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Thierry Asmar, directeur général d'Altares: «Face à la crise, l'entreprise doit devenir mature et responsable»

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La situation économique actuelle impose la vigilance. Pourtant, la crise est aussi synonyme d'opportunités pour les entreprises. Analyse de Thierry Asmar, directeur général d'Altares.

Action Commerciale - Avant tout, pouvez-vous nous décrire l'activité d'Altares?

Pierre Cohen - Altares aide les entreprises à trouver des clients et à se faire payer par ces derniers. Nos fichiers des entreprises françaises et étrangères, comprenant de nombreux paramètres et informations, permettent à nos clients de mener des campagnes de prospection et de commercialisation.

Altares constitue-t-il un baromètre de la santé des entreprises?

Nous avons une très bonne vision de la santé des entreprises via leur chiffre d'affaires ou leur compte d'exploitation, par exemple. Mais, au-delà de ces instants donnés, nous détectons aussi les signaux prémonitoires. Les délais de paiement s'allongent-ils? Les fournisseurs sont-ils payés plus tard? Alors, la probabilité d'un problème de trésorerie est très élevée. Car, indépendamment des bilans, l'allongement des délais de paiement a un impact, en aval, sur ceux qui seront payés. Ce sont des éléments précurseurs que nous pouvons identifier. La défaillance d'une entreprise est une fois sur quatre due à la défaillance d'un de ses clients. C'est ce que l'on appelle «l'effet domino».

Comment analysez-vous la situation des entreprises françaises?

Depuis quelques mois, le délai moyen de paiement a augmenté de deux jours, ce qui est significatif et prémonitoire d'un accroissement des défaillances de paiement à venir. Nous constatons d'ailleurs une augmentation du nombre de défaillances d'entreprises depuis un an (+ 17% entre septembre 2007 et septembre 2008 - chiffres Altares), et nous pensons que la situation ne va pas s'améliorer tout de suite.

Le contexte actuel est-il lié à ces résultats?

La situation est complexe: elle est, en effet, le résultat d'un assèchement des conditions de crédit. Le crédit interentreprises a tendance à se tendre. Les banques ne faisant pas de crédit et la loi de modernisation de l'économie (LME) arrivant pour raccourcir les délais de paiement, soit l'argent circule plus vite, soit quelqu'un apporte plus de liquide, c'est-à-dire du crédit. En voulant une circulation plus rapide sans apporter plus d'argent, on génère l'augmentation des délais de paiement, qui met des entreprises déjà fragiles en situation de drame.

Comment percevez-vous les prochaines évolutions?

Nous prévoyons 60 000 défaillances d'entreprises en 2009, un pic jamais atteint depuis 1993. En prenant un peu de distance, on constate déjà 17% de défaillances supplémentaires en un an. Mais ce chiffre s'explique. La troisième année d'existence d'une entreprise est critique. Or, en 2005, le plan Borloo d'aide à la création d'entreprise a eu pour conséquence une augmentation très importante du nombre de créations d'entreprises. Trois ans plus tard, en 2008, il est donc normal de retrouver un nombre de défaillances élevé. Certes, l'environnement économique n'est pas favorable, mais nous aurions de toute façon constaté ce phénomène. Lorsque l'on regarde ce seul chiffre de défaillance d'entreprises, la situation n'est pas aussi noire. En effet, sur 4,5 millions d'entreprises en France, les 60 000 représentent 1,5% à 2% des sociétés qui vont disparaître en 2009. C'est considérable, mais cela veut dire aussi que 98% d'entre elles vont passer entre les gouttes.

A-t-on tendance à noircir le tableau? Quelle est l'attitude de vos clients?

Si on est spécialiste des trains qui n'arrivent pas à l'heure, alors on parle des entreprises qui vont être en difficulté. Dans le cas contraire, on évoque les 4,5 millions de sociétés pour qui tout va bien. Je pense que nos médias, d'une façon générale, s'attachent plus à évoquer les trains qui arrivent en retard. Mais, à trop le dire, on va finir par croire que la situation est vraiment noire! Nous avons, nous aussi, professionnels et entrepreneurs, une part de responsabilité. Nous sommes dans un mécanisme d'autoprophétie, mais nous ne parlons pas de fin du monde, tout au plus de crise. La nature humaine peut être cupide, mais pas suicidaire! Les clients d'Altares sont très attentifs à la notion de risque croissant avec leurs clients. Compte tenu de notre métier, ce ne sont donc que des opportunités. Nous pensons que les entreprises vont acheter beaucoup plus d'informations sur la solvabilité des sociétés, et nous comptons donc sur une croissance de notre chiffre d'affaires l'an prochain.

Les entreprises sont-elles donc prêtes à jouer le jeu de la prévention des risques?

Soit les entreprises se dotent de moyens considérables de réduction des risques, soit elles sélectionnent mieux leurs clients et leurs fournisseurs. Nous sommes dans le cadre d'opportunités vraiment construites. L'important est d'être informé sur la santé et la solvabilité de l'entreprise avec laquelle on souhaite travailler. A quel niveau positionner le curseur de la prise de risque? Soit je l'externalise complètement, et ça coûte cher. Soit je deviens mature et responsable, et je fais mon choix sur la base d'informations que j'achète. C'est une tendance très sensible. Cela dit, certains secteurs sont très clairement dans l'expectative. Et les attitudes sont également différentes selon la taille des entreprises. Les dirigeants des grandes PME ont particulièrement compris que des opportunités sont à saisir. Ils décident de protéger leur trésorerie, l'appel aux banques étant impossible. Ce cash permettra de faire des acquisitions à des coûts acceptables ou des investissements pour prendre des avantages concurrentiels. Les grands groupes sont dans un mode différent: la contrainte, la dictature à court terme des marchés financiers, leur irrationalité parfois, font que malheureusement les capitaines d'industrie devront prendre des décisions drastiques, dommageables pour l'ensemble de l'économie à moyen ou long terme.

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