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Formation Le Dif, un accélérateur pour votre carrière?

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Le Dif? C'est un droit. Individuel. Pour vous former! Un droit récent que peu de salariés ont déjà fait valoir. Et encore moins de managers. Pourtant, voilà une aubaine pour tout cadre désirant étoffer ses compétences ou en développer de nouvelles.

@ FOTOLIA / ROMAN DEKAN/LD

La créativité n'est pas la qualité recherchée en priorité chez un manager commercial. Les directions générales veillent plutôt à ce que le directeur commercial soit dynamique, communicant, motivant... Et pourtant, Jean-Pierre Da Silva, directeur des opérations de Nature & Découvertes, vient de suivre une formation de quatre jours sur ce thème. «La créativité est souvent perçue, à tort à mon sens, comme étant l'apanage des services marketing ou recherche & développement, explique le responsable du réseau de vente de l'enseigne. Mais l'entreprise comme les collaborateurs gagneraient à être plus créatifs. Pendant ces quatre jours, j'ai appris à introduire cette notion dans mes réunions ou dans les visites terrain, et à développer cette qualité chez mes commerciaux.» Le manager a accédé à ce stage grâce à ses heures acquises dans le cadre du droit individuel à la formation (Dif). Créé en 2004, le Dif permet au salarié d'acquérir 20 heures de formation par an, un quota qui, s'il n'est pas utilisé, s'accumule au fil des ans (lire notre encadré page 26). Sans ce droit, il y a fort à parier que Pierre Da Silva n'aurait pas suivi sa formation. Car son entreprise, comme beaucoup d'autres d'ailleurs, n'aurait sûrement jamais validé ce stage qui ne rentrait pas dans le plan de formation annuel.

Le témoignage de Emmanuel Colchen, responsable du développement pour l'Union européenne de Kraton Polymers (industrie para pétrolière)

«J'ai dû insister pour marier Dif et MBA, mais j'y suis arrivé!»


Emmanuel Colchen a décidé d'entamer, en 2005, un Executive MBA à l'université Paris-Dauphine. Son objectif: prendre, à terme, la tête d'une business unit. A l'époque, il entame une procédure classique auprès de son employeur qui accepte, via le plan de formation, de prendre en charge une partie du financement. Le reste, il doit l'assumer sur ses deniers personnels. Découvrant le Dif courant 2006, il sollicite la DRH pour une prise en charge de son MBA dans le cadre de ce nouveau droit à la formation. «A cette époque, la DRH avait mandaté un prestataire pour étudier les dossiers de demande de Dif, explique Emmanuel Colchen. A mon grand étonnement, la réponse du prestataire a été négative.» Tenace, il revient à la charge début 2007. «J'ai demandé au service des ressources humaines de solliciter l'avis d'un second prestataire. Et cette fois-ci, ma demande a été acceptée. J'ai pu faire valoir, dans le cadre de mon Executive MBA, une soixantaine d'heures au titre du Dif.» Cette nouvelle prise en charge par l'entreprise a ramené la contribution financière d'Emmanuel Colchen à environ 50 % du total. «Ce type de formation est très lourd, tant en investissement personnel que financier. Le Dif a allégé la part financière restée à ma charge», explique ce manager très satisfait de ce mariage entre Dif et MBA

Christine Coutant, secrétaire générale de l'ICSV Cnam.

«Nous avons adapté nos programmes de formation pour qu'ils s'intègrent au cadre du Dif.»

La DRH, un acteur clé dans la réussite du Dif

Sans ce stage, Jean-Pierre Da Silva aurait cumulé en janvier prochain 80 heures à son compteur. Mais aujourd'hui, ce dernier est à zéro et le manager prend ses journées de Dif au fur et à mesure. Cette attitude proactive a été impulsée par sa direction des ressources humaines qui a largement encouragé les collaborateurs, y compris les managers, à utiliser leur Dif. La DRH est même allée jusqu'à proposer aux managers une sélection de prestataires. Un cas de figure qui reste exceptionnel. «La façon dont les salariés s'approprient le Dif dépend en grande partie du travail de vulgarisation effectué par la direction des ressources humaines, constate Mathilde Bourdat, responsable de l'offre Management de la formation à la Cegos. Plus elle explique ce qui ressort du Dif, plus elle met en place des process et, par exemple, fournit un catalogue des formations, plus les collaborateurs s'approprient ce droit.»

Malheureusement, toutes les entreprises n'ont pas cette démarche d'information. Dans une enquête réalisée en février, dans les sociétés de plus de 250 personnes, par le site web Kelformation.com, seul un salarié sur deux déclarait avoir reçu une information de son entreprise sur le Dif via l'intranet RH ou des réunions d'information. Et ils n'étaient que 12% à déclarer avoir suivi ou s'apprêter à suivre une formation dans le cadre du Dif. Cette méconnaissance du sujet touche tout le monde, cadres et managers compris. Ainsi, deux ans et demi après sa mise en place officielle, nombreux sont les managers commerciaux qui en sont au point zéro! «Le Dif? Je n'en connais pas les modalités, pas plus que le périmètre d'intervention», avoue ce manager commercial dans un grand groupe d'assurances. Même aveu de Patrick Canton, responsable commercial développement chez ETDE (filiale de Bouygues Construction spécialisée dans l'électrification). «Je viens de découvrir ce qu'est le Dif en tapant ce mot dans Google! vous voyez donc mon niveau d'information sur ce sujet.» Il ajoute: «Mais j'ai découvert des informations intéressantes qui pourraient m' amener à réfléchir à un projet personnel.» Le Dif est encore méconnu. Pourtant, c'est une opportunité formidable pour un manager souhaitant évoluer rapidement. «C'est un levier de développement individuel fabuleux pour tous les salariés, a fortiori les managers commerciaux», confirme Blandine Legrand, responsable des formations management chez Demos. Faut-il le rappeler, ce droit a été créé pour que chaque salarié puisse, grâce à ce temps de formation, «préparer son avenir professionnel et améliorer son employabilité». «Les institutions ont voulu que le salarié prenne en charge son évolution professionnelle, résume Blandine Legrand. D'ailleurs je traduis volontiers cette disposition par droit «d'initiative» à la formation. Car le salarié est à l'origine du choix de la formation.» C'est en effet lui qui sélectionne la thématique au moment de la demande... même si l'entreprise a le dernier mot. En effet, l'employeur dispose d'un délai d'un mois pour répondre au salarié qui a sollicité son accord pour exercer son droit à la formation au titre du Dif.

Ce bémol mis à part, ce droit est une aubaine. Les possibilités de formations sont infinies ou presque. «Dans l'absolu, tout est <(difable», assure Blandine Legrand. Mais, dans la pratique, cela dépend beaucoup de la politique de formation des entreprises, et notamment du plan déformation qu'elle a défini en amont et qui est là pour répondre à ses propres besoins de développement». Aucun domaine de formation n'est donc a priori exclu. Ce que confirme Mathilde Bourdat, de la Cegos :«Il n'y a qu'une seule limite: la formation ne doit pas porter sur les connaissances de base minimales requises pour que le salarié puisse accomplir sa mission. Sans quoi, la formation dépend du plan déformation de l'entreprise.» Ainsi, une entreprise qui équipe ses managers d'un nouvel outil informatique ne peut imputer les heures de formation indispensables à sa bonne utilisation au Dif. Sont en revanche concernées les formations qui visent à «augmenter, ouvrir ou élargir la professionnalisation des salariés. Ou encore à développer leurs compétences professionnelles ou personnelles».

10 questions pour comprendre le Dif

Le droit individuel à la formation (Dif) permet à tout salarié de se constituer un crédit d'heures de formation. Si l'initiative d'utiliser ce droit appartient au salarié, quelles sont ses modalités d'accès? Ses limites? Voici en 1 0 points ce que dit la loi sur ce nouveau droit.


Qui peut bénéficier du Dif?
- Les salariés en CDI - à temps complet ou à temps partiel - ayant au moins un an d'ancienneté dans l'entreprise.
- Les salariés en CDD (voir dispositions spécifiques en point 10)


De combien d'heures de formation peut-on bénéficier grâce au Dif?
Les salariés en CDI travaillant à temps complet ont droit, sauf dispositions conventionnelles plus favorables, à 20 heures de formation par an. Ceux qui sont employés à temps partiel acquièrent un crédit d'heures calculé au prorata de leur durée de travail.


Les droits acquis au titre du Dif peuvent-ils se cumuler?
Les salariés en CDI qui n'utilisent pas leurs droits acquis au titre du Dif peuvent les cumuler dans les conditions suivantes:
- Pour les salariés à temps complet, le cumul peut se faire sur six ans au maximum, sans pouvoir dépasser le plafond de 120 heures.
- Pour les salariés à temps partiel, le plafond de 120 heures s'applique.


Comment le salarié doit-il formuler sa demande?
En l'absence de modalités légales, cette demande doit s'effectuer par écrit en indiquant les informations nécessaires à l'employeur pour qu'il se prononce (formation envisagée, durée...).


Quelle réponse doit apporter l'employeur?
L'employeur doit donner son accord sur le choix de la formation. L'absence de réponse par écrit dans un délai d'un mois vaut acceptation de la formation. Face au refus de l'employeur, le salarié ne dispose d'aucun recours, sauf celui de réitérer sa demande. Si le désaccord persiste pendant deux exercices successifs, le salarié peut déposer sa demande dans le cadre du congé individuel de formation (Cif). L'organisme paritaire de gestion du Cif doit alors examiner en priorité cette demande de prise en charge.


Quels types de formations sont accessibles dans le cadre du Dif?
Les formations accessibles visent à préparer une promotion (en d'acquérant une qualification plus élevée), à entretenir ou perfectionner ses connaissances. Des actions de formation «prioritaires» peuvent être définies par accord collectif d'entreprise ou de branche ou par accord interprofessionnel, parmi lesquelles le salarié peut choisir.


Comment se déroule la formation?
Elle se déroule en dehors du temps de travail. Dans ce cas, le salarié perçoit, de son employeur, une allocation de formation égale à 50 % de sa rémunération nette de référence. Toutefois, une convention ou un accord collectif de branche peut prévoir que l'action de formation aura lieu en totalité ou en partie sur le temps de travail. Dans ce cas, la rémunération du salarié est maintenue pour les heures passées à se former.


Qui prend en charge les frais de formation?
Les frais de formation, ainsi que l'allocation de formation, sont à la charge de l'employeur, ce dernier pouvant les imputer sur sa participation au développement de la formation continue.


Que deviennent les droits acquis lors de la rupture du contrat de travail?
- En cas de licenciement (sauf pour faute grave ou lourde), le salarié peut demander à bénéficier d'une action de formation, d'un bilan de compétences ou de la validation des acquis de l'expérience (VAE) au titre du crédit d'heures qu'il a acquis dans le cadre du Dif
- En cas de démission, le salarié peut demander à bénéficier de son Dif, à condition que l'action de formation, de bilan de compétences ou de validation des acquis soit engagée avant la fin du préavis.
- En cas de départ à la retraite, le salarié perd ses droits acquis au titre du Dif. Par ailleurs, les heures acquises ne sont pas transférables d'une entreprise à l'autre.


Quelles sont les dispositions spécifiques aux salariés en CDD?
Les salariés en CDD peuvent bénéficier du Dif à condition d'avoir travaillé au moins quatre mois (consécutifs ou non) en CDD, dans les 12 derniers mois. Le volume d'heures acquis est calculé au prorata de la durée de leur contrat. Pour le reste, le Dif est mis en oeuvre dans les mêmes conditions que celles prévues pour les salariés en CDI.

Le témoignage de Jean-Pierre Manien, responsable de centre opérationnel chez Elyo

«Le Dif m'a donné un sérieux coup de pouce poursuivre un Executive MBA.»


Jean-Pierre Manien a déjà un beau parcours professionnel derrière lui. Diplômé des Arts et Métiers, il a d'abord occupé diverses fonctions dans l'industrie: chargé de projet chez Fabricom, responsable «travaux neufs et énergies» chez Nestlé, etc. Il s'est ensuite orienté vers le commercial. Aujourd'hui, il est responsable d'un centre opérationnel chez Elyo SES, une filiale de Suez, et encadre une cinquantaine de chargés d'affaires. Courant 2006, il décide de suivre un Executive MBA. «Il me semblait important d'accompagner ce passage de responsabilités techniques vers des responsabilités commerciales par une formation.» Son employeur lui suggère alors de prendre en compte son capital Dif pour constituer son dossier. En associant également un financement Fongecif, et en intégrant ce MBA dans le plan de formation de la société, cette formation ne lui a finalement rien coûté! Excepté, bien sûr, un gros investissement en temps et une implication sans faille pendant trois ans. «Avec la DRH, nous avons décidé d'anticiper sur le quota maximum de Dif atteint au bout de six ans, explique Jean-Pierre Manien. J'ai donc mis 120 heures dans la balance, alors que je n'en avais acquis qu'une soixantaine.» Ce manager estime que l'entreprise y trouve son compte, puisque son Executive MBA n'entame ainsi que très modérément le budget du plan de formation de la société et ne pénalise pas les autres collaborateurs. «Pour moi, c'est une solution économiquement intéressante. J'aurais été très déçu si je n'avais pas pu fédérer mon employeur autour de ce projet Et en cela, le Dif m'a donné un sérieux coup de pouce.»

Langues et développement personnel: les incontournables

Alors, quels sont les best-sellers du Dif aux yeux des managers? Les spécialistes de la formation constatent un véritable intérêt des managers commerciaux pour les stages de perfectionnement aux langues. Pas tant d'anglais - souvent acquis - mais de néerlandais, d'arabe, de chinois, etc. Les experts constatent également un engouement pour les formations au développement personnel. «50% de nos formations suivies dans le cadre du Dif sont liées à ce domaine», constate Mathilde Bourdat. Les thématiques ne cessent d'ailleurs de se développer. Il suffit de feuilleter les principaux catalogues de formation. On y trouve aujourd'hui plusieurs dizaines de stages, parmi lesquels «Améliorer votre expression orale», «Apprendre la lecture rapide», «Gérer votre stress» ou «Développer votre créativité». Des thématiques qui ne sont pas indispensables à la fonction de manager commercial, mais qui peuvent faciliter son accession professionnelle à un poste de gestionnaire de centre de profit ou de directeur général. Le Dif est aussi, pour certains, l'occasion de découvrir un métier connexe au leur. «Un manager commercial peut ainsi découvrir l'univers des achats, de la gestion finance ou encore du juridique», énumère Blandine Legrand. Le Dif est enfin l'occasion pour les managers qui ont l'impression d'avoir pris du retard dans le domaine des nouvelles technologies de le combler. «Nos modules permettant de mieux appréhender les outils du Web et de la PAO rencontrent un franc succès, souligne Mathilde Bourdat. Pour un manager commercial, mieux maîtriser ces outils, c'est se donner des chances supplémentaires de progresser plus vite.»

Mais, pour les managers, le véritable intérêt du Dif se cache ailleurs. En intégrant leur capital Dif dans un projet de formation plus long par exemple. C'est là une réelle opportunité, pour les jeunes managers qui veulent progresser dans la hiérarchie, comme pour les autodidactes auxquels il manque la reconnaissance du diplôme. Alors MBA, mastère ou Master? Vous avez le choix. En effet, vous pouvez intégrer vos heures de Dif dans le temps de formation dédié au cursus et bénéficier par là même d'un financement ad hoc. Bien entendu, vous devrez y ajouter des RTT, voire des jours imputés sur votre temps libre, car le Dif ne donne accès qu'à 20 heures de formation par an et il vous en faudra beaucoup plus pour suivre de tels cursus. Vous devrez aussi compléter l'apport financier du Dif par une participation issue du plan de formation ou de vos deniers personnels. Mais les managers auraient tort de se priver de cette manne. «En intégrant ses heures de Dif à une formation aussi statutaire qu'un MBA, le manager montre sa motivation à suivre cette formation longue et coûteuse aux yeux de son employeur, constate Elisabeth Esnault, responsable adjointe de la formation continue à l'IAE de Caen. Cette disposition est donc un outil de négociation supplémentaire pour convaincre l'entreprise d'accepter votre projet personnel et d'y participer.»

Pascale Millery, aujourd'hui chef de produit à la Réunion des musées nationaux, a été précurseur. En 2005, alors qu'elle occupe un poste de responsable d'un centre de profit au sein de cette entreprise, elle décide de suivre un Master de commerce distribution, option marketing et vente. Elle choisit celui de l'Institut national des cadres supérieurs de la vente (ISCV). «Au départ, c'était un souhait personnel et je n'ai pas pensé au Dif qui n'avait d'ailleurs que quelques mois d'existence.» Pour suivre les cours, elle pose des jours de congés. Mais, début 2007, elle prend contact avec la DRH de sa société pour présenter son projet d'intégrer ses heures de Dif dans son Master. Demande acceptée. Ses 60 heures acquises depuis 2004 lui ont permis de suivre un module. «Une partie du coût déformation m'a été remboursée par mon employeur et les 60 heures déformation suivies en dehors du temps de travail m'ont été payées à hauteur de 50%.» Une expérience positive proche de celle d'Alexandre Espinasse, responsable support lancement de nouveaux produits chez Somfy. Ce jeune cadre vient de terminer un Master à l'IAE de Caen qu'il a fait financer en partie - et en cours de programme - par son Dif. La DRH avait, dans un premier temps, refusé son dossier au titre du plan de formation. «Cette formation n'entrait pas dans leurs priorités», rapporte Alexandre Espinasse. Dans un second temps, elle l'a acceptée au titre du Dif.

Mathilde Bourdat, responsable de l'offre Management à la Cegos

«La DRH joue un rôle essentiel dans l'appropriation du Dif par les salariés.»

Blandine Legrand, responsable des formations management chez Demos

«Le choix de formations via le Dif est infini ou presque.»

Exercez votre Dif via une formation à distance

Le Dif peut poser aux managers un dilemme: comment trouver, dans un planning déjà très chargé, le temps de suivre des formations qui ne sont pas leur coeur de métier? L'une des façons de répondre à cette problématique est d'opter pour la formation à distance. En effet, cette solution présente des atouts indéniables. Et ce, particulièrement pour les formations en langues, qu'il est facile de suivre par téléphone. Le principe est en général le suivant: les modules durent de 30 minutes à une heure, à suivre une ou plusieurs fois par semaine. Les cours sont individualisés et adaptés au niveau de chacun. Voici quelques exemples d'organismes proposant ce type de formation: Télélangue, (www.telelangue.com), Companeo (www.companeo.com), Go Fluent (www.gofluent.com/rn/b2b), Enseigna (www.enseigna.fr), Inter Country Management (www.blended-learning-anglais.com).
Mais au-delà des langues, on trouve de plus en plus de modules «difables» en e-learning. A titre d'exemple, la Cegos lancera, début 2008, une offre de formations e-learning. Pour commencer, on y trouvera 80 modules «difables» dans des domaines tels que le management, la vente et la négociation, le développement personnel... (www.cegos.fr) L'organisme de formation Demos propose d'ores et déjà 900 modules de cours via e-learning. Demos «Learning Agency» est notamment le premier éditeur e-learning dans les domaines de la Banque et de l'Assurance. Informations surwww.demos.fr/e-learning/
Enfin, dernier exemple, Envolseller vient d'ouvrir un portail entièrement dédié au Dif et centré sur la fonction commerciale. On y trouve près d'une centaine de modules sous forme de cycles de trois mois (équivalant à 20 heures de formation en temps plein], coach compris. Au programme, développement personnel, organisation commerciale, etc. Renseignements sur www.envolseller.com

Des Dif intégrés au plan de formation

Pas de doute, ce droit fait peu à peu son entrée dans les demandes de formations continues longues. «Cette année, sur 200 dossiers, une dizaine intégraient le Dif, indique Elisabeth Esnault, de l'IAE de Caen. Et ce chiffre est en nette augmentation.» Les instituts d'enseignement ont d'ailleurs adapté leur offre, dont la durée totale oscille entre 350 et 400 heures pour la plupart des Masters. «Pour faire facilement passer une partie de la formation en Dif, nous avons découpé nos programmes en unités d'enseignement de 40 ou 60 heures, explique Christine Coûtant, secrétaire générale de l'ICSV Cnam. Le process est ainsi simplifié.» Une mise en garde toutefois: «Les montages peuvent devenir compliqués, notamment à cause de la multiplication du nombre de financeurs», souligne la représentante de l'IAE de Caen où les trois quarts des dossiers qui intègrent le Dif y associent le plan de formation. N'hésitez donc pas à vous rapprocher de la DRH et de l'institut de formation pour bien vous renseigner sur les procédures avant de constituer votre dossier.

Enfin, on ne peut évoquer le Dif et tous ses avantages pour le salarié, sans évoquer les risques de «substitution» qui y sont liés. L'explication est simple: le coût du Dif est imputé aux entreprises. «Ce droit est financé par les employeurs qui participent au coût inhérent au plan déformation à hauteur de 1,6% de la masse salariale, rapporte Blandine Legrand. Donc les entreprises sont face un souci majeur: éviter que leur budget n'explose à cause de l'association «(plan de formation + Dif».» Dans une récente enquête menée par Demos, 65% des entreprises ne prévoyaient pas d'augmenter leur budget formation à la suite de l'arrivée du Dif. Seules 14% avaient mis en place un budget supplémentaire spécifique. «Ce problème financier peut encourager les entreprises à basculer les actions habituelles du plan déformation annuel vers le Dif», analysent les experts de Demos. «Le danger serait que l'employeur fasse passer en Dif - obligatoire - des formations métiers essentielles, qui auraient dû être envisagées dans le cadre du plan de formation», confirme Blandine Legrand. Le perdant? Le collaborateur qui, du même coup, perdrait ce droit nouvellement acquis de formation individuelle. «Ce cas reste marginal, mais on voit, de temps à autre des entreprises qui adoptent cette attitude», poursuit Blandine Legrand. D'où l'intérêt pour chaque salarié de se renseigner et de prendre les devants.

2 questions à Yvelise Lebon, directrice de l'unité marketing et commercial de la Cegos

«Pour faire passer un Dif, parlez-en à votre manager et à la DRH»


Comment aborder la volonté de faire valoir son Dif avec sa hiérarchie?
Le manager peut discuter de cette question lors de l'entretien annuel d'évaluation qu'il a avec son N+1 . A cette occasion, il peut tracer son évolution de carrière et envisager sa montée en compétences. C'est le bon timing pour évoquer une formation. Avec votre supérieur hiérarchique, vous allez identifier ce que l'entreprise vous propose en termes de parcours professionnel et de formation. Vous pourrez ainsi pointer vos lacunes et donc les compétences que le Dif peut vous aider à acquérir.


Faut-il impliquer la DRH dans cette négociation?
Le rôle de la DRH consiste à vous conseiller dans vos démarches. Celle-ci peut par exemple vous donner des conseils sur le choix d'un prestataire, vous fournir une liste de formations ou vous indiquer un prestataire avec lequel elle a déjà eu l'occasion de travailler. N'hésitez pas à la solliciter pour toutes ces informations. Une recherche à effectuer, en amont de votre discussion avec votre N+1, pour vous permettre d'aborder ce rendez-vous avec toutes les cartes en main.

Dégonfler le nombre d'heures accumulées

Pour Mathilde Bourdat de la Cegos, «le Dif s'inscrit clairement dans une logique de discussion et de négociation entre le salarié et la direction. Hormis des cas extrêmes, si la demande de Dif est argumentée et en phase avec la définition qui en est faite par le droit du travail, alors la direction n'a pas de raisons de la refuser». La représentante de l'ICSV Cnam observe, quant à elle, que les employeurs réservent un bon accueil aux demandes. Le contexte est d'autant plus favorable que, depuis quelques mois, de nombreuses entreprises essaient de dégonfler le quota d'heures de Dif accumulées par leurs collaborateurs. De crainte de voir tous leurs salariés solliciter en même temps leurs services pour exercer leur droit au titre du Dif. Alors les DRH essaient d'apurer «en douceur» les comptes. Certaines entreprises autorisent même à anticiper sur le quota d'heures. Dans la limite, bien entendu, des 120 heures autorisées.

Les managers ont donc une carte maîtresse à jouer: se former sur des points annexes de leur activité pour améliorer leurs performances globales et donc booster leur carrière grâce à ces actions de développement personnel. Tout en rendant service à leur entreprise qui doit désormais compter avec ces heures de Dif...

Alexandre Espinasse, responsable support lancement de nouveaux produits chez Somfy

«J'ai réussi à financer en partie mon Master grâce au Dif.»

A retenir

Avant d'arrêter votre choix sur un programme de formation dans le cadre du Dif, voici les questions à vous poser:
- Que souhaitez-vous améliorer dans vos pratiques professionnelles actuelles?
- Quelle projection faites-vous (à trois ans, à cinq ans...) de votre évolution professionnelle?
- De quelles informations (internes et externes à votre entreprise] disposez-vous pour évaluer les évolutions probables de votre emploi actuel?