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Les PC de poche à la hausse

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Maniables, légers, puissants, autonomes, les PC de poche et autres assistants personnels répondent de mieux en mieux aux besoins des forces de vente mobiles. Les applications spécifiques croissent.

Le cabinet d’études GartnerGroup/Dataquest évalue à 5,7 millions les ventes de PC de poche et organiseurs dans le monde en 1999, ce qui représente une croissance de 47 % sur un an. Et il prévoit que vers 2002, les ventes devraient dépasser les 8 millions d’unités par an. En France, ce marché connaît une croissance impressionnante de 70 % par an. Agendas et PC de poche (cf. encadré) sont des assistants qui complètent le PC de bureau. Mais si le PC de poche permet d’emporter Microsoft Office, d’effectuer des présentations PowerPoint par exemple, de naviguer sur le web, d’envoyer et recevoir des messages électroniques, l’agenda de poche est plutôt destiné à la gestion de l’emploi du temps, des contacts, et à la saisie d’informations. En matière d’équipement de forces de vente, le PC de poche concurrence donc aujourd’hui directement les ordinateurs portables. Reynald Huck, chef de produit chez Hewlett-Packard : “Les portables peuvent présenter trois inconvénients pour une force de vente : leur encombrement, leur autonomie limitée et un allumage qui n’est pas instantané. Grâce à ses petites dimensions, le PC de poche n’envahit pas l’univers du client.” Leurs prix sont aussi bien inférieurs aux tarifs des notebooks. Reynald Huck : “Notre Jornada 680 est deux fois moins cher qu’un notebook d’entrée de gamme.” Pour équiper ses forces de vente de PC de poche, il faut compter un investissement de 150 000 à 300 000 F pour la partie logicielle (développement de l’application et services : maintenance, hot line, formation et SAV) à laquelle il faudra rajouter le coût des licences. De son côté, le matériel, ordinateur et périphériques (carte modem, téléphone, imprimante ou lecteurs de codes-barres), coûtera de 9 000 à 14 000 F. Autre avantage des PC de poche : leur autonomie souvent deux à trois fois supérieure à celle de leurs cousins portables. Le choix final, selon Reynald Huck, tient en ces termes : “Les PC de poche sont parfaitement adaptés à une population commerciale qui intègre l’information. Les créateurs d’information préféreront pour leur part les portables.” Vous avez dit plate-forme ? L’arrivée massive de la plate-forme Windows CE qui s’applique aussi bien aux agendas de poche qu’aux PC de poche professionnels a également contribué à faire pencher la balance. Microsoft espère livrer quelque 50 000 unités CE en entreprise avant la fin de l’année en France. Les derniers modèles sont équipés de Windows CE Handheld PC édition professionnelle, la troisième mouture du système d’exploitation de Microsoft pour PC de poche (HPC). Microsoft Windows 2.11 a été livré à 12 constructeurs. Cette édition intègre le support du port USB, des périphériques de pointage de type souris ou tablette graphique, et des écrans VGA et SVGA. Certains constructeurs (Nec, LG Electronics, Hitachi, Compaq) proposent un kit de mise à jour des PC de poche sous Windows CE 2.0 à l’édition professionnelle. Reynald Huck : “Avec la suite Pocket Office développée par Microsoft, on peut faire un peu de bureautique, utiliser des applications verticales développées par des sociétés de services comme du suivi de linéaire.” Les versions de poche des programmes Microsoft Office, Outlook et Microsoft Internet Explorer prennent désormais en charge la couleur, tout comme Microsoft Pocket PowerPoint. À noter que Fujitsu Personal Systems, leader sur le secteur des ardoises électroniques avec 50 % de parts de marché selon IDC, lance sa première ardoise pour Windows CE conçue pour les professionnels itinérants. “Il existe une population qui n’a pas besoin de toute la puissance de Windows 98 mais qui veut un outil simple, dédié, qui remplacera le papier, affirme Louis Jouanny, responsable du marketing européen de Fujitsu Personal Systems. Notre nouvelle famille d’ardoises répond aux exigences d’un travail sur le terrain.” Le système d’exploitation de Microsoft n’occupe, pour l’instant, que 25 % du gâteau, suivi avec 13 % par Epoc, le système d’exploitation de Symbian adopté par Psion Computers. Des solutions plus nombreuses Autres arguments qui militent pour l’adoption des PC de poche : des développements spécifiques plus nombreux s’adressent aux forces de vente. Une entreprise comme Danem (groupe B & W) offre ainsi des applications sur mesure pour les prises de commandes, les relevés de linéaires, la gestion des ruptures de stock. Le spécialiste Solo (cf. témoignage Argos) ou le Toulousain Palmware proposent plusieurs applications commerciales pour les adopteurs de Windows CE. Nogema développe des applications sur mesure pour les utilisateurs de Psion Computers Series 3 et 5. Et Siebel Systems a sorti début octobre aux États-Unis Siebel Sales Handheld, une solution adaptée à Windows CE. Prix d’entrée annoncé : 1 000 dollars par utilisateur pour une disponibilité en France fin 1999. Et de nouvelles technologies pour rendre ces outils encore plus communicants avec les GSM devraient contribuer à booster encore les ventes de ces ordinateurs miniatures.

“Nous avons adopté des PC de poche pour les 250 commerciaux. La société de services Solo nous a proposé son progiciel développé sous Windows CE permettant la prise de commande, la transmission et la synchronisation des données dans notre système central.“ Régis Broutin, directeur adjoint d’Argos Le groupe Argos distribue des produits d’hygiène et d’entretien aux collectivités ; il s’apprête à équiper ses 250 commerciaux de PC de poche HP Jornada 680. L’entreprise recherchait depuis trois ans un outil adapté aux besoins de cette population hétérogène, âgée de 22 à plus de 50 ans, et qui n’avait pas encore goûté à l’informatique. “On ne voulait pas d’une usine à gaz. Tout est simple. Les transmissions seront effectuées par port infrarouge ou connexion téléphonique. Les commerciaux bénéficient de quelques outils bureautiques. C’est facile à dépanner et cela nous a coûté trois fois moins cher que l’achat de portables classiques.“

“Nos clients, tels que Lexmark ou Sony, sont dans des secteurs technologiques, et je suis un adepte du zéro papier. Une dizaine de PC de poche Compaq avec écrans couleurs ont été achetés et la société Danem a développé pour nous un programme sous Windows CE.” Richard Calmel, gérant d’Avantage Prestataire en externalisation de forces de vente, Avantage a, dès sa création, équipé ses commerciaux de PC de poche. Pour Sony, ils visitent les points de vente, effectuent des relevés de linéaires, vérifient la présence de la marque, l’état des stocks et intègrent même quelques commentaires. Les remontées d’informations sont transmises quotidiennement et directement au siège de Sony. “Les commerciaux envoient les informations par simple appel téléphonique sur leur GSM, précise Richard Calmel. Seule fausse note : la fragilité du matériel. Les charnières ont cassé et le SAV n’est pas des plus performants. Je teste actuellement d’autres marques pour remplacer ce matériel.”

Ce qu’il faut retenir 1. Pour comprendre les différences : • Les ardoises électroniques : plus légères (un kilo pour les récentes), plus solides que les portables. Processeurs Pentium, écrans tactiles. • Les agendas de poche (Palm PC) n’ont pas de clavier. Ces outils offrent des fonctions de communication par fax, Minitel ou internet. • Les PC de poche (handheld PC) disposent d’un clavier et d’un écran demi-VGA et ont la taille des chéquiers-portefeuilles. Ils disposent de fonctions bureautiques (traitement de texte, tableurs, etc.) et communicantes. • Les PC de poche professionnels (handheld PC Pro) concurrencent directement les PC portables avec des dimensions proches de celles d’un sub-notebook. 2. Prix inférieurs aux tarifs des notebooks, autonomie souvent deux à trois fois supérieure, les PC de poche ne manquent pas d’arguments. 3. Les développeurs de solutions pour forces de vente s’intéressent de plus en plus aux PC de poche.