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Commerce électronique : premiers pas prometteurs

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Tout le monde le dit : le commerce électronique, c’est LA révolution de l’année. Certes, mais une révolution de velours. Car pour l’heure, seuls 10 % des internautes sont aussi des “cyberacheteurs”. Et tous les sites ne tiendront pas leurs promesses…

Investisseurs et analystes se sont réveillés, voici quelques mois, avec la gueule de bois. Après une euphorie confinant à l’ivresse, les marchés financiers semblent avoir retrouvé la raison : non, tous les acteurs du monde de l’internet ne sont pas de futures multinationales, même si les prévisions du commerce électronique sont globalement exceptionnelles. Jugez-en plutôt. Le marché du e-commerce B to C connaît des taux de croissance inégalés (+ 850 % entre 1997 et 1998 selon le Benchmark Group). En B to B, il devrait générer 220 milliards de dollars en 2002 (source IDC). Impressionnée par ces chiffres, il est aisément compréhensible que la France entière se soit subitement prise de passion pour internet à la veille de l’an 2000. Oui, mais voilà : toutes ces études apportent des précisions qui, tout en étant des nuances, n’en sont pas moins essentielles si l’on veut appréhender, dans son ensemble, la réalité du commerce électronique aujourd’hui. Ainsi, la dernière édition de l’étude CMG eCom Index, publiée en juin 2000, précise que si 80 % des entreprises s’attendent à une forte croissance de leurs activités de commerce électronique dans l’année à venir, près de la moitié d’entre elles reconnaissent qu’il représente moins de 1 % de leurs revenus annuels ! Pour Ian Taylor, directeur du groupe CMG, cela montre que “le fossé qui sépare attentes et réalité n’a jamais été aussi profond”. Et c’est bien là que le bât blesse. Une infime minorité de sites marchands a enregistré des bénéfices et, en France, le CA moyen s’élève à seulement 50 000 francs par mois. Le commerce électronique n’est donc pas la manne céleste que les prévisions pouvaient laisser espérer. Il ne profite pas à tous de la même manière : les sites de loisirs et de voyages sortent grands gagnants… à condition toutefois que leur marque soit suffisamment établie. Car c’est encore un autre frein au développement du commerce électronique : 61 % des clients de sites français abandonnent une transaction en cours de route faute d’être suffisamment rassurés (source Benchmark Group). Chez Andersen Consulting, les experts estiment d’ailleurs que, “le développement du e-commerce repose aujourd’hui fortement sur la confiance”. À quoi, l’on pourrait encore ajouter le raccourcissement des délais de livraison, la baisse des frais d’expédition et une meilleure gestion des stocks. L’Eldorado que représente le commerce électronique grand public est donc loin d’être conquis. Néanmoins, les freins apparaissent bien moins importants dans le B to B. D’abord parce que le taux d’équipement des entreprises françaises est nettement supérieur à celui des ménages : selon le dernier baromètre IDC, le nombre de postes connectés à internet dans les entreprises a progressé de 30,4 % au cours du premier trimestre 2000. Par ailleurs, l’étude CMG eCom Index révèle que 64 % des entreprises européennes ont défini une stratégie e-commerce contre seulement 45 % lors du premier sondage. Mais comme en B to C, le marché entre professionnels est encore émergent et il y a fort à parier que les prochains mois verront s’opérer un grand ménage parmi tous les sites marchands. Seuls quelques-uns réussiront : ce ne seront pas les plus gros, mais les plus rapides à se positionner sur un marché qui, s’il n’en est encore qu’à ses balbutiements, n’en reste pas moins très prometteur.

Pour en savoir plus Consulter le site du groupe IDC qui publie des résumés de ses études consacrées au commerce électronique : www.idc.fr Netvalue, spécialisée dans la mesure d’audience du web publie chaque mois celles des principaux sites. Consultable gratuitement en ligne : www.netvalue.fr À lire aussi sur le commerce électronique B to B, les articles publiés sur le site : www.lejournaldunet.fr