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Junior-entreprise : des compétences à un prix imbattable

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Les étudiants d'écoles de commerce réunis au sein d'une junior-entreprise réalisent études marketing et enquêtes de satisfaction à des prix défiant toute concurrence. Et, en plus, dans des délais très courts.


Envie de lancer une enquête de satisfaction auprès de vos revendeurs ? Besoin de programmer des visites mystère afin de tester le relationnel de vos vendeurs, ou bien d'organiser des focus groups pour tester un nouveau produit ? Faites appel à une juniorentreprise ! Une solution que Valeo a choisie à trois reprises, fin 2005 et début 2006, en s'offrant les services de la junior-entreprise de l'Essec. Le fabricant français de pièces automobiles devait répondre dans les plus brefs délais à des appels d'offres d'enseignes de la grande distribution alimentaire et spécialisée. La mission des étudiants : interviewer des consommateurs et le chef de rayon dans une dizaine de magasins des enseignes à l'origine des appels d'offres. Le tout pour mieux sonder les attentes des clients finaux et concocter une offre ad hoc. La Confédération nationale des junior-entreprises (CNJE) recense 140 structures homologuées sur le territoire français et ce, dans tous les domaines (agronomie, sociologie, etc.). Parmi cellesci, les junior- entreprises (JE) des écoles de commerce ou d'universités délivrant des enseignements en marketing sont plus particulièrement adaptées à la direction commerciale. On en compte environ 90. « Les travaux effectués par les étudiants doivent présenter une plusvalue pédagogique, observe Léa Kim, responsable communication de la CNJE. Les junior-entreprises ne proposent donc que des services en lien direct avec les matières enseignées dans les établissements. »

Des missions ponctuelles

Inutile donc de contacter une JE pour des petits “jobs” ou pour lui déléguer une mission globale telle que la prise en charge quotidienne de votre prospection téléphonique. Car si elles interviennent ponctuellement dans les entreprises, leur coeur de métier est les études en tous genres : enquêtes de satisfaction client, visites mystère, études d'image et de notoriété, focus groups, etc. « Les directions commerciales nous contactent pour des missions régulières exigeant une grande réactivité ou pour des études récurrentes effectuées chaque année », indique Gaëtan Baudry, président de Junior Essec Conseil, la JE de l'Essec. Une fois l'étude bouclée, les étudiants émettent des recommandations aux managers. À la différence des cabinets de consulting ayant pignon sur rue, ils offrent plutôt une prestation globale aux managers, incluant la réalisation de l'étude et l'analyse fine des données en vue de la mise en oeuvre d'une nouvelle stratégie. Un bémol tout de même : leur connaissance du marché est moindre par rapport à celle de leurs propres clients ou de certains consultants spécialisés. « Certaines remarques dans l'étude étaient moins pertinentes. Mais, sur les 90 pages du rapport, 70 étaient bonnes ! », poursuit-on au trade marketing de Valeo. Mais les JE présentent d'autres avantages. À commencer par leur très grande réactivité. « Les étudiants travaillent vite. C'est leur grand atout », observe-ton chez Valeo. Dynamiques, ils n'hésitent pas à faire des heures supplémentaires pour répondre à un appel d'offres en une journée. Chaque JE peut également compter sur une main- d'oeuvre motivée et immédiatement disponible. « Au total, nous possédons un vivier de 3 000 étudiants sur le campus », précise Gaëtan Baudry (Essec). L'oeil neuf que peuvent apporter ces apprentis managers est également intéressant. Enfin, dernier atout, et non des moindres : les tarifs, très attractifs. Une journée d'étude est ainsi facturée de 60 à 260 euros HT (plafond imposé par la confédération) en moyenne dans une JE, contre 1 000 à 2 000 euros HT dans une société de conseil traditionnelle. Grâce à son statut d'association loi 1901, une junior-entreprise bénéficie de cotisations sociales allégées et de frais de structure réduits : seuls les enquêteurs intervenant ponctuellement sont payés. Les membres permanents travaillent tous bénévolement. Si votre besoin se limite à la réalisation d'une étude, la junior-entreprise est donc adaptée. Bien structurées, ces associations comptent, en moyenne, une quinzaine de membres permanents (président, trésorier, secrétaire général, chefs de projet, etc.), qui sont volontaires et donc motivés pour approcher l'univers professionnel des entreprises. « L'école nous autorise à assouplir notre programme de cours pendant une année, ce qui nous permet de nous investir dans l'association », souligne Gaëtan Baudry.

Des associations encadrées

Chaque demande émanant d'une entreprise est traitée avec méthode : réponse à l'appel d'offres s'il y en a un, puis rendez-vous d'une à deux heures pour analyser les besoins du client, proposition commerciale et compte rendu hebdomadaire de l'avancée de l'étude. « Chaque mission est pilotée par un chef de projet, qui devient l'interlocuteur privilégié du client », indique Léa Kim (CNJE). À l'Essec, ces chefs de projet sont exclusivement des étudiants de deuxième ou troisième années travaillant en binôme. Les première année faisant leurs armes sur le terrain en qualité d'enquêteurs. Pour intégrer la structure comme membres permanents, les candidats doivent passer huit entretiens mis au point par la junior-entreprise et le cabinet de recrutement Hay Management. En cas de doute sur la définition d'une méthodologie, les étudiants peuvent également se tourner vers leurs professeurs qui leur apportent leur expertise sans toutefois interférer dans le fonctionnement de la structure. La Junior EDC Consulting (la JE de l'École des dirigeants et créateurs d'entreprise), s'est même dotée d'un comité senior constitué d'anciens membres auprès desquels les étudiants peuvent trouver un soutien en cas de besoin. Enfin, pour rassurer les plus frileux, sachez que le fonctionnement des junior-entreprises est très encadré. Tous les ans, la CNJE audite chaque association. Un examen à l'issue duquel elle renouvelle ou non son label. En cas de dysfonctionnement, la juniorentreprise peut recevoir un avertissement oral ou une sanction ferme et être rétrogradée au rang d'association en cours de labellisation, appelée “junior initiative”.

Le témoignage de Alexandre Lai-Go, responsable communication de Marketing Méditerranée, la junior-entreprise d'Euromed Marseille École de Management « Nous nous adaptons aux demandes des entreprises »

La jeune équipe de Marketing Méditerranée mène des études marketing et communication. Son atout ? « Nous nous adaptons aux demandes de nos clients », indique Alexandre Lai-Go, responsable communication de Marketing Méditerranée. La junior-entreprise (JE) vient notamment de boucler une série de visites mystère pour le compte d'une entreprise de transport. Sur 70 trajets, les étudiants ont testé la qualité du travail des contrôleurs, l'accueil réservé aux clients par le personnel du bar, etc. Un compte rendu fidèle a ensuite été transmis au client. Autre réalisation : quatre focus groups pour une enseigne de prêt-àporter londonienne. « La marque prévoit de lancer deux collections et voulait tester ses modèles auprès des 18-24 ans. » La JE a donc réuni quatre groupes de jeunes correspondant à cette tranche d'âge et leur a soumis des photos des produits. Les rendez-vous ont été filmés puis débriefés avec le client. « En ce moment, une vingtaine d'étudiants planchent sur une étude de notoriété commandée par une entreprise pharmaceutique. Ils sondent 3 500 médecins de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et remettront aux clients un rapport complet. »

Mot clés : étudiant | léa kim

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Emmanuelle Sampers