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Formation. Les MBA français talonnent les cursus américains

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Pour décrocher un Executive MBA qui va booster votre carrière, plus besoin de partir outre-Atlantique. Désormais, on en trouve de très bons dans l’Hexagone.

Aujourd’hui, je ne vois pas de raison valable qui pousserait un manager français à suivre un master à l’étranger, hormis s’il souhaite, par la suite, y poursuivre sa carrière », assure Laurent Trioreau, directeur du centre de perfectionnement au management du groupe ESCEM (École supérieure de commerce et de management) Tours-Poitiers, en charge de l’Executive MBA (Master of Business Administration), cursus réservé aux cadres expérimentés. Les MBA et les Executive MBA se sont, en effet, multipliés ces dernières années dans l’Hexagone, notamment depuis la fin des années 90. Il faut dire que les masters rencontrent un franc succès auprès des cadres. Cette parenthèse permet de donner un nouvel élan à une carrière professionnelle, tant en interne qu’en externe. C’est aussi un précieux outil pour créer ou reprendre une entreprise. « L’Executive MBA, explique Jean-Marc de Leersnyder, directeur délégué de l’Executive MBA d’HEC (École des hautes études commerciales), permet au cadre d’outrepasser sa spécialité et de gravir les échelons qui mènent à la direction générale. » Un véritable accélérateur de carrière qui permet en outre de booster sa rémunération.

La multiplication des programmes

De nombreux masters tricolores se sont attachés, ces dernières années, à acquérir leurs lettres de noblesse sur la scène internationale. Ainsi, l’Executive MBA de l’Essec (École supérieure des sciences économiques et commerciales) possède les deux accréditations principales : celle de l’AACSB (American Assembly of Collegiate Schools of Business) et celle de son pendant européen, l’EQUIS (European Quality Improvement System). L’Executive MBA d’HEC possède, en outre, l’accréditation de l’AMBA (Association of Master of Business Administration), basée en Grande-Bretagne. Après une longue domination du modèle américain, un retournement de la situation semble donc amorcé. « Désormais, les écoles françaises proposent des programmes tout aussi intéressants que leurs homologues d’outre-Atlantique », poursuit Laurent Trioreau, de l’ESCEM Tours-Poitiers. « Notre Executive MBA, ainsi que quelques autres programmes européens, sont de bien meilleur niveau que certains MBA américains ! », assure, de son côté, Viviane de Beaufort, membre du corps professoral et directrice académique de l’Executive MBA de l’Essec.

Insuffler une dimension européenne

Un savoir-faire qui résulte d’une permanente remise en cause des programmes. Ainsi, l’Essec a ouvert, il y a un an, un grand chantier. « Nous transformons notre Executive MBA pour lui donner une dimension européenne et concurrencer les meilleurs Executive MBA américains », explique Viviane de Beaufort. L’Insead (Institut européen d’administration) et HEC, deux autres “grandes” de l’Hexagone, ne sont pas en reste. HEC propose, ainsi, un Trium MBA, programme international conçu en partenariat avec la London School of Economics et New York University Leonard Stern School of Business. L’EM (École de management) Lyon, l’université Paris-Dauphine, l’ESCP-EAP (École supérieure de commerce de Paris) créent aussi des diplômes pour dirigeants expérimentés. Et de plus en plus d’écoles de province se lancent, en partenariat avec des universités américaines, dans l’aventure. En janvier 2003, l’ESCEM Tours-Poitiers a ainsi inauguré son Executive MBA, en partenariat avec l’université canadienne de Cherbrook. « Nous avons adapté le contenu de leurs cours et leurs méthodes pédagogiques », explique Laurent Trioreau. Les cours sont assurés pour moitié par des professeurs canadiens, et la formation se clôt par un séminaire de trois semaines à Cherbrook. L’ESCEM, pour asseoir sa réputation au niveau européen, vise l’accréditation de l’EQUIS. Certaines universités américaines ont même créé des campus en Europe, comme Thunderbird, à Archamps, près de Genève. Le territoire est désormais bien maillé. Mais la proximité d’un Executive MBA n’est pas la seule raison pour se laisser tenter par un diplôme “made in France”. « Suivre un Executive MBA, c’est échanger ses expériences avec d’autres cadres, souligne Jean-Marc de Leersnyder. Et c’est surtout se constituer un réseau de relations professionnelles. » Il est, par conséquent, important de se former là où l’on veut exercer. « Si je suis parti suivre le MBA à la Leonard Stern School of Business, c’est parce que je souhaite m’installer aux États-Unis », explique Cédric Lagrange, diplômé de Sup de Co Tours. C’est, aujourd’hui, l’une des seules bonnes raisons pour suivre un master à l’étranger.

Avis d’expert

Viviane de Beaufort, directrice académique de l’Executive MBA de l’Essec « L’Essec internationalise ses programmes » « À la rentrée 2003, nous avons remodelé le contenu de notre Executive MBA », explique Viviane de Beaufort. Au programme, désormais, un cycle de conférences internationales sur la fiscalité et le développement durable en Asie. « Nous avons également intensifié les cours sur le management interculturel et programmé un séminaire à Bruxelles, axé sur les institutions et le lobbying. » Autre nouveauté : les professeurs étrangers sont plus nombreux : 30 % du corps professoral. Pour la rentrée 2004, l’Essec prévoit de développer un partenariat fort avec l’université de Mannheim (Allemagne) et de mettre en place un séminaire sur les nouveaux marchés d’Europe de l’Est. À la rentrée 2004, l’école va créer, avec l’université de Mannheim, un European Executive MBA. Un programme en temps partagé au format original : une semaine de cours toutes les sept semaines. « Cette formation nomade, qui se déroulera sur le site de l’Essec et à Mannheim, s’adresse en priorité à un public international », conclut Viviane de Beaufort.

Lexique

MBA ou Executive MBA ? Il est important de bien distinguer les MBA des Executive MBA. Les MBA, généralistes ou sectoriels (luxe, finance, etc.), sont ouverts aux 20-28 ans possédant un bon niveau d’études et peu, voire pas du tout, d’expérience professionnelle. Ce programme vise à acquérir des connaissances techniques spécifiques, discipline par discipline. Les Executive MBA visent, eux, les 32-45 ans qui occupent des postes de cadre, voire de cadre dirigeant, et souhaitent booster leur carrière. Ce parcours permet de compléter et de relier entre eux les savoirs acquis et, surtout, d’échanger des expériences. L’Executive MBA est beaucoup moins scolaire que le MBA. Les formules les plus prisées sont celles du temps partagé (part-time), notamment la formule week-end, qui réunit les participants les vendredis et samedis une semaine sur deux, par exemple.

À ne pas manquer

Après une halte dans la capitale le mois passé, le World MBA Tour s’arrêtera de nouveau à Paris (Hôtel Concorde Lafayette), le 16 mars prochain. Depuis dix ans, l’événement réunit chaque année, dans les grandes villes du monde (Chicago, Madrid, Londres, Prague, Tokyo, etc.), plus d’une centaine d’écoles, pour un face-à-face avec les candidats : jeunes diplômés à la recherche d’un programme MBA et cadres d’entreprises expérimentés tentés par un Executive MBA. L’occasion de comparer les programmes des différentes écoles et de participer à des conférences.

Mot clés :

Anne-Françoise Rabaud