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Comment, en quelques années, La Poste a tissé sa Toile

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Après les sites grand public et les offres B to B, La Poste veut devenir le premier opérateur européen du marché des services e-commerce.

Au regard des 16 milliards d’euros de chiffre d’affaires global du groupe, les recettes de l’activité Internet de La Poste semblent bien maigres. “ Nous estimons que le Web représente entre 1 et 2 % de notre chiffre d’affaires, précise, sans états d’âme, Nicolas Lefebvre, le directeur e-business et nouveaux services. Nous pensons que notre rôle est de proposer à nos clients des e-services à forte valeur ajoutée. ” En effet, si La Poste s’est engagée dans une véritable stratégie e-business, c’est parce qu’elle est légitime dans ce domaine… avec, même, un avenir prometteur. Pas à pas, donc, le groupe national a construit sa stratégie e-business. D’abord avec ses clients les plus nombreux : les particuliers. L’aventure Internet a débuté sur ce marché dès 1996, bien avant l’euphorie qui s’est emparé des nouvelles technologies. Le premier site, à cette époque, n’était qu’une vitrine du groupe, présentant les offres et services. “ Très rapidement, cependant, nous avons créé un site marchand avec notre boutique philatélique ”, se souvient Nicolas Lefebvre. C’est l’achat de timbres en ligne qui, aujourd’hui encore, génère le plus de revenus. “ Normal, commente la direction : c’est la boutique la plus ancienne et, surtout, c’est dans ce domaine-là que les besoins sont naturels et les plus importants. Le service, de plus, est réel, puisqu’il évite à nos clients de devoir se déplacer dans un bureau de poste. ”

Incontournable en B to B

Forte de ce succès auprès des particuliers, La Poste développe, dans la foulée, d’autres sites grand public. Dans un premier temps, Lapostefinances.fr permet aux clients de consulter leurs comptes en ligne, d’acheter ou de vendre des produits financiers en temps réel et d’effectuer toutes sortes d’opérations, comme des virements bancaires. Ensuite, en 2000, le groupe ouvre Illiclic : ce site, qui n’est pas, à proprement parler, centré sur le service postal, fournit à tout un chacun les informations généralistes classiques d’un portail traditionnel. Dès lors, après ces premiers pas sur le Net en direction des particuliers, La Poste s’est tournée vers le marché des entreprises. Et, notamment vers celles qui vendent sur la Toile. “ Le fait de pratiquer les trois métiers essentiels à la vente en ligne (communication commerciale, logistique et paiement) permet au groupe de se positionner comme un intégrateur de services sur ce marché ”, argumente Martin Vial, p-dg du groupe, dans son ouvrage La lettre et la Toile*. La Poste a donc développé des services utilisant les nouvelles technologies liées au Web. “ Nous avons, par exemple, une offre de “courrier hybride”, raconte Nicolas Lefebvre. Une entreprise saisit ses courriers par ordinateur, puis nous les transfère par e-mail. Charge à nous, ensuite, de les imprimer, de les mettre sous pli et de les expédier par courrier, comme des plis classiques. Nous déchargeons ainsi les entreprises d’un travail postal qui n’est pas leur métier. ”

Une autorité de certification

Si cette dernière offre est plutôt destinée aux entreprises expédiant des volumes importants de courrier, La Poste a la volonté de n’oublier aucune cible. Ainsi, l’offre Axepro permet aux PME-PMI de bâtir un site d’e-commerce sans se préoccuper du moindre problème informatique : La Poste prend en charge l’hébergement, le système de paiement et, bien sûr, la logistique et le traitement des colis. De quoi se lancer sur la Toile sans aucun souci technique. Au fur et à mesure qu’elle complète son offre, La Poste affine également sa stratégie en matière d’e-business et se positionne de plus en plus sur des services à forte valeur ajoutée, que peu d’entreprises sont réellement capables de fournir. “ La Poste a aujourd’hui une vraie légitimité en matière de certification, explique Nicolas Lefebvre. Depuis toujours, nous sommes reconnus et respectés pour cela, par exemple avec l’envoi des lettres recommandées. Nous allons donc mettre cette réputation au service de la sécurité électronique. ” Le groupe s’apprête ainsi à lancer, d’ici à l’été prochain, un service d’envoi d’e-mails en recommandé. Par ailleurs, sa filiale Certinomis s’est spécialisée dans la signature électronique et s’est imposée comme le deuxième interlocuteur français sur ce marché. “ C’est là tout l’avenir de l’e-commerce, car la sécurité est aujourd’hui l’obstacle principal au développement des transactions en ligne. ” En quelques années, La Poste s’est donc transformée. Et lorsque l’on observe son parcours dans l’e-business, on se rend compte que l’on est bien loin de l’image vieillotte d’un service public sans dynamisme. D’ailleurs, son patron l’assure : “ C’est une véritable révolution culturelle qu’il s’agit d’accomplir, tant dans la relation avec le client que dans l’organisation et dans le fonctionnement internes. Du reste, dans l’entreprise en réseau, il devient de plus en plus difficile de discerner les frontières qui séparent l’entreprise de ses partenaires et de ses clients. ” * La lettre et la Toile, par Martin Vial, éditions Albin Michel, 233 pages, octobre 2000, 16,77 euros.

Les e-services de la poste

Une offre en constante évolution

Certinomis :

créée en l’an 2000, c’est l’autorité de certification des échanges électroniques (signature électronique, e-mails recommandés, etc.) de La Poste.

Aspheria :

service de traitement du courrier électronique en grandes quantités, il permet à une entreprise de saisir ses courriers par e-mail, que La Poste se charge ensuite d’imprimer et d’expédier sous pli.

Esipost :

assure le développement de nouvelles offres en matière d’e-commerce, notamment pour les PME-PMI, avec le produit Axepro.

Seres :

gère les envois de données électroniques volumineuses, notamment par e-mail, lorsque celles-ci doivent être ultrasécurisées.

Somepost :

joue un rôle d’intégrateur et de conseil en matière d’e-business et d’échanges électroniques au sens large.

Post@xess :

l’opérateur d’e-transactions permet aux entreprises d’échanger entre elles des données comptables et financières et de faire “dialoguer” des bases de données de formats différents.