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Compétences 6/6. Des collaborateurs polyglottes et ouverts sur le monde

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Mondialisation oblige, les entreprises s’internationalisent. Et la maîtrise des langues étrangères – anglais en tête – devient une exigence pour les équipes commerciales.

Parler l’anglais n’est pas un “plus”, c’est une condition sine qua non pour être recruté ! », s’exclame Alain Savary, directeur général de Saratoga Systems, éditeur mondial de solutions CRM. Et cela quelle que soit l’entreprise que l’on souhaite intégrer. « Les grands comptes, mais aussi les PME-PMI, travaillent à l’international : les premiers parce qu’ils sont depuis longtemps présents à l’étranger à travers leurs filiales, les secondes parce qu’elles exportent leurs produits. » Pour s’en assurer, il suffit de jeter un œil sur les offres d’emploi : toutes insistent sur la maîtrise d’une, voire de deux langues étrangères. Et les candidats aux fonctions commerciales sont en première ligne. « Les réunions et les négociations, qui sont du ressort du vendeur, se font de plus en plus en anglais, explique Philippe Marec, P-dg de Formalangues. Pour être immédiatement opérationnel, le candidat doit donc posséder, au moins, un bon niveau d’anglais. » Un très bon niveau même, s’il souhaite évoluer au sein de l’entreprise. Pour le mesurer, les recruteurs disposent, depuis 1998, du Toeic (Test of English for International Communication). Une échelle mondialement reconnue, qui permet de tester les performances des candidats à l’embauche. Ce dont les entreprises ne se privent pas. « Les recruteurs ont appris à ne plus prendre pour argent comptant les déclarations des postulants », explique Philippe Marec.

Un critère décisif

Ainsi, depuis que Renault s’est lancé à la conquête du Mercosur et, plus encore, depuis son alliance avec le japonais Nissan, tous ses candidats cadres doivent obtenir un score minimum de 750 points au Toeic. « C’est devenu un critère incontournable, au même titre que la motivation ou les qualités de vendeur, déclare Christine Joltreau, responsable de la formation commerce du personnel de Renault. Et, dans la très grande majorité des cas, les candidats obtiennent le score demandé. » Un résultat qui peut surprendre au regard de la mauvaise réputation des Français à manier la langue de Shakespeare. « En vérité, le niveau des Français a considérablement augmenté depuis une trentaine d’années », se réjouit Philippe Marec, de Formalangues. Et – bonne nouvelle – les forces de vente se placent plutôt dans le haut du panier. « Par nature, les vendeurs sont des gens qui aiment s’exprimer, pour qui l’apprentissage des langues étrangères ne pose donc pas de gros problèmes », explique l’expert. Par ailleurs, « une langue, ça se pratique », martèle Philippe Marec. Si le niveau d’exigence à l’embauche a considérablement augmenté, des piqûres de rappel n’en sont pas moins nécessaires. « Tout commercial qui prétend gagner en responsabilité doit se plier à des remises à niveau régulières », insiste, à ce propos, Alain Savary, directeur général de Saratoga Systems. Premiers concernés : les seniors, qui, lors de leur recrutement, n’ont pas eu à répondre au niveau d’exigence actuel. « Le fossé entre les générations est réel, déclare Alain Savary. Et les formations sont là pour le réduire. » Des formations aussi diverses que variées. Chez Saratoga Systems, on mise sur les stages techniques à l’étranger et les échanges téléphoniques. « Chaque semaine, nous avons une téléconférence avec notre maison mère américaine, à laquelle participent certains collaborateurs, explique Alain Savary. Par ailleurs, nous leur proposons des formations par téléphone. » Un apprentissage qui a le mérite de pouvoir se faire depuis le lieu de travail. Mais attention : « La formation par téléphone, assez difficile, ne convient pas à tout le monde, met en garde Nathalie Triaud, de Demos Formation. Et l’idéal reste l’immersion totale. » Certaines entreprises proposent ainsi à leurs collaborateurs des stages à l’étranger ou, tout du moins, dans des centres où l’anglais est de rigueur. « Ces stages s’adressent à des “faux-débutants” qui ont déjà acquis les bases de la langue, ajoute Nathalie Triaud. Pour être vraiment efficace, le séjour doit durer une quinzaine de jours. » Il en coûtera à l’entreprise entre 1 500 et 2 200 euros par semaine en centre, trois fois plus en immersion totale.

Avis d’expert

Michael Brookes, coordinateur du département de langues d’HEC « Partir à l’étranger devient quasi obligatoire » L’anglais à HEC ? « C’est devenu une langue de travail depuis que certains cours sont dispensés en anglais », déclare Michael Brookes, coordinateur du département de langues d’HEC. Objectif : conduire les étudiants aux frontières de l’excellence. « Les plus faibles de nos élèves bénéficient d’un tutorat. Deux fois par semaine, ils sont pris en charge par des bilingues pour améliorer leur niveau ». Au cours de leurs années d’études, les étudiants acquièrent le vocabulaire de l’anglais commercial, apprennent à rédiger un curriculum vitae et une lettre de motivation dans la langue de Shakespeare, et se frottent à la prise de parole en public dans une langue étrangère. « Mais surtout, ils sont vivement encouragés à effectuer des stages à l’étranger, affirme Michael Brookes. C’est, pour eux, l’occasion de découvrir le monde de l’entreprise tout en peaufinant leur maîtrise de la langue. » Un séjour que les futurs commerciaux acceptent volontiers, car « ils ont tout à fait conscience de l’exigence des recruteurs ».

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Maud Aigrain