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Offrez-vous une star pour votre convention

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Vous souhaitez, lors de votre prochaine convention, remotiver vos commerciaux, souder les équipes… Pourquoi ne pas faire appel à un intervenant de prestige, qui saura faire passer les messages avec une dose de punch et de rêve. Ingrédients pour réussir la “starisation” de votre événement.

Faire intervenir une “pointure” dans le cadre d’une convention a un impact gigantesque. Et si “l’invité” a été bon, son auditoire s’en souviendra toute sa vie », lance Stéphane Waller, directeur de Meltis, cabinet spécialisé dans la recherche d’intervenants d’exception et de conseil en conférence. Mais qu’attendre au juste de l’intervention d’une “star” ? Dans quel cas l’envisager ? Quels sont les écueils à éviter ? Quel budget prévoir ? Aujourd’hui, les entreprises qui font intervenir des “stars” sont le plus souvent structurées, organisent régulièrement des séminaires, ont une force de vente constituée de plusieurs dizaines voire de plusieurs centaines de commerciaux. Les PME doivent-elles pour autant se sentir exclues de cette pratique ? « Assurément non !, répond Stéphane Waller. L’intervention d’une personnalité d’exception s’adresse à n’importe quelle entreprise, quelle que soit sa taille. Les grands groupes avec lesquels nous travaillons nous sollicitent d’ailleurs souvent pour des séminaires concernant des micro-entités. » Il poursuit : « Dans le but de motiver ses équipes, de fédérer ses troupes, un grand groupe peut se permettre de sponsoriser un bateau. Pour une PME, c’est plus difficile. En revanche, elle peut atteindre le même objectif en s’offrant Michel Desjoyeaux ou Ellen Mac Arthur le temps d’une convention. »

Avant et après

Les occasions de faire appel à ces hommes ou femmes d’exception sont de plusieurs ordres : vous pouvez l’envisager dans un but de transfert de savoirs ou d’informations, pour fédérer des équipes, motiver les commerciaux ou les récompenser, insuffler un esprit d’équipe après une fusion, etc. « Une personnalité peut faire passer des messages que la hiérarchie ne pourrait pas exprimer ou qui ne seraient pas écoutés », assure Stéphane Waller. Ellen Mac Arthur – navigatrice anglaise arrivée en deuxième position lors du dernier Vendée Globe Challenge – est ainsi intervenue lors d’un séminaire sur le thème “solitaire mais pas seul”. Expectra a, pour sa part, invité Nicolas Vanier – qui a traversé le grand nord canadien en 99 jours à traîneau – pour qu’il parle de l’efficacité d’une équipe soudée. Mais attention, cette intervention, aussi magique puisse-t-elle paraître, ne doit pas être seulement la cerise sur le gâteau. Elle doit intégrer un mécanisme global et être exploitée dans le temps. Il faut pour cela mettre en place des outils avant et après ce temps fort qui dure entre 20 minutes et deux heures pour l’introduire et le prolonger : décliner des supports papiers, organiser un concours, faire des piqûres de rappel via un CD-Rom, envoyer le livre de l’intervenant dédicacé, etc. « Il faut aller au-delà de l’intervention. En d’autres termes, non à l’intervenant “Kleenex” ! », lance Cyril Giorgini, président de l’agence d’événement Auditoire.

Hors des sentiers battus

Mais quelle star faut-il choisir ? On peut penser que pour la motivation, un sportif s’impose, que pour fédérer, mieux vaut choisir le représentant d’un sport collectif et qu’un chef d’orchestre répond bien à la problématique de la conduite d’équipe. Cette approche est en réalité extrêmement réductrice. En fait, l’entreprise doit poser sa problématique sans a priori, être ouverte à toute idée originale, pour ensuite arrêter son choix sur un intervenant. Ce moment est crucial et vous gagnerez à sortir des sentiers battus. « Les entreprises devraient se pencher sur les territoires non exploités, comme celui des metteurs en scène. Je pense aussi à des personnages comme Luchini, qui peuvent faire jouer l’émotion à fond », explique Cyril Giorgini. La clef du succès d’une telle intervention réside avant tout dans l’adéquation entre la problématique, l’entreprise et l’intervenant. Attention à ne pas choisir une star pour une star et à ne pas pêcher par excès d’ambition.

Mettez votre intervenant en situation

Le jour J, l’intervenant doit être mis en valeur, annoncé – un mois ou une heure avant, peu importe – mais les participants doivent avoir conscience qu’ils ont devant eux une personnalité. Ces orateurs en “or” sont libres du contenu de leur intervention, mais les agences et vous-même devez absolument les rencontrer, les briefer, les coacher – une personnalité médiatique n’est pas automatiquement rompue à l’animation –, leur présenter l’entreprise et le thème de la convention. « Montrez-lui que vous aimez votre entreprise et faites-la lui découvrir, explique le président d’Auditoire. Lors de la convention, mettez-le en situation : une star coupée de son univers n’en est plus une. » Une bonne mise en scène requiert un budget à peu près équivalent à celui de l’intervenant. Enfin, validez le fait que le représentant de l’entreprise, président ou autre, qui prendra la parole après l’intervenant, est un homme de communication. Si ce n’est pas le cas, méfiance. Après l’intervention d’une “star”, un discours moyen apparaîtra à coup sûr mauvais.

À retenir... Ne choisissez pas votre invité star à la légère simplement parce qu’elle est médiatique, mais posez minutieusement votre problématique, vos objectifs et, à partir de là, envisagez les différentes personnalités qui peuvent y répondre. Briefez l’intervenant de façon à ce qu’il livre un message qui répond à votre problématique. Rencontrez-le, présentez-lui votre entreprise, afin qu’il s’imprègne de sa culture. Ne négligez pas la logistique, vérifiez que votre invité arrive suffisamment en avance pour prendre ses marques. Veillez à mettre l’intervenant en situation. Une star coupée de son univers n’en est plus une. Faites durer dans le temps ce moment magique : dans ce but, n’hésitez pas à évoquer en amont votre invité de marque et à faire en sorte que son intervention perdure dans le temps et dans les esprits. Coût de l’opération ? Entre 30 000 et 50 000 francs (4 573 et 7 622 euros) HT, « vous pouvez déplacer des personnalités intéressantes », assure le directeur de Meltis. Néanmoins, pour certaines pointures, il faudra compter jusqu’à 200 000 francs (30 490 euros) HT.

« Les entreprises devraient sortir des sentiers battus, faire appel à des metteurs en scène par exemple. » Cyril Giorgini, président d’Auditoire « Dans les années 1980, “l’utilisation” d’un intervenant de prestige dans le cadre d’un événement s’est développée. Le message à faire passer tournait autour de la performance et les intervenants étaient souvent issus du milieu sportif. Les années 1990 ont été marquées par la crise, puis à nouveau par la croissance, et les entreprises ont dû faire évoluer leurs métiers et réorienter leurs collaborateurs. Les intervenants alors sollicités – consultants de haut niveau, chefs d’entreprise, chefs d’orchestre – étaient appelés pour faire passer des messages liés aux changements. Aujourd’hui, les organisations qui ont réalisé leur mutation reviennent aux notions de performance. On explique, par exemple, aux vendeurs et aux managers qu’avec le passage aux 35 heures, ils doivent travailler plus efficacement. On revient aux analogies sportives avec un parallèle sur la gestion du temps, les efforts, la concentration. L’entreprise ne veut plus des vendeurs “super killers” mais des vendeurs plus intelligents. »

Mot clés : président | cyril giorgini

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Anne-Françoise Rabaud