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La table des négociations irlandaise

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Si vous comptez conclure des affaires en Irlande, prenez garde à ne pas vous attirer les foudres de Géraldine Rowley. Depuis quelques mois, cette Irlandaise, présidente d'une association qui vient en aide aux femmes victimes de la prostitution, s'est lancée dans une croisade médiatique contre les clubs de… strip-tease ! Quel rapport avec votre prochaine négo commerciale à Dublin ? Allez, un peu d'imagination. Après des mois de discussions, le directeur des achats de cette société que vous prospectez avec acharnement a enfin accepté de vous passer commande. Fébrile, vous sautez dans le premier avion pour Dublin. Le soir même, après la signature du contrat, un copieux repas à base d'irish stew et de coddle et une tournée dans les bars animés de la capitale irlandaise à la découverte des multiples saveurs de la Guinness vous décidez de terminer la soirée avec votre nouvel ami dans le cadre convivial d'un club, où de charmantes jeunes femmes dansent à votre table et même sur votre table ! Et voilà comment votre société se voit “blacklistée” par l'association Ruhama qui a lancé une campagne contre la fréquentation des clubs de “table dance” par les hommes d'affaires. Quant à votre client, il est bien embêté pour expliquer à son boss ce qu'il est allé faire dans ce lieu de perdition. Car Géraldine Rowley s'est aussi mis en tête de faire signer à toutes les entreprises du pays une charte dans laquelle elles s'engagent à ce que leurs cadres ne fréquentent pas ce genre d'endroit. « Aux États-Unis ou en Grande-Bretagne il est devenu courant que les businessmen fréquentent ces clubs pour sceller un contrat commercial », assure la porte-parole de l'association qui compte bien empêcher cette “mode” de se répandre sur les terres irlandaises. On savait déjà que les négociations avec dessous-de-table étaient risquées. Maintenant, celles qui se terminent avec quelques pas de danse sur une table le sont aussi…