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Réussissez votre lettre de motivation

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Les consultants ne passent que quelques secondes sur une lettre de motivation. Apprenez à être concis et sachez trouver les mots pour convaincre.

Les règles qui encadrent la rédaction d’une lettre de motivation sont souvent méconnues. Par quoi commencer ? Quels éléments mettre en exergue ? L’exercice n’est pas des plus faciles. Sans compter que l’arrivée des traitements de texte et surtout la multiplication des candidatures électroniques ont modifié le rôle de la lettre et la perception même qu’en ont les professionnels du recrutement. « Aujourd’hui, lorsqu’on reçoit un dossier de candidature, on regarde d’abord le CV, indique Céline Boucher, consultante en recrutement au cabinet Mireille Proust Consultants. S’il est bon, on s’attarde un peu sur la lettre. Mais le consultant n’y passe que quelques secondes. La lettre doit être percutante. » Les lettres de motivation efficaces doivent donc être courtes et concises. « Les courriers de deux pages, on ne les lit pas, faute de temps, explique Céline Boucher. Il ne faut pas pour autant tomber dans l’excès inverse. Face à une lettre de moins de cinq lignes, le consultant va estimer que le candidat n’a pas produit d’effort. Dix à quinze lignes me semble une bonne longueur. » Une lettre trop longue n’est pas rédhibitoire pour la candidature. En revanche, le consultant risque de s’interroger sur la capacité de synthèse du candidat.La généralisation du traitement de texte a également eu un fort impact sur la forme. « On ne reçoit presque plus de lettres manuscrites, constate la consultante. Ce qui ne veut absolument pas dire que ceux qui le font sont pénalisés. Mais avec la vulgarisation des adresses électroniques et la multiplication des annonces en ligne, les candidatures qui nous sont adressées sont sous forme de mail pour la plupart. »

Lettre manuscrite ou saisie ?

Désormais, lorsque le recruteur souhaite recevoir une lettre manuscrite – le plus souvent pour procéder à une analyse graphologique –, il le précise dans l’annonce. Et dans ce cas, ne pas s’y conformer risque de vous exclure de la short-list. Le mail encourage la multiplication des candidatures et donc l’abus de la fonction copier/coller. Résultat ? Les lettres sont de moins en moins personnalisées, ce qui réduit sensiblement leur intérêt. Enfin, évitez le style d’écriture abrégé qui fleurit sur les mails et les SMS et veillez à l’orthographe. N’oubliez pas que même les correcteurs d’orthographe ne distinguent pas toutes les fautes. Un courrier qui comporte des erreurs de grammaire ou de formulation décrédibilise la candidature. Voilà pour la forme. Quant au fond, veillez à apporter des informations qui donnent envie d’en savoir plus sur vous, sans tout dévoiler pour autant. Dans le cadre d’une candidature spontanée, il convient de détailler le parcours et d’orienter la lettre par rapport au poste ou au secteur visé. « La lettre est alors généraliste, narrative et évoque le projet professionnel du candidat », résume Valérie Naud, manager chez Shift, cabinet conseil en organisation et ressources humaines. Lorsqu’il s’agit de répondre à une annonce parue dans la presse ou sur un site Internet, l’exercice consiste à mettre en parallèle les critères exigés et les qualités de votre parcours. Dès les premières lignes, n’omettez pas de faire référence à l’annonce et au poste pour lequel le recrutement a été lancé. Les cabinets ou les services de ressources humaines gèrent au quotidien une multitude de recrutements ; il serait dommage que votre candidature soit mal orientée. Une simple phrase du style “Vous recherchez un directeur commercial pour une société de…” suffit.

Faire valoir ses expériences

Le candidat doit ensuite donner des précisions sur sa situation : “Actuellement, j’occupe le poste de…”. Avant d’aborder le paragraphe le plus important : celui qui traite de sa motivation. Une partie qui doit être convaincante et qu’il faut particulièrement soigner. « Trop souvent, ce passage est bâclé, voire inexistant, constate Céline Boucher. C’est pourtant bien à travers ces quelques lignes que le consultant se forge un point de vue sur le candidat. » Le postulant doit parler de son expérience, des deux ou trois compétences qu’il a développées et qui sont en phase avec le poste à pourvoir. Le consultant doit, par ailleurs, comprendre les raisons pour lesquelles le candidat postule. « Bien entendu, on ne s’attend pas à ce qu’il explique vouloir changer d’employeur en raison d’une incompatibilité d’humeur avec son supérieur hiérarchique, souligne Céline Boucher. Même s’il s’agit souvent du véritable motif de départ. » En revanche, vous pouvez expliquer que vous vous sentez actuellement à l’étroit dans le poste que vous occupez ou que vous souhaitez évoluer vers un emploi dans lequel le management occupera une place plus importante. « Il faut mettre en exergue quelques éléments qui n’apparaissent pas nécessairement dans le CV et qui sont particulièrement opportuns dans le cadre de ce recrutement », ajoute la consultante du cabinet Mireille Proust Consultants. Les cadres et managers de la fonction commerciale peuvent conclure ce paragraphe en donnant des précisions sur leur mobilité, une caractéristique essentielle dans cette fonction. Il n’est pas nécessaire d’en dire beaucoup plus. Il faut ensuite prendre congé, sans oublier de suggérer une rencontre. N’oubliez pas que la lettre – et le CV – ne sont que les sésames qui permettent d’accéder à l’entretien d’embauche.

Avis d’expert

Valérie Naud, manager en RH spécialisée dans le recrutement par approche direct au sein du cabinet Shift, conseil en ressources humaines « Mieux vaut un CV seul, plutôt qu’un CV accompagné d’une mauvaise lettre » « Hier, lorsqu’un consultant recevait un CV et une lettre manuscrite, il avait l’impression que cette dernière avait été écrite pour l’occasion, constate Valérie Naud. Avec la multiplication des candidatures adressées par e-mail, les lettres sont standardisées à l’extrême. » Cette spécialiste du recrutement estime qu’« il vaut mieux un CV sans lettre de motivation qu’un CV avec une lettre truffée de fautes d’orthographe ou qui reprend l’ensemble du parcours, sans tenir compte du poste à pourvoir. » Et de trancher : « Un très bon CV peut se suffire à lui-même ! » L’appellation même de lettre de motivation lui semble d’ailleurs usurpée : « Je parle de lettre d’accompagnement. La véritable lettre de motivation, c’est celle que je demande à l’issue d’un premier entretien. J’invite le candidat à expliquer par écrit pourquoi il veut aller plus loin dans la procédure de recrutement. » Une lettre manuscrite qui, le cas échéant, sert de base pour une graphologie.

Mot clés : céline boucher | lettre

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Anne-Françoise Rabaud