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Hôtellerie: du deux au quatre étoiles, tout est négociable!

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2 Dans l'hôtellerie aussi les entreprises recherchent du confort sans se ruiner. «Leur volonté de réaliser des économies est telle que les clients d'établissements trois étoiles descendent désormais dans des hôtels de catégorie deux étoiles», observe Sylvie Roisne, directrice commerciale Eco France du groupe Louvre Hôtels. Surfant sur cette tendance, Accor lancera, fin 2007, une enseigne baptisée «Ail seasons», des hôtels deux étoiles, à la décoration personnalisée, ciblant une clientèle d'affaires exigeante en prix et en qualité. Dans ce contexte de rigueur budgétaire, tous les acteurs de l'hôtellerie - de l'enseigne deux étoiles aux hôtels de luxe - proposent des prix négociés à leurs clients professionnels. C'est le cas des deux poids lourds du secteur: Accor (Formule 1, Ibis, Novotel, Mercure, Sofitel et Suithotel) et Louvre Hôtels (Campanile, Kyriad, Kyriad prestige et Concorde). A eux deux, leur réseau de plusieurs centaines d'hôtels répartis dans l'Hexagone et en Europe couvre une offre s'étalant de l'entrée de gamme aux quatre étoiles luxe. Chez Accor, les clients cumulant un minimum de 200 nuitées par an dans les trois étoiles - Mercure et Novotel - et de 100 nuitées dans les quatre étoiles (Sofitel), bénéficient de tarifs au rabais, inférieurs de 15 à 25 % aux prix publics sur certains établissements. «Ces accords n'incluent pas nos hôtels deux étoiles», souligne Patrick Mendes, vice-président sales, business travel d'Accor. Pour les entreprises ne répondant pas à ces critères, le groupe propose deux cartes business donnant droit à des réductions dans plus de 2 000 établissements français et étrangers. De l'ordre de 10 % dans les Ibis, de 15 % dans les hôtels Mercure et Novotel et entre 10 et 50 % dans les Sofitel. Mais ces deux cartes ont chacune leurs spécificités. L« Accor favo rite guest», nominative et au prix de 270 euros TTC par an, permet au voyageur d'affaires de cumuler des points de fidélité et de les convertir en nuitées dans les établissements de son choix, et, ce, à titre personnel. La seconde carte, «Accor favorite guest corporate» nominative, se vend par lot de dix (de 50 à 80 euros TTC la carte selon la quantité achetée) et inclut l'envoi mensuel à l'entreprise d'un reporting des dépenses effectuées par les utilisateurs de ces cartes.

Les groupes hôteliers rivalisent d'ingéniosité afin de rendre le plus doux possible le séjour de leurs businesssmen stressés. Ici, le Hilton d'Evian-les Bains.

@ STUDIO BERGOEND ANNECY

Les groupes hôteliers rivalisent d'ingéniosité afin de rendre le plus doux possible le séjour de leurs businesssmen stressés. Ici, le Hilton d'Evian-les Bains.

Enfin, pour les PME qui comptent peu de collaborateurs globe-trotters, Accor propose une offre baptisée «Away on business». Gratuite, elle permet aux petites entreprises justifiant d'un minimum de 50 nuitées par an, de bénéficier d'une remise de 5 % dans 1 300 hôtels des catégories trois et quatre étoiles du groupe, en réservant via le site www.accorhotels.com.

Les clients sont de plus en plus chouchoutes

 

Louvre Hôtels, de son côté, dispose de trois cartes de fidélité corporate bapti sées «helHo !» à valoir dans les hôtels Campanile, Kyriad, Kyriad Prestige et, c'est nouveau, Première Classe. La carte de base «helHo !» est gratuite et offre aux hommes d'affaires des avantages, comme la réservation simplifiée grâce à un numéro unique. Ils peuvent aussi cumuler des points convertibles en cadeaux ou bons de réduction valables dans les hôtels du groupe. La seconde carte «helHo Plus!» concerne les entreprises cumulant au moins 2 000 nuitées par an. Elle est gratuite et offre tous les services de la carte de base ainsi qu'une réduction de 5 % sur les tarifs affichés. A titre d'exemple, une chambre double dans un hôtel Campanile ou Kyriad coûte en moyenne 67 euros TTC. Dans un établissement Kyriad Prestige, comptez, en moyenne, 118 euros TTC. La dernière carte, «helHo Pro!», se présente comme une carte de paiement et s'apparente à un outil de gestion. Gratuite la première année, puis au prix de 5 euros TTC par mois, elle ouvre droit aux 5 % de réduction précités, ainsi que la centralisation des paiements en une seule facture pour l'entreprise, qui peut ainsi davantage contrôler ses dépenses. L'homme d'affaires est dispensé de payer à l'avance sa chambre d'hôtel et de rédiger une note de frais. Mais les vraies négociations tarifaires, on les trouve surtout dans les hôtels de luxe. A commencer par ceux du groupe Hilton. Ces hôtels de très grand standing - on en recense 9 en France et 200 en Europe - sont courus par les businessmen qui apprécient leur implantation stratégique, aux abords des centres d'affaires et des aéroports. Le groupe Hilton propose aux entreprises dont les collaborateurs cumulent une centaine de nuitées par an dans le même établissement des tarifs préférentiels, de 10 à 25 % inférieurs à ceux affichés. En moyenne, le prix d'une chambre standard dans un Hilton s'élève à 200 euros TTC. Les voyageurs d'affaires peuvent aussi adhérer gratuitement au programme de fidélité «Hilton Honors» et cumuler des points convertibles en nuits d'hôtels ou en voyages. Les hôtels de la chaîne Concorde de Louvre Hôtels, qui comptabilisent douze établissements dans l'Hexagone (dont le célèbre hôtel de Crillon à Paris et le Martinez à Cannes), et 36 à l'étranger, permettent aux entreprises (au- delà de 200 nuitées par an) de profiter de tarifs 20 % inférieurs aux prix publics. Même tendance au sein du groupe Starwood Hotels, propriétaire de neuf marques de palaces (dont les hôtels Méridien, Sheraton, Westin, Four Points), qui offre des tarifs spéciaux aux entreprises, dans le cadre d'accords sur mesure «portant sur l'ensemble de nos établissements en France ou sur une marque en particulier», comme le souligne Francesca Marchetti, directrice commerciale et marketing pour la région Nord.

Et, pour fidéliser leur clientèle «affaires», les groupes hôteliers étoffent sans cesse les services. Leur leitmotiv: ren dre le séjour des hommes d'affaires confortable. Accès wi-fi gratuit, petits déjeuners matinaux dès 5 h 30 dans les hôtels Ibis, nouvelles chambres «novation« dans les Novotel, plus lumineuses et dotées d'un écran plat, room-service non-stop, plateau de courtoisie (thé ou café mis à disposition dans la chambre) et service de conciergerie dans les quatre étoiles... Pour simplifier la vie de leurs clients globe-trotters, les Sheraton proposent le service »tra- vel light«, qui consiste à conserver, en sûreté, une partie de leurs effets personnels en leur absence. Les businessmen stressés pourront même se détendre dans les chambres»relaxation«de l'Hilton Paris-La Défense (à partir de 250 euros TTC la nuit), équipées d'une baignoire hydromassante (huiles essentielles et aromathérapie) et de deux écrans plasma, installés dans la chambre et dans la salle de bains.

Réservez tôt pour payer moins

A l'instar des sociétés de transport, les chaînes hôtelières cherchent à optimiser le remplissage de leurs établissements. Elles expérimentent pour cela deux méthodes: le «yield management» qui consiste à faire varier le prix des chambres en fonction du taux d'occupation de chaque hôtel et le «dynamic pricing», qui repose sur le principe suivant: plus une chambre est réservée à l'avance, plus son prix est bas. Deux astuces qui permettent, notamment aux petites entreprises, de bénéficier de prix attractifs. « Ainsi, si une chambre à l'hôtel Kyriad Prestige de Roissy revient à 125 euros TTC en plein mois de juin, elle ne coûtera que 85 euros TTC le 8 août, en période creuse. Accor, de son côté, récompense la flexibilité dont font preuve les clients d'affaires. La chambre à l'hôtel Mercure Marseille Euro Centre pour le 1 1 juin au soir revient à 139 euros TTC en plein tarif, à 129 euros TTC si vous acceptez de payer partiellement votre séjour à l'avance et à 119 euros TTC pour une réservation non modifiable et non annulable.