Mon compte Devenir membre Newsletters

Design des sites : simple is beautiful

Publié le par

Pour convaincre l’internaute de rester sur un site, tout se joue dans les premières secondes. Aussi les sites les plus sobres sont-ils souvent les plus efficaces.

Si au bout de dix secondes, la page d’accueil n’est pas chargée, considérez que vous perdez plus de la moitié des internautes ! ”, s’exclame Éric Dols, directeur associé d’Audit Avenue, société d’expertise et de conseil du Web. D’autres consultants sont, eux, encore moins optimistes : ils parlent d’un seuil maximal de désaffection – avis corroboré par plusieurs études – à huit secondes ! Or, il suffit de faire un petit test sur le Web pour se rendre compte que rares sont les sites qui respectent cette première règle. Pour éviter qu’un internaute ne parte aussitôt arrivé, il faut lui donner de bonnes raisons de rester. Et cette préoccupation doit commencer dès la “porte d’entrée” du site. Dès lors, les pages remplies de photos ou d’effets visuels, trop “lourdes” à charger, sont à proscrire. “ Les entreprises ont envie de mettre beaucoup d’images sur les pages de leur site, constate Éric Dols. C’est une erreur, car cela est rarement pertinent et justifié. Il ne faut pas sacrifier au plaisir de “faire joli”. Un site est d’abord là pour vendre ! ” Chez Ecoliste.fr, qui offre la possibilité aux internautes d’obtenir, en ligne, des bons de réduction utilisables dans le supermarché le plus proche de leur domicile, on a bien compris cet impératif d’efficacité. On l’a même poussé à l’extrême : “ Nous avons construit notre site pour qu’un internaute parvienne aux bons de réduction en trois clics maximum. C’est-à-dire qu’en trente secondes, un surfeur équipé d’un modem classique trouve ce qu’il est venu chercher ”, explique David Namer, le directeur général. Pour parvenir à ce résultat probant – et rare sur le Web – les responsables du site ont fait le pari de la simplicité : pas de photo inutile, un graphisme dépouillé et, surtout, une grande lisibilité de la navigation.

Où suis-je ? Où vais-je ?…

“ Un internaute ne reste sur un site que s’il le comprend, explique Édith Nuss, consultante et auteur d’un ouvrage sur le marketing interactif *. La terminologie employée dans les noms de rubriques doit donc être claire. ” Exemple : que va-t-on trouver derrière un bouton estampillé “transport” ? Des billets d’avion en ligne, des offres de taxis, de location de voiture, des informations sur les transports routiers, etc. ? Ce type d’incertitudes déstabilise l’internaute et le pousse à se tourner vers un site concurrent. Offrir à ses visiteurs une navigation claire passe également par des détails plus techniques. Ainsi, toutes les pages doivent disposer d’un bouton menant vers la page d’accueil : l’internaute qui arrive par le biais d’un moteur de recherche peut en effet entrer sur le site par n’importe quelle page. Un plan du site, permettant de se repérer facilement dans le dédale des rubriques, doit également être disponible. Dans le cas d’un catalogue comportant des milliers de références, il est même judicieux de prévoir une arborescence simplifiée sur toutes les pages. C’est ce que fait le cyberlibraire Amazon, en indiquant à l’internaute qu’il se trouve, par exemple, dans la rubrique littérature, sous-rubrique romans, de langue anglaise, de style policier, de genre thriller médical, de l’auteur Patricia Cornwell. Un tel luxe de détails peut paraître superflu. Mais, dans une base qui compte plusieurs millions d’articles, il est vital ! De la même manière, un moteur de recherche est indispensable dès que le site excède trente pages. “ La règle d’or, pour faire rester un internaute, est de lui donner rapidement ce qu’il est venu chercher ; car, sur le Web, les flâneurs sont rares ”, insiste Éric Dols.

Gare aux serveurs qui “plantent” !

Par ailleurs, tous ces efforts de clarté ne seront couronnés de succès que si, techniquement, le site est irréprochable. Cet aspect, souvent entièrement délégué aux développeurs et aux informaticiens, ne doit pas être oublié par les directions commerciales. Il en va de la crédibilité de l’entreprise. “ Régulièrement, des sites qui organisent des opérations promotionnelles en ligne se laissent déborder par leur succès, raconte Édith Nuss. Beaucoup d’internautes se connectent en même temps, le serveur “plante” et le site devient inaccessible. Alors, non seulement le visiteur s’en va, mais, en plus, il y a de forts risques pour qu’il ne revienne jamais ! ” L’art d’éviter la fuite d’un internaute dès les premières pages réside donc dans une foule de détails. Aussi dérisoire que chacun d’entre eux puisse paraître, leur conjugaison crée un environnement favorable. De plus, peu onéreuse, leur mise en place est à la portée de n’importe quelle entreprise. Reste que, si ces détails sont essentiels, ils ne sont pas suffisants : une fois que l’on a convaincu l’internaute de ne pas partir, encore faut-il le persuader de rester, puis le convaincre d’acheter, avant de l’inciter à revenir…

Etude Vous pensiez que, pour être vendeur, un site se devait d’être aguicheur et d’une esthétique soignée ? Détrompez-vous ! Selon une étude réalisée par la société d’audit eMarket News, c’est tout le contraire. Sur les 100 sites marchands mondiaux étudiés, ceux qui obtiennent les meilleurs taux de transformation de visiteurs en acheteurs – environ 30 %, là où la norme se situe plutôt autour de 1 % ! – sont les plus pauvres graphiquement. Conclusion : l’internaute n’a que faire du flacon, pourvu qu’il ait l’ivresse.

David Namer, directeur général d’Ecoliste.fr “ Notre site est volontairement sobre et dépouillé ” Ecoliste.fr fait une promesse à ses internautes : en venant sur le site, on trouve jusqu’à 45 euros en bons de réduction dans le supermarché le plus proche de son domicile. “ C’est le but de la visite de nos internautes et nous devons la tenir le plus simplement et le plus rapidement possible, explique David Namer. C’est pourquoi la navigation permet, en seulement trois clics, d’arriver aux bons de réduction. ” Il suffit même de deux clics à un internaute qui est déjà venu, car Ecoliste a mis en place un “cookie” reconnaissant automatiquement les anciens visiteurs. D’un point de vue graphique, le site est d’une extrême simplicité. “ Nous travaillons sur un fond blanc, avec très peu de photos et en privilégiant le texte ; puis, nous faisons clignoter les rubriques importantes ! ”. La structure du site, quant à elle, ne change jamais d’un iota : “ Quand vous arrivez sur la page d’accueil, vous savez où vous êtes et où vous devez aller pour trouver ce que vous êtes venu chercher. Exactement comme dans votre supermarché habituel. ” Résultat : 60 % des internautes venus une fois sur Ecoliste y reviennent. Un taux de fidélisation record.

Avis d’expert

Éric Dols

, directeur associé d’Audit Avenue, société de conseil et d’expertise des sites Web, livre quelques conseils techniques pour éviter de faire fuir l’internaute “ Des techniques basiques, mais indispensables ” - Le “poids” des pages : “ Il ne doit pas excéder 40 kilos octets, ce qui représente un bandeau publicitaire, trois photos et du texte. Au-delà, la page mettra plus de quinze econdes avant d’apparaître. Or, au bout de dix secondes, la moitié des internautes est déjà partie. Si un site doit absolument placer des images lourdes sur une page, c’est possible ; mais il faut alors veiller à construire sa page de telle sorte que le texte apparaisse en premier, rapidement, pour donner à l’internaute l’envie de patienter. ” - Les pages inutiles : “ Un internaute doit trouver rapidement ce qu’il est venu chercher. Il faut donc éviter les pages de transition : par exemple, il est inutile d’accueillir votre visiteur sur une page où se trouve un lien qui emmène à la “vraie” page d’accueil avec le menu de navigation. ” - Le menu de navigation : “ Il doit être clair et présent sur toutes les pages, avec, systématiquement, un bouton renvoyant sur la page d’accueil. De la même manière, un site dont le but est de générer des contacts en B to B devra mettre, sur toutes ses pages, un bouton signalant ses coordonnées. ” - Les liens cassés : “ Les sites évoluent et certaines pages supprimées sont toujours référencées par les moteurs de recherche. Pour éviter qu’un internaute, venu par un moteur de recherche, arrive sur une page “introuvable”, il faut le router automatiquement vers la page d’accueil. ”

Mot clés : internaute | éric dols

A lire aussi

Chargement en cours, veuillez patentier...

Frédéric Thibaud