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La sinistralité n’est pas une fatalité !

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Prévenir le risque automobile ou conduire, il ne faut pas choisir. Mener une politique du juste coût ne suffit pas à enrayer le taux de sinistralité d’une flotte automobile. Il convient également de sensibiliser les conducteurs à l’adoption d’une conduite prudente et responsable en mettant en œuvre des plans de prévention proposés par les acteurs du marché de l’assurance, de la prévention routière et de la LLD.

Tout est une question de logique. Plus les commerciaux empruntent leur voiture à des fins professionnelles et réalisent ainsi d’importants kilométrages annuels, plus le risque qu’ils contractent un accident de voiture ou tout autre sinistre, vol de véhicule, vitres cassées, etc. croît. Or, tous les ans, les contrats d’assurance des entreprises font l’objet d’une révision indexée sur les sinistres survenus au sein des flottes automobiles. Plus le nombre de ces derniers est élevé, plus l’addition s’avère salée. Confrontées à cette fatalité, une seule alternative pour les entreprises. Soit elles déplorent l’augmentation de leurs primes d’assurance et cherchent désespérément un assureur peu regardant en acceptant, souvent, de payer le prix fort. Soit elles retroussent leurs manches et travaillent de concert avec les loueurs de véhicules longue durée, les assureurs et les préventeurs, afin de faire baisser leur sinistralité. Mesurer les coûts Le premier exercice auquel l’entreprise doit se prêter consiste à cerner les coûts générés par les accidents. À cela une raison principale : ils grèvent fortement son budget. Et le plus souvent sans que les dirigeants en prennent la mesure exacte. Jean-Claude Tintet, directeur de Sepac Entreprise, préventeur, précise : “Les chefs d’entreprise n’ont pas encore pris conscience du poids financier réel engendré par le risque automobile. Ils appréhendent mieux la partie visible de l’iceberg, les coûts directs – assurance, cotisation des accidents du travail, etc. – que la surface immergée, les coûts induits. Pourtant, ces derniers, qui demeurent en toutes circonstances à la charge de l’entreprise, sont conséquents. Ils représentent en moyenne trois fois le montant de la prime d’assurance. Il s’agit des dépenses liées au remorquage de la voiture, aux frais de remise en état du véhicule et d’immobilisation, aux heures perdues par un salarié accidenté, à l’emploi d’un intérimaire pour remplacer le chauffeur accidenté, à une perte de clientèle due au retard du commercial sinistré, à la pénalité de retard de livraison, etc. Selon la Caisse régionale d’assurance maladie, la CRAM, le coût d’un accident bénin représente ainsi 15 KF.” Avantage à la location longue durée Une fois la “douloureuse” enfin considérée à sa juste valeur et analysée poste par poste, il est alors temps pour l’entreprise qui le désire de passer à l’action. Et sachez que confier la gestion d’une flotte à un prestataire dont c’est le cœur de métier permet d’agir efficacement sur les coûts de la sinistralité. “Les prestations de services intégrées à la LLD permettent avant toute chose une vision immédiate et régulière de la flotte dans tous les domaines et en particulier sur ce poste, explique Christian Rault, de Lease Plan. L’attaché de clientèle a pour mission d’alerter le responsable de parc dans l’entreprise d’une soudaine dérive du nombre de sinistres et des coûts. Par la rapidité de son intervention et la remontée d’informations, il peut faire rapidement redresser la barre avant de se retrouver dans des situations catastrophiques se matérialisant, pour certains, par la résiliation pure et simple de la compagnie.” Henri Bernard Zdroui, manager assurance d’Avis Fleet Services, ajoute par ailleurs : “Contracter une assurance chez un loueur permet de mensualiser le poste assurance, de l’intégrer au loyer du véhicule et offre la possibilité à l’entreprise de diviser la somme par douze plutôt que de s’acquitter de l’ensemble de cette dépense en une seule fois. Cela a pour conséquence directe de consolider sa trésorerie.” Gain de temps et efficacité Autre avantage de la gestion en LLD : un gain de temps pour l’utilisateur du véhicule accidenté. “Nous fournissons immédiatement au collaborateur sinistré un véhicule de remplacement, explique Guy Briey, directeur général d’Hertz Lease, ex-Axus France. Puis, nous prenons la gestion du sinistre à notre charge : traitement administratif du dossier, prise de rendez-vous chez le garagiste le plus proche, etc. De par notre métier, nous avons une bonne maîtrise des coûts de réparation des véhicules car nous travaillons avec des garagistes et des carrossiers que nous avons sélectionnés pour leur sérieux, leur rapidité et leur tarif.” La plupart des acteurs du marché de la LLD – Arval Service Lease, Interleasing, Dial, etc. – ont également mis en place des outils et services “Accident Management” dont l’efficacité se mesure immédiatement. “Il y a deux ans, nous avons développé chez Arval deux outils : la photo expertise et les réparations virtuelles, explique Dominique Daumier, directeur marketing et communication d’Arval Service Lease. Le premier permet à nos experts d’analyser sans se déplacer les photos du véhicule sinistré. Elles nous sont envoyées via internet par les carrossiers avec lesquels nous sommes habitués à travailler et que nous avons équipés d’appareils photos numériques. Le second outil offre la possibilité de réparer virtuellement la voiture et de proposer ainsi au carrossier concerné une facturation maximum des réparations à effectuer. Ces deux outils permettent à nos clients d’engranger, dès la première année, 30 % d’économies sur le poste des dommages.” Enfin, les loueurs peuvent, par ailleurs, aider les entreprises à sensibiliser au fur et à mesure les utilisateurs de la flotte. Quelques exemples : analyser le sinistre avec le conducteur accidenté, donner aux utilisateurs de parc des conseils sur la manière de remplir un constat à l’amiable, etc. Jouer la carte dela prévention Jouer sur la réduction des coûts de la sinistralité ne saurait cependant suffire. Il est également conseillé de s’attaquer à la fréquence des sinistres intervenant dans une flotte. Pour y parvenir, un seul moyen : mettre en place un plan de prévention. N’en déplaisent aux entreprises françaises qui demeurent frileuses à ce sujet. “De retour des États-Unis, où la sinistralité est deux fois inférieure à celle de la France, grâce notamment à la présence d’une offre prévention, nous avons décidé de proposer ce service à nos clients, déclare Alain Seibert, directeur général d’Interleasing. En collaboration avec Sagitere, nous avons élaboré un programme de prévention adapté aux problématiques des entreprises. Le budget de ce programme est pris en charge pour un tiers par le loueur, pour un autre tiers par l’assureur et pour le dernier par l’entreprise concernée. En dépit de ce coût réduit au minimum, nous avons constaté une faible sensibilité des entreprises françaises à ce type de service.” De l’engagement ! Christian Rault, de Lease Plan, explique : “Si trop peu de sociétés entreprennent aujourd’hui la mise en place d’une véritable politique de maîtrise des coûts d’assurance et de prévention du risque, c’est essentiellement parce qu’il s’agit d’un projet d’entreprise qui nécessite un engagement fort de l’ensemble des dirigeants et de tous les conducteurs. Or, soyons réalistes, les premiers sont plus attentifs aux mouvements de concentrations des entreprises, et les seconds, le plus souvent des commerciaux ou des visiteurs médicaux, ont comme préoccupation première, l’atteinte de leurs objectifs personnels. Tout cela laisse globalement peu d’opportunité pour la mise en place d’une politique efficace.” Pour les entreprises désireuses de se hisser au rang de “pionnières”, sachez que tout plan de prévention digne de ce nom comporte trois phases distinctes : “Primo, le diagnostic, un vrai état des lieux de la situation de l’entreprise ; secundo, la mise en œuvre d’un plan d’actions mêlant opérations de communication et sessions de formation pratiques (stage de conduite) et théoriques touchant des thèmes comme la rédaction d’un constat à l’amiable ; tertio, la mise en place d’outils de suivi du programme de prévention afin de mesurer son efficacité et rectifier le tir si besoin est”, détaille Jean-Claude Tintet, de Sepac Entreprise. Et si “la prévention a un coût – le coût d’un programme de prévention revient environ à 15 % de la prime d’assurance –, assure Michel Melin, responsable du produit assurance chez Dial, elle permet de diminuer en moyenne les sinistres de 32 % sur les parcs de véhicules légers, et de 28 % sur les parcs de poids lourds.” Sans parler du coût humain qui, lui, est inestimable…

Un tour de France en toute sécurité La Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) a entrepris du 16 mars au 4 avril dernier un tour de France. Objectifs de cette tournée orchestrée dans sept villes (Bordeaux, Lille, Marseille, Lyon, etc.) : sensibiliser les chefs d’entreprise aux coûts humains, financiers, administratifs, sociaux et commerciaux générés par les accidents de la route, et les encourager à mettre en place des plans de prévention en partenariat avec leurs assureurs. À chaque étape, une même mise en scène. Articulés autour de tables rondes, les forums ont permis aux participants (une quinzaine d’entreprises par région) de s’inspirer des expériences de PME-PMI ayant mis en œuvre des plans de prévention et de tirer profit des conseils dispensés par un assureur et un préventeur. Cette initiative de la FFSA s’inscrit dans le cadre de l’accord contracté le 1er juillet 1998 entre l’État et les assureurs selon lequel les sociétés d’assurances se sont engagées à consacrer chaque année, pendant cinq ans, 0,5 % des cotisations de l’assurance “responsabilité civile automobile” à des opérations de prévention routière

“Un plan de prévention ne coûte pas si cher que cela et peut rapporter gros. Surtout lorsque l’on sait qu’un accident génère, en moyenne, de 5 000 à 6 000 F de dépenses par véhicule, rien qu’en coûts directs.” Gérard Durcy, directeur environnement, hygiène, sécurité de General Electric Medical Systems (GEMS) Europe Dans les années 1996/1997, GEMS Europe décide de développer un programme de prévention inspiré de celui mis en œuvre par sa maison mère outre-atlantique et intitulé Defensive Driver. En partenariat avec Sepac Entreprise et Centaure, GEMS passe à l’action. Première étape : le diagnostic. Sur un parc constitué de 431 véhicules gérés en LLD (35 000 km par an en moyenne), le nombre de sinistres s’élevait en 1997 à 262 avec un taux de fréquence de 0,61 % accident par an et par véhicule. Dans 40 % des cas, la responsabilité des conducteurs était engagée. Les résultats d’une enquête menée auprès des conducteurs ont également mis en évidence que 78 % des accidents étaient évitables. Le bilan dressé, la deuxième étape a pu être enclenchée : la mise en œuvre d’un plan d’actions. Au programme de l’année 1999 : envoi de lettres pédagogiques au domicile des conducteurs, édification d’une charte de bonne conduite, diffusion de fiches thématiques trimestrielles (pneumatiques, entretien du véhicule, etc.), formation de la population concernée à la conduite préventive et surveillance du risque automobile. Au terme d’une année d’action, le taux de fréquence des sinistres chute à 0,5 %. Aujourd’hui, GEMS Europe escompte atteindre les 0,2 % et généralise le programme de prévention initié en France à d’autres pays européens (Italie, Espagne, Turquie, etc.).

“En 1992, nous avions un nombre de sinistres élevés, 1,8 par véhicule. Grâce aux actions de prévention et de communication que nous avons entreprises, nous sommes aujourd’hui à 1,5 sinistre par véhicule. Nous avons généré 1,5 MF d’économie.” Gérard-François Bonnet, responsable sells support de Beiersdorf s.a. Les commerciaux de Beiersdorf s.a. se trouvent fortement exposés au risque automobile puisqu’ils réalisent en moyenne 60 000 km par an. En 1992, l’entreprise, qui dispose d’une flotte auto-assurée de 178 véhicules gérés en LLD (Hertz Lease et Peugeot Parc Alliance), avait pris une série de mesures afin de faire baisser son taux de sinistralité : stage de conduite sur terre d’une journée et instauration d’une prime de bon état du véhicule lors du rendu (1 000 F si les frais de remise en état étaient inférieurs à 3 000 F par véhicule, et un malus de 500 F pour ceux supérieurs à 6 000 F). Puis, en 1999, Beiersdorf s.a. a initié un plan de prévention avec Beltoise Évolution. Les 171 conducteurs sont alors invités à suivre l’espace d’une journée les conseils du préventeur, comment appréhender l’environnement routier, comment vivre la route, etc. Les résultats ne se font pas attendre. La mise en œuvre de l’ensemble de ces actions de prévention et une communication régulière autour du risque automobile ont permis à l’entreprise de réaliser une économie de 1,5 MF.

Ce qu’il faut retenir 1. Les accidents de la circulation liés au travail représentent de 13 à 14 % des accidents avec arrêt de travail, de 23 à 25 % des accidents avec incapacité permanente et de 54 à 59 % des accidents mortels du travail. 2. Selon les études du marché, le risque automobile représente jusqu’à 15 % du coût de la flotte alors que l’entretien n’en totalise que 8 %. 3. Une bonne politique d’assurance de flotte automobile peut engendrer une économie de poste allant jusqu’à 60 % dans certains des cas. 4. Un bon plan de prévention comporte trois phases distinctes : le diagnostic, qui permet d’identifieret d’analyser le risque automobile d’une entreprise, l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’actions cohérent (actions sur les véhicules, sur les conducteurs, etc.) et le suivi et l’évaluation du programme de prévention. 5. L’efficacité d’un plan de prévention dépend de l’implication du management dans son application et son suivi quotidien. Un dirigeant non sensibilisé au risque automobile réalise une faute de gestion. 6. Une entreprise, possédant 40 véhicules et ayant mis en œuvre un plan de prévention, devra attendre, en moyenne, deux ans avant de pouvoir espérer obtenir un retour sur investissement.

Quelques contacts utiles 1. Les préventeurs • AON SGCA, 7-9 rue Belgrand, 92309 Levallois-Perret Cedex, Tél. : 01 47 56 60 79 • Beltoise Évolution “Conduire Juste”, Av. des Frères Lumière ZA de Trappes Elancourt, 78190 Trappes. Tél. : 01 30 51 23 23 • Centaure Association, 41 bis av. Bosquet 75007 Paris. Tél. : 01 49 31 34 07 • CESA Consultants, 5 av. Caroline BP 149, 92215 Saint-Cloud Cedex, Tél. : 01 41 12 87 40 • FASA, 5 av. Caroline BP 149, 92215 Saint-Cloud Cedex, Tél. : 01 41 12 87 20 • La Conduite Préventive, ZA Autodrome, 6 rue des Hauts Chupins 91310 Linas-Montlhéry. Tél. : 01 64 49 75 20 • La Prévention Routière, 6 av. Hoche BP 469.08, 75360 Paris cedex 08 Tél. : 01 44 15 27 00 • SEPAC Entreprise, 2 place M. Laborde, 64000 Pau. Tél. : 05 59 84 31 37 2. Les assureurs Fédération française des sociétés d’assurances 26 bd. Haussmann 75311 Paris cedex 09. Tél. : 01 42 47 93 23 3. Les loueurs • Arval Service Lease, 119/121 Grande Rue 92318 Sèvres Cedex, Tél. : 01 41 14 18 18 • Avis Fleet Services, Zone Europarc, 41 rue Le Corbusier, 94046 Créteil Cedex Tél. : 01 49 56 50 00 • Dial France, 9 rue Porte de Buc 78007 Versailles. Tél. : 01 30 84 40 00 • Europcar Lease, Le Triangle, 14 rue du général Audran, 92053 Paris La Défense Tél. 01 41 88 88 80 • Hertz Lease, Parc des Érables, Bâtiment 4 - 66 route de Sartrouville 78232 Le Pecq Cedex. Tél. : 0 803 338 338 • Interleasing, 112 ter rue Cardinet 75017 Paris. Tél. : 01 42 12 83 83 • Lease Plan, 74 rue du Colonel de Rochebrune 92380 Garches Tél. 01 47 95 95 95 Etc. Pour plus de renseignements sur les loueurs de location de véhicules longue durée, contactez : • Syndicat national des loueurs de véhicules longue durée, 13 rue de Calais, 75320 Paris Cedex 9. Tél. : 01 53 32 13 13