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Pauvres, mais subventionnés...

Publié le par

Ludovic Bischoff Rédacteur en chef

Ludovic Bischoff Rédacteur en chef

«Pauvre mais sexy!» C'est avec ce slogan que la ville de Berlin communique pour attirer les touristes. Derrière l'accroche publicitaire, se cache peut-être une tendance de fond poussée par la crise économique. Terminé le temps du «bling bling» et de l'ostentatoire. Bienvenue dans l'ère de l'humilité, du profil bas et de la non-consommation! Un retournement de situation peut-être éphémère si la crise ne s'attarde pas trop longtemps sur nos économies. Mais une tendance que certaines marques semblent avoir déjà intégrée dans leurs stratégies commerciales. Ainsi, l'opérateur de téléphonie mobile Orange offre à ses clients 40 euros, s'ils acceptent de conserver leur vieux téléphone au moment de prolonger leur abonnement.

Une vraie rupture dans la politique de cette société qui, jusqu'à présent, faisait de l'acquisition d'un nouveau modèle un argument de vente fort auprès des consommateurs. Derrière cette stratégie, qui avance aussi des arguments douteusement écologiques, se cache avant tout une réflexion économique. En effet, l'opérateur subventionne à grands frais les nouveaux terminaux achetés auprès des constructeurs pour les rendre abordables aux particuliers. Avec cette mesure, Orange fait donc des économies. Reste que promouvoir aussi fortement un argument de non-consommation et tenter de rendre populaire le fait de ne pas arborer le dernier iPhone à la mode, et donc de risquer de passer pour un pauvre, est une idée nouvelle. Mais qui n'est pas isolée. Ainsi, aux Etats-Unis, American Express donne 300 dollars à ses clients à risque s'ils acceptent de fermer leur compte. Soit la reconnaissance officielle de leur statut de client à faible potentiel. Voilà comment ces grands acteurs de l'économie globalisée ont décidé de fabriquer des pauvres à coup de subvention! Un petit jeu qui peut s'avérer dangereux à long terme. D'autant qu'il n'est pas évident que ces nouveaux pauvres se sentent aussi sexy que les Berlinois...

Mot clés : Orange

Ludovic BISCHOFF