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Réussir sa réunion commerciale en 5 étapes

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Pour conduire une réunion efficacement et ne pas perdre de temps, il convient de respecter quelques règles simples.

1 -Définir des objectifs

« Une bonne réunion est une réunion dont les objectifs auront été très clairement définis à l’avance, assène Yvelise Lebon, consultante à la Cegos, organisme de conseil et de formation. C’est la meilleure solution pour que ce rendez-vous soit constructif et utile. » Le manager commercial regroupe traditionnellement ses collaborateurs pour faire le point sur l’activité, les résultats, chercher des solutions correctives en cas d’échec des objectifs et présenter le plan annuel. Il est également amené à les revoir lors de réunions plus atypiques : lancement de produit, brainstorming, etc. « Quoi qu’il en soit, il est important de distinguer les genres pour ne pas brouiller les messages que vous souhaitez faire passer », souligne Yvelise Lebon. Une fois les objectifs déterminés, reste à définir le nombre et le profil des participants. Outre l’équipe commerciale, il peut être opportun de convier des membres d’autres services afin d’y apporter de la valeur ajoutée. « La transversalité est toujours la bienvenue dans ce genre de situation, affirme Lionel Bellenger, directeur général adjoint de Nuages blancs-Centor Idep, organisme de conseil et de formation. Un responsable marketing peut par exemple présenter une nouvelle offre. Il est nécessaire, alors, de préparer la réunion avec cet invité, de le briefer sur le déroulé et les participants qu’il ne connaît pas forcément. »

2-Choisir le bon moment

Les objectifs de vente ayant, généralement, des échéances mensuelles, les réunions devront suivre le même rythme. « Cependant, la tendance actuelle est à des rencontres plus fréquentes, note Lionel Bellenger. En dehors de la réunion mensuelle, sont souvent organisées des rencontres bimensuelles ou hebdomadaires qui font un point intermédiaire. » Veillez cependant à leur durée. En effet, si vous vous réunissez toutes les semaines, la réunion devra être courte – 1h30 au maximum – pour ne pas donner l’impression aux participants de perdre leur temps. Le lundi matin est plébiscité par une majorité de directions. Ainsi, tous entrent “en douceur” dans la semaine, et cela permet au manager de motiver son équipe. « Mais pourquoi ne pas profiter du vendredi après-midi, moment traditionnellement plus calme, pour réunir l’ensemble des vendeurs ? », suggère Lionel Bellenger. Reste que, RTT, charge de travail et congés obligent, trouver un moment dans la semaine qui convienne à tous est de plus en plus difficile. Pour les directions commerciales, surtout celles dont la majorité des forces de vente sont nomades, se réunir se transforme souvent en casse-tête ! « Le mieux est de consulter l’ensemble des collaborateurs en début d’année sur leurs préférences afin d’établir un planning en accord avec le calendrier de chacun », conseille Lionel Bellenger.

3- Établir un ordre du jour

L’ordre du jour est sans conteste l’élément-clé de la réussite d’une réunion. Formaliser le contenu et le déroulé est essentiel, et cela doit se faire bien en amont de la réunion, trois semaines avant environ. « Je conseille toujours de le construire à la manière d’un journal, remarque Lionel Bellenger. L’introduction du manager s’apparenterait à un édito et le déroulé serait construit en fonction de rubriques particulières. » Il convient donc de détailler les thématiques abordées et l’ordre de passage des intervenants, sans oublier de préciser une heure de début et de fin pour chaque partie. « La difficulté réside dans le respect de ce timing », note Yvelise Lebon. En effet, la principale dérive constatée est de passer trop de temps sur le premier point, et notamment sur les résultats, avant d’accélérer le mouvement, ce qui conduit souvent à faire l’impasse sur certains sujets. « Une réunion commerciale porte avant tout sur l’avenir, la stratégie et les objectifs plutôt que sur les résultats passés », analyse Lionel Bellenger. Une fois l’ordre du jour défini, il convient de le transmettre aux participants en même temps que l’invitation à cette rencontre. L’idéal est de le faire au moins quinze jours avant afin que chacun puisse préparer son intervention le cas échant ou tout simplement lister les questions qu’il souhaite soumettre à son manager ou à l’ensemble de l’équipe.

4-Animer en sachant écouter

Toute réunion doit démarrer par une opération de “cartes sur table”. Cela consiste à donner la parole à chacun afin qu’il exprime son ressenti, ses difficultés, etc. Il est préférable d’éviter le tour de table, qui confère à l’exercice un côté passif. En effet, tout le monde n’est pas forcément attentif tant que son tour n’est pas arrivé. Cela peut être, par exemple, l’occasion pour les commerciaux de partager leurs expériences de terrain ou des anecdotes en rapport avec leurs clients. « Si chacun s’exprime librement, la réunion ne doit pas pour autant se transformer en forum de revendications, prévient Yvelise Lebon. Le rôle de l’animateur de la réunion est, dans ce cas-là, prépondérant. C’est à lui que revient la responsabilité de recadrer les participants et de clore cette partie en douceur. » Et d’ajouter : « Le manager en charge de l’animation doit également encourager la prise de parole et formaliser les idées éventuellement émises en passant de l’implicite à l’explicite. » Autre élément d’importance : il faut sortir de l’aspect purement présentation des objectifs et ouvrir le débat à d’autres domaines qui peuvent intéresser les commerciaux. « Il ne faut pas hésiter à parler concurrence, marchés, clients, à faire du benchmark, recommande Lionel Bellenger. Trop souvent, les directeurs commerciaux suivent le même schéma. Il faut sortir des sentiers battus ! » La réussite d’une réunion passe aussi par le bon usage des outils de présentation. S’il s’avère nécessaire de présenter des tableaux, graphiques ou autres transparents, il ne faut pas que cela se fasse au détriment de la présentation orale et de l’échange de points de vue. Quant aux supports écrits, ils se remettent en général à la fin de la réunion. Cela évite ainsi de voir tous les participants se plonger dans une lecture qui nuira à l’attention générale.

5-Savoir conclure

Contrairement aux idées reçues, conclure une réunion n’est pas la partie la plus aisée. « À la fin de la rencontre, on doit tout d’abord rappeler le but de la réunion et mettre en évidence les résultats obtenus », estime Yvelise Lebon. Il convient également de s’assurer que les collaborateurs ont bien compris les décisions prises. Et, plus important encore, que les objectifs fixés à l’équipe de vente soient clairs et acceptés. Pour cela, il faut laisser la parole aux participants et encourager les questions. Enfin, toujours terminer par un mot d’encouragement motivant et fédérateur. Reste ensuite à établir un compte rendu précis et concis. Cette tâche est généralement confiée à une assistante commerciale. Toutefois, l’animateur doit vérifier la transcription. « Cependant, il ne s’agit pas de faire un compte rendu exhaustif. Un simple relevé de décisions suffit », conclut Lionel Bellenger.

Se réunir à distance

Si la configuration de l’équipe commerciale est telle que les vendeurs sont disséminés à travers le pays, il peut être judicieux d’organiser des réunions à distance. Les Webconférences sont un bon complément à la réunion traditionnelle. Autrefois réservées aux grandes entreprises pour des questions de coûts et de contraintes techniques, ces solutions sont aujourd’hui accessibles à tous. Il suffit pour cela d’une Webcam placée sur l’ordinateur et d’un logiciel adapté à la réalisation de Webconférences. Certains prestataires proposent des solutions de 5 000 à 10 000 euros tout compris pour des réunions d’une dizaine de personnes. Autre solution : l’entreprise installe un terminal de visioconférence dans une salle dédiée, et les prestataires louent ensuite leurs services de connexion, facturés au temps passé.