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Le blanchiment écologique

Publié le par

Ludovic Bischoff Redacteur en chef

Ludovic Bischoff Redacteur en chef

Dans notre numéro de novembre, notre enquête montrait que les arguments écologiques sont aujourd'hui massivement repris par les entreprises dans leurs discours commerciaux pour vendre plus ou au minimum utiliser ce «label vert» pour rentrer dans la course aux appels d'offres des grands groupes. Nous précisions aussi que ces arguments devaient être utilisés avec raison et avec une certaine légitimité par les entreprises, au risque de voir leur discours «éco-responsable» se retourner contre eux. La preuve? L'Alliance pour la planète, une organisation non gouvernementale regroupant plus de 80 associations (dont Greenpeace, le WWF, la Fondation Nicolas Hulot...), vient de lancer une campagne de dénonciation des marques qui utilisent sans scrupule des arguments écolos ou encore l'image de peuples premiers pour vendre leurs produits.

Les arguments écologiques doivent être utilisés avec raison et légitimité.

«De plus en plus de publicités font une utilisation abusive et mensongère de l'argument écologique, en vantant les qualités écologiques d'activités et de produits en réalité polluants» assure l'Alliance, qui estime que cet usage abusif trompe le consommateur sur la réalité du produit. Voilà comment des entreprises comme EDF, Total, France Télécom, Peugeot, Veolia, Areva, Suez ou encore Carrefour se retrouvent publiquement épinglées pour leur engagement dans le développement durable ou la préservation des ressources écologiques. L'ONG n'hésite pas à parler de «blanchiment écologique» ou encore de «désinformation verte» pour dénoncer ces sociétés qui s'achètent une image écologique. Un appel à peine voilé au boycott et un retour de bâton pour ces grands groupes qui croyaient surfer à bon compte sur des préoccupations qui résonnent fortement dans le pays. Si le vert fait vendre, on constate donc que l'usage illégitime de cet argument commercial fait voir rouge aux écolos engagés. Alors le vert oui, mais avec raison, sinon c'est le «développement durable des affaires» qui risque d'en pâtir.