Mon compte Devenir membre Newsletters

P. Bernard Grégoire, un homme contre la montre

Publié le par

Depuis un an, les mythiques Kelton des années 1970-1980 font leur retour. Derrière cette renaissance, un homme : Bernard Grégoire, président de Goldy Les Montres, et une stratégie commerciale qu’il anime avec une précision toute horlogère...

: Il en va des marques comme des chansons ou des modes vestimentaires. Certaines sont, dans les mémoires collectives, à jamais associées à une époque. La fin des années 1970, par exemple, c’est pattes d’eph’, Abba… et Kelton. Si vous avez plus de 35 ans, vous ne pouvez pas ne pas vous souvenir de ce jingle : « Vous vous changez, changez de Kelton ! » Et bien, ce qui devait arriver arriva : après les pattes d’eph’, après Cloclo, voilà le grand retour des montres Kelton. L’homme qui est à l’origine de ce retour s’appelle Bernard Grégoire, président de Goldy Les Montres, première chaîne de magasins exclusivement consacrée à la vente de montres de marque. « Cette aventure avec la marque Kelton est née d’un hasard. J’évoquais un jour l’épopée des différentes marques de montres avec le directeur de Timex. Je lui ai raconté l’histoire de Kelton. » La marque, exclusivement distribuée en France, avait été rayée de la carte en 1987. « Et c’est comme cela que j’ai appris que la marque leur appartenait et qu’ils n’en faisaient rien. L’une des vertus d’un dirigeant, c’est de savoir rebondir. C’est ce que j’ai fait », raconte Bernard Grégoire. Retour en fanfare En mai 1999, le groupe Goldy Les Montres conclut un accord de licence avec le groupe Timex Corporation, numéro un de la montre aux États-Unis, au terme duquel la distribution de Kelton lui est confiée pour l’Europe. Au cours des deux mois qui ont suivi le lancement de la première collection en octobre 1999, 24 000 montres ont été vendues. Aujourd’hui, la marque est distribuée dans le réseau Goldy Les Montres – 80 magasins – mais aussi dans les grands magasins, Printemps, Galeries Lafayette et, plus récemment, dans les “Kelton places”, une sorte de “corner” de kiosque et de magasins à enseigne Kelton. Un concept de libre-service qui vient d’ailleurs de remporter les Enseignes d’Or. Ce retour en fanfare de la marque Kelton n’est pas un hasard. Passionné depuis toujours par les montres, Bernard Grégoire a du métier, du flair et une bonne dose de culot. Retour quelque 24 ans en arrière : il invente, avec deux compères, Bernard Brochand et Jean-Louis Ferry, la vente par correspondance de montres à quartz personnalisées. Ils en ont vendues jusqu’à 250 000 par an. Puis ils ont lancé, en 1988, Goldy Les Montres, un concept de magasins spécialisés dans la vente de montres, et seulement de montres. Un accessoire de mode L’aventure avec Kelton repose, cette fois-ci, sur un pari : celui de la mémoire collective. « La force d’une marque, c’est quelque chose de fabuleux ! C’est un capital qui vaut une fortune. » La campagne publicitaire, qui a accompagné le lancement de la marque il y a un an, a d’ailleurs repris le célèbre jingle. Il poursuit : « Avec Kelton, on ne vend pas l’heure. On vend un accessoire de mode. » Le positionnement de la marque a été légèrement revu et corrigé. D’un produit mode, sport et robuste à un prix très abordable, les montres Kelton sont devenues synonymes de qualité, mode et week-end sport, avec des prix allant de 350 francs à 700 francs. Aujourd’hui, et après seulement un an d’existence, Kelton arrive en troisième position des marques vendues par Goldy Les Montres, derrière Festina et Swatch. Avec toutefois une différence de taille par rapport à ses concurrentes du peloton : « Kelton est notre marque ce qui, sur le plan de la maîtrise du design, mais aussi de la marge dégagée, ne signifie pas la même chose… » Cette stratégie de développement vertical du distributeur Goldy Les Montres s’inscrit également dans le cadre plus large de l’évolution du marché : « Les grandes marques, comme LVMH, Cartier, se lancent dans la distribution. Il est important, pour notre pérennité, que nous, distributeurs, possédions nos propres marques », explique Bernard Grégoire. Kelton – parfaitement dans l’air du temps – doit son succès à un judicieux mariage du cœur et de la raison. Un succès qui prouve que, parfois, il est bon de ne pas tout changer !

Dates-clés 1976 : Bernard Grégoire, Bernard Brochand et Jean-Louis Ferry “inventent” la vente par correspondance de montres personnalisées. 1988 : Ouverture du premier magasin Goldy Les Montres, spécialisé dans la vente de montres, et seulement de montres, à Évreux. 1993 : Lancement du réseau de franchise. 1999 : Le groupe conclut un accord de licence avec le groupe américain Timex Corporation au terme duquel il se voit confier la distribution de Kelton en France et en Europe. 2000 : Ouverture de quatre “Kelton places” en France et vente de 200 000 exemplaires.

Repères Goldy Les Montres a réalisé 188 millions de francs de chiffre d’affaires en 1999. Le réseau compte, depuis le tout récent rachat du réseau des bijouteries Rubis, 80 magasins en franchises et en succursales. L’objectif sur la marque Kelton pour cette année est d’atteindre 200 000 ventes.

Mot clés : abba | kelton | montre

A lire aussi

Chargement en cours, veuillez patentier...

A.-F. Rabaud