi les cours des Beaux-Arts. Aujourd'hui, je peins et dessine, le plus souvent au crayon. Surtout des portraits. » Une bonne table Le Khun Acorne, 8 avenue Taillebourg dans le XIe arrondissement de Paris. « C'est un restaurant thaïlandais tenu par un ami. »

Parcours

Après un master en marketing et vente et un cursus qui l'a conduit à étudier la publicité, l'économie et la gestion, Jean-Marc Brunet débute dans la grande distribution comme commercial. En 1985, il participe au lancement, en France, de la marque de café italienne Lavazza et accompagne son développement pendant un peu plus de 15 ans. On lui confie ensuite diverses fonctions d'encadrement. Il rejoint Max Havelaar en 2005, alors que l'association est en pleine croissance. « J'avais envie d'être en phase avec des valeurs qui sont les miennes et que porte le commerce équitable. »