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Location moyenne durée et autopartage: les nouvelles composantes de la LLD

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Le marché de la location longue durée se porte bien. Entre 2010 et 2011 , la mise à la route de véhicules d'entreprises en LLD a crû de plus de 8 %. Pour autant, les loueurs restent actifs. Les offres continuent de se développer avec, parmi elles, deux tendances au potentiel prometteur: la location moyenne durée et l'autopartage.

 

La LLD en bonne santé

1 La location longue durée s'impose depuis plusieurs années comme une solution aux besoins de mobilité de l'entreprise. Le Syndicat national des loueurs de voitures longue durée (SNLVLD), regroupant une trentaine d'adhérents, soit la quasi-totalité des acteurs de la LLD, est confiant. En 2011, le nombre de véhicules assujettis à un loyer a crû de 2,5 %, et ce taux devrait être de l'ordre de 3,5 à 4 % en 2012. «Il existe un fort potentiel de mise en location de flottes automobiles en France», estime François Piot, président du SNLVLD. En effet, même si certaines entreprises ont réduit leur parc du fait d'une baisse de leurs effectifs, d'autres, disposant de flottes de taille plus réduite, ne sont pas encore passées à la location longue durée. Quelque 850000 véhicules resteraient à placer, selon les estimations du syndicat. Les acteurs de la location longue durée mettent le maximum d'atouts de leur côté pour séduire les sociétés, notamment au moyen de multiples services. S'ils se limitaient au départ à l'entretien des véhicules et aux assurances, ces services s'étendent désormais aux pneumatiques, aux stages de conduite et d'éco-conduite, en passant par les cartes carburant.

LeasePlan a par exemple opté pour un service de conciergerie automobile depuis juin 2011. Moyennant 5 euros HT par mois, les utilisateurs peuvent déléguer les prises de rendez-vous chez le garagiste, faire nettoyer leur véhicule, etc. Fast Lease, loueur spécialisé dans la gestion de flottes inférieures à 30 véhicules, propose également ce service pour ses clients depuis le début de l'année. « Nous avons directement affaire aux utilisateurs, qui souhaitent ne pas avoir à s'occuper de prendre rendez-vous chez les professionnels de l'entretien automobile », remarque Cédric Alexandre, directeur général de Fast Lease. Ainsi, pour un prix compris entre 11 et 23 euros HT, le conducteur n'aura plus à se soucier de ces contraintes d'entretien.

Des outils pour maîtriser ses coûts

Autre nouveauté: Fast Lease offre désormais un service d'audit. Le loueur propose aux entreprises de passer au peigne fin la gestion de leur flotte pour en déduire un calcul du coût d'utilisation des véhicules, et ainsi déterminer une car policy optimisée. Par exemple, pour une flotte de dix véhicules, ce service de rationalisation des coûts est disponible au tarif de 2 500 euros HT, transformables en avoir si l'entreprise souscrit un contrat de location auprès de Fast Lease à l'issue de l'audit.

De son côté, ALD Automotive s'est tourné vers un service de lavage sans eau, lancé en 2011. Inclus dans le loyer LLD ou facturé à la prestation (50 euros HT par véhicule, quatre voitures minimum), ce service offre un nettoyage intégral à domicile. « Cette option fonctionne très bien auprès de nos clients », se félicite Guillaume Maureau, directeur général adjoint commerce et marketing d'ALD Automotive.

Athlon Car Lease a, pour sa part, développé une application iPhone, et bientôt Android, permettant au conducteur de suivre son contrat, d'avoir accès aux dates d'entretien ou encore de géolocaliser les partenaires Athlon (carburant, carrosserie, pneumatique...). Gratuite, cette application propose également un module d'éco-conduite permettant à la personne au volant de s'autoévaluer et de disposer de conseils pour conduire plus «vert». « Ce service gratuit a eu bon accueil auprès de nos clients. Nous envisageons aussi un développement sur BlackBerry » , révèle Gérard de Chalonge, directeur commercial d'Athlon Car Lease. En parallèle de ces développements de la LLD, deux tendances majeures émergent: la location moyenne durée (LMD) et l'autopartage. « Les entreprises entrent dans une logique de coût. Elles souhaitent davantage de flexibilité. L'autopartage et les solutions de LMD sont en cela deux moyens d'optimiser la gestion des déplacements » , résume Stéphane Crasnier, directeur commercial et marketing d'Alphabet.

La location moyenne durée prend ses marques

2 Si les formats courte et longue durée existent depuis longtemps dans le paysage de la location automobile, les offres en termes de location moyenne durée (LMD) ont fait leur apparition il y a seulement deux ans environ. Alors que la location courte durée ne dure que de quelques heures à quelques semaines, et que la location longue durée couvre des périodes de plus d'un an, voire deux, la location moyenne durée se situe dans la fourchette intermédiaire, généralement entre trois et dix mois.

Cette solution s'adresse notamment aux souscripteurs de contrats de LLD, pour des besoins spécifiques. Sans doute comptez-vous parmi votre équipe commerciale un collaborateur en CDD, en contrat d'intérim, ou encore un salarié étranger venu en France pour une mission à durée déterminée? La location moyenne durée peut donc vous intéresser. Les contextes incertains (création d'un nouveau département, salariés en période d'essai, etc.) ou encore de revirement soudain du volume d'activité (crise économique, appel d'offres remporté, etc.) peuvent également faire l'objet de la mise à disposition de véhicules sous contrat à location moyenne durée. La LMD peut également pallier les délais de livraison, dans le cadre d'un achat de véhicule ou de LLD. «En moyenne, nos délais de livraison sont de trois mois en LLD, trois semaines en LMD, et dans l'instant en ELCD», résume Jean-Noël iDor, directeur commercial de Louvéo, filiale d'Arval dédiée à la LMD. Enfin, les entreprises encore hésitantes à se lancer dans un projet de LLD peuvent avoir recours à la LMD pour se familiariser avec le concept de location. Autant de situations pour lesquelles recourir à la LMD, en parallèle de votre contrat LLD ou en transition, est avantageux.

Une offre de plus en plus visible

Ainsi, la demande pour ce type de contrats de location automobile se développe de plus en plus. D'où le fleurissement chez les loueurs longue durée d'offres LMD, de plus en plus lisibles et structurées. « Que la location moyenne durée soit considérée comme un complément à la LLD ou non, les loueurs longue durée répondent désormais de façon plus formelle à ces attentes », déclare François Piot (SNLVLD). L'expert reconnaît que des offres LMD existent depuis plusieurs années, mais il s'agissait jusqu'alors plutôt d'aménagements d'offres à la marge.

C'est pourquoi Arval a pris le parti de distinguer clairement ses activités LLD et LMD. Le loueur a ainsi créé en mars 2010 l'entité Louvéo, qui a signé ses premiers contrats en 2011. « Bien entendu, il existe de nombreuses synergies entre Louvéo et Arval », déclare Jean-Noël Dor (Louvéo). En effet, la moitié des clients de la structure sont par ailleurs souscripteurs d'une solution Arval. L'autre moitié est constituée d'une clientèle issue de la prospection d'apporteurs d'affaires ou des commerciaux de Louvéo, ainsi que de contacts directs arrivés via le site web. Certaines de ces entreprises sont dirigées vers les équipes d'Arval en cas de besoins de locations plus longues. La particularité de l'offre Louvéo est qu'elle ne concerne que des véhicules d'occasion. Ainsi, le loueur peut profiter de la réactivité que lui apporte son stock. Autre particularité: les offres de Louvéo sont disponibles en ligne. De cette manière, l'internaute, en entrant ses critères de location, sait par exemple qu'il peut louer une Peugeot 308 1.6 HDi cinq portes bleue, en formule all inclusive pour neuf mois, à raison de 2 000 kilomètres par mois au tarif de 675 euros TTC. « Ces tarifs restent indicatifs et peuvent faire l'objet d'une négociation », souligne Jean-Noël Dor (Louvéo). En termes de services, la LMD s'inspire beaucoup de la LLD: entretien, assistance, dépannage, pneumatiques et assurance sont proposés. Seule cette dernière est optionnelle. La livraison des voitures est assurée à moins de 30 km de chez le client.

LeasePlan propose également une offre de service moyenne durée, baptisé ShortLease, depuis deux ans. « Nous l'envisageons avant tout comme un service complémentaire » , souligne Steven Blanchard, chef de marché grands comptes, PME et PMI. Pour une durée comprise entre un et onze mois, LeasePlan propose à ses clients de compléter leur offre LLD par une offre LMD, portant sur la location de véhicules neufs exclusivement, particuliers ou utilitaires, de différentes gammes: Clio, Mégane, Laguna, petits et grands monospaces... pour un loyer mensuel dès 616 euros HT par véhicule. Ce tarif comprend la livraison et la reprise gratuite sur site.

Une offre non étiquetée LMD!

Certains loueurs, s'ils proposent une offre de location moyenne durée, n'ont pas souhaité l'identifier comme telle. C'est par exemple le cas de Diac Location et d'Overlease, deux filiales de Renault Crédit International (RCI, groupe Renault), la première répondant aux besoins des TPE/PME, la seconde aux problématiques des grands comptes et des collectivités locales. « Notre stratégie est de proposer l'offre de location la plus large possible, et non de faire de la location moyenne durée un axe de communication », explique Sylvain Schuler, directeur du département développement international de la LLD de Diac Location. Ainsi, l'offre de location longue durée vue par les filiales du groupe Renault démarre à six mois, et peut s'étendre jusqu'à 60 mois.

De son côté, Alphabet, qui a racheté ING Car Lease en octobre 2011, propose bien une offre de location moyenne durée, mais celle-ci n'est pas identifiée par un nom bien défini. Le loueur offre à ses clients des solutions de location entre trois et douze mois, portant sur « des véhicules récents ou neufs, mais surtout bien équipés », insiste Stéphane Crasnier (Alphabet). Et d'argumenter: « Ce n'est pas parce que la LMD répond à un besoin temporaire que le choix des véhicules doit être négligé. » D'autant que ces voitures peuvent être destinées à des commerciaux certes en période d'essai, mais que l'on souhaite embaucher définitivement. Côté prix, sans surprise, Alphabet pratique - comme tous les loueurs -, des tarifs situés entre ceux de la LCD et de la LLD. Par exemple, pour la location d'un véhicule de catégorie B (citadine) sur une durée de neuf mois et à raison de 2 000 km parcourus par mois, il vous en coûtera en moyenne 450 euros HT mensuels.

Même stratégie pour ALD Automotive, qui souhaite se positionner sur le marché de la LMD avec des solutions de location automobile pour une durée comprise entre deux et douze mois, sans pour autant packager cette offre. « Cette solution intermédiaire peut être particulièrement intéressante pour des équipes commerciales, dans le cadre d'animations ponctuelles, par exemple », souligne Guillaume Maureau (ALD Automotive). Proposés à des tarifs un peu plus élevés qu'en LLD, les véhicules mis à disposition par ALD sont « quasi neufs ».

Le groupe Parcours propose quant à lui un service proche d'une offre de location moyenne durée: la mise à disposition de véhicules d'attente. Pour le même tarif qu'un loyer en LLD, l'entreprise peut bénéficier d'un véhicule en location, neuf ou quasi neuf, correspondant à ce qui est prévu dans son contrat initial. Cette solution pallie les retards de livraison constructeurs ou les périodes d'essai des collaborateurs, soit de deux à huit mois. « Nous fonctionnons à flux tendu sur ce service qui est très demandé par nos clients », précise Frédéric Taillardat, directeur marketing du groupe Parcours.

De son côté, si Athlon Car Lease n'a pas encore sauté le pas de la LMD, cela ne saurait tarder. Le loueur lancera prochainement une offre spécifique.

Les offres d'autopartage se structurent

3 Techniquement, les solutions de mise à disposition d'un véhicule auprès de plusieurs utilisateurs sont au point. Lautopartage nécessite en effet quelques équipements: un boîtier installé dans le véhicule pour recueillir les informations sur le kilométrage, un système d'identification du conducteur et de clé du véhicule, et une plateforme on line permettant aux utilisateurs d'effectuer leurs réservations. Le principal atout de ce service est qu'il peut permettre aux gestionnaires de flottes de réduire de 30 à 35 % leurs dépenses, en économisant sur les frais de taxi, de location courte durée ou encore sur le remboursement des indemnités kilométriques. Toutefois, cette technologie demeure en avance sur les clients, qui, pour le moment, ne sont pas encore préparés à prendre ce virage au sein de leurs flottes automobiles. Les loueurs sont, quant à eux, dans les starting-blocks en proposant des offres d'autopartage, le plus souvent en partenariat avec des prestataires spécialisés.

La plupart des loueurs longue durée proposant des services d'autopartage passent ainsi par Carbox, leader du marché en termes de services aux entreprises. C'est notamment le cas d' Athlon Car Lease. « Nous avons été séduits par leur approche », confie Gérard de Chalonge, qui a intégré ce service externalisé depuis la rentrée 2011. « Carbox nous apporte son expertise, notamment en termes d'informatique pour la plateforme on line de réservation », souligne le directeur commercial d'Athlon Car Lease. La société a signé avec ses premiers clients sur cette offre. « Il est encore tôt pour un feedback, mais nous sentons que les clients sont ouverts à cette solution », décrit Gérard de Chalonge.

L'autopartage mise sur le vert

ALD Automotive s'est également lancé aux côtés de Carbox, pour créer l'offre ALD Sharing by Carbox. Lancée fin 2010, cette solution intéresse particulièrement les clients soucieux de leur empreinte écologique, puisque ALD Automotive compte plus de véhicules électriques ou hybrides en partage que de thermiques. Pour ce service d'autopartage, il faut ajouter 200 à 250 euros HT au loyer du véhicule. Ce tarif comprend notamment une visite de contrôle ainsi qu'un nettoyage par mois.

Renault a également choisi de se faire accompagner par Carbox. Diac Location et Overlease proposent depuis l'été 2011 des services d'autopartage à leurs clients, essentiellement, pour le moment, sur de petits véhicules, thermiques ou électriques. « Nos clients sont assez curieux de cette nouveauté », souligne Sylvain Schuler (Diac Location).

Autre loueur faisant appel aux services d'un fournisseur et surfant sur la vague verte: Alphabet. Grâce à son partenariat avec e-Colibri, le loueur propose, depuis mars 2011, son offre Alphabet Car Sharing, de la LLD avec des véhicules exclusivement électriques en autopartage. En parallèle de cette offre, la filiale du groupe BMW dispose également, depuis mai 2010, d'une offre d'autopartage plus spécifique: Alphacity. Celle-ci prévoit la mise à disposition de voitures de marques BMW et Mini équipées d'un système embarqué pour l'autopartage. Pour ces offres, il faut compter un supplément représentant entre 15 et 20 % du loyer total de la location longue durée.

Alors que la majorité des loueurs automobiles recourent à l'externalisation de cette offre auprès de prestataires spécialisés, Arval a fait le choix d'internaliser intégralement ce service. « L'avantage est que notre client gère en direct cette offre complémentaire avec son interlocuteur LLD habituel » , estime Philippe Darmon, chef de produits chez Arval, en charge notamment des offres d'autopartage. Le coût de ce service est de 200 euros HT par mois et par véhicule. La filiale de BNP Paribas, met ainsi à la disposition de ses clients un calculateur, leur permettant de déterminer précisément les économies réalisées par la mise en place d'un ou plusieurs véhicules en autopartage, suivant la taille de leur flotte. Ce calcul prend ainsi en compte les dépenses économisées en taxis, location courte durée...

Enfin, Arval met à bord des véhicules un écran de bord, permettant de suivre de près l'état du véhicule. Avant chaque démarrage, l'utilisateur doit valider sur l'écran tactile l'état d'usage dans lequel il récupère le véhicule, et, au moment de la restitution, signaler d'éventuelles anomalies. « Un système permettant de responsabiliser le conducteur », selon Philippe Darmon. Tous les loueurs s'accordent à dire que si les services d'autopartage délivrés aux entreprises restent encore timides, la curiosité des clients est grandissante et devrait, à terme, porter le potentiel de ce marché.

Ce qui séduit les clients en LLD...

En sondant 1 000 entreprises, l'institut de sondage Infraforces a montré que 90 % des sociétés ayant recours à la LLD le font pour maîtriser leur budget flotte. En deuxième position viennent le confort et la flexibilité de cette solution. Concernant le choix du loueur, l'entreprise regarde en premier le fameux TCO (Total cost of ownership), autrement dit l'optimisation du coût total de détention. En deuxième lieu, elle s'attarde sur le montant des loyers. Sans oublier, enfin, la flexibilité apportée par l'offre.


Source: Infraforces, 2011.

Les dix modèles les plus répandus en LLD au 4e trimestre 2011

1 Renault Clio
2 Citroën C3
3 Renault Mégane
4 Peugeot 207
5 Citroën C4 + Picasso
6 Renault Kangoo
7 Renault Scénic + GD
8 Peugeot 308
9 Volkswagen Golf
10 Volkswagen Passat


Source : SNLVLD.

Alexandre Crosby, directeur associé de la société Carbox, spécialisée dans l'autopartage aux entreprises

Alexandre Crosby, directeur associé de la société Carbox, spécialisée dans l'autopartage aux entreprises

L'avis de...

L'autopartage, comment ça fonctionne?
L'autopartage est un système de location courte durée de véhicules en libre service. Destiné aux sociétés comptant au moins 20 salariés, ce service s'apparente à de la location longue durée dans la mesure où les véhicules demeurent au sein de l'entreprise. Toutefois, les voitures mises à disposition ne sont pas liées à une personne, mais destinées à l'ensemble des collaborateurs ayant à se déplacer. « L'autopartage est également assorti d'une dimension technologique », affirme Alexandre Crosby, directeur associé de Carbox. Ainsi, chaque utilisateur effectue ses réservations en ligne et les voitures sont en libre service, accessibles par badge électronique. De plus, elles sont équipées d'un boîtier permettant la remontée d'informations.« Les véhicules étant en partage, l'exploitation du parc est optimale: celui-ci est plus restreint pour autant de trajets », souligne Alexandre Crosby. Sans compter que l'attrait de l'autopartage est également écologique: ces automobiles sont généralement des citadines à moteur thermique à faible émission de carbone ou à moteur électrique. Par ailleurs, cette solution reste moins coûteuse que le taxi. Pour bénéficier d'un service d'autopartage, compter entre 450 et 600 euros par véhicule et par mois.
Par ailleurs, l'entreprise cliente peut décider d'accorder une utilisation personnelle des véhicules aux conducteurs, pour les soirs et les week-ends. Dans ce cas, ce service additionnel est facturé directement auprès de Carbox et est considéré comme un avantage en nature.