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L'OCDE promeut la formation pour juguler le chômage des jeunes

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Un groupe d'experts s'est constitué sous l'égide de l'OCDE. Objectif: résoudre les difficultés de recrutement des entreprises, en facilitant notamment l'accès a l'emploi des jeunes. Plusieurs pistes sont à l'étude.

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La société Vip@li, spécialisée dans la production assistée par ordinateur, cherche en vain, depuis 18 mois, une cinquantaine de commerciaux pour ses filiales française mais aussi italienne et ukrainienne. Sa cible: de jeunes diplômés bac + 4 avec ou sans expérience. Ses démarches restent, à ce jour, vaines. Une situation hélas ordinaire. Et inquiétante. «Il est devenu quasi impossible de trouver les vendeurs suffisamment formés dont nous avons besoin. Cette pénurie est un véritable casse-tête et un frein à notre croissance», témoigne Xavier Lupil, directeur commercial international de Vip@li. De façon plus générale, les entreprises ont, en effet, de plus en plus de mal à remplacer leurs papy-boomers. Et pour cause: la population des 20-59 ans représente aujourd'hui moins d'un actif sur deux. Parallèlement - et c'est le plus alarmant-, de nombreux jeunes sortant de l'école peinent à s'insérer sur le marché de l'emploi car leurs diplômes sont trop souvent en inadéquation avec les besoins des entreprises.

@ FOTOLIA/JAIMIE DUPLASS/LD

L'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économiques, vient de s'atteler à ce problème, constaté dans l'ensemble des pays du Nord. Un groupe de travail, composé des vingt meilleurs experts mondiaux, se réunira tous les mois. L'un de ses axes de réflexion sera la formation. Car 80 % des connaissances encore pertinentes il y a dix ans dans l'exercice de la plupart des métiers sont désormais sans utilité. L'acquisition de nouveaux savoirs par l'ensemble des actifs est donc devenue une question primordiale pour le maintien de la croissance économique. Il est question, par exemple, de donner aux universités publiques et privées les moyens de recruter des enseignants et des chercheurs, mais aussi de leur permettre de se doter de matériel de pointe; de faciliter la création d'universités d'entreprises sur les campus privés et, enfin, de créer des institutions d'enseignement à distance. «Il faut un plan Marshall de la formation, a précisé le porte-parole du groupe. Nous avons pris trop de retard. L'OCDE s'engage à relancer la machine de la formation pour fluidifier le marché de l'emploi au cours des cinq prochaines années.»

2007 L'avis de l'expert
Gérard Fournier,
directeur général de Boyden Intérim Executive et coauteur de Manager les Quinquas [éditions Eyrolles]
Le départ à la retraite des papy-boomers est une opportunité pour notre pays»

Pour Gérard Fournier, la pénurie de main-d'oeuvre due aux départs à la retraite des papy-boomers est peut-être une opportunité pour la France. «J'espère que dans 25 ans, nous ne serons plus dans un monde statique de vases communicants avec, pour un actif quittant un poste, un entrant le remplaçant à l'identique.» Pour cet expert du recrutement un certain nombre de postes vont disparaître «naturellement» d'ici à 2030, avec le départ à la retraite de leurs titulaires. «Ces changements sont une formidable opportunité de remise en cause de notre logique de l'emploi.» En 2007, 170000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail sans qualification et environ 11 0000 étudiants du supérieur quittent l'université sans diplôme. «La France et les pays de l'hémisphère Nord disposent là d'un gisement important de main-d'oeuvre, qu'ils doivent former et faire évoluer vers les fonctions dont les PME/ PMI ont besoin pour jouer dans la cour internationale.» C'est à ce prix, selon Gérard Fournier, que nos entreprises trouveront, en Europe, la main-d'oeuvre nécessaire à leur développement.

Mot clés : Retraite | Formation

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Anne-Françoise Rabaud