Le prix des mots

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Peut-on tout vendre ? Que vous soyez ou non d'humeur à philosopher, cette question vous a sans nul doute déjà traversé l'esprit, vous dont la vente est, plus que le métier, la passion et un hobby quasi quotidien. Alors, tout est-il vendable, même l'immatériel, le drôle ou le loufoque ? On serait tenté de répondre par l'affirmative, tant la vente, lorsqu'elle est maniée avec brio et humour, réussit parfois à s'immiscer dans des domaines inédits, inattendus, voire un brin surréalistes. On connaissait le commerce des étoiles : offrir une parcelle de voie lactée est devenu courant, presque aussi banal qu'un stylo-plume ou un robot-mixeur. Dans un registre moins poétique mais beaucoup plus mercantile, les échoppes à touristes de toutes les métropoles de la planète vendent de l'air ridiculement emprisonné dans une petite fiole : “I love NY”, “J'aime Paris”...

7 500 euros de recettes

Mais, en juin dernier, à La Charité-sur-Loire, en Bourgogne, c'est une vente infiniment plus irrévérencieuse qui s'est tenue sous l'œil goguenard des villageois. Proposés aux enchères : des mots. Des mots “premier choix”, savoureux et appétissants, élégamment calligraphiés et poétiquement commentés par des personnalités du monde des arts et de la culture. Menée par Maître Caste-Debureaux, commissaire-priseur à Clamecy (Nièvre), la vente “rama” quelque peu à ses débuts, avec Europe, mot courageusement défendu par Claudie Haigneré. Elle frémit sur aimer et amitié, respectivement choisis par Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn, puis s'échauffa lorsque courage entra en scène, avec Michèle Alliot-Marie pour avocat. Le mime Marceau et son amour portèrent la séance à ébullition : 200 euros pour un cinq-lettres mêlé de sentiments complexes et intenses. La lucidité d'Alain Rey lui valut de décrocher 260 euros, mais c'est le mystère de Sandrine Bonnaire qui emmena les enchères au firmament : 480 euros pour ce joli mot qui porte si bien sa voyelle grecque. En fin de séance, la cassette renfermait 7 500 euros, entièrement reversés à deux associations de soutien aux autistes, Autisme France et Soleil pour Tous. Alors, vente de vent ou vente inventive ? Peu importe, puisque que la magie des mots, alliée à l'audace des organisateurs, a produit l'effet désiré.

Stéfanie Moge-Masson, directrice de la rédaction

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