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bilan. Chômage : le moment de préparer votre avenir

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Comment optimiser une période de recherche d’emploi ? Justement en restant pro et en profitant de cette accalmie pour réfléchir à l’orientation de sa carrière.

Le calme après la tempête ! Pour nombre de directeurs commerciaux qui viennent de perdre leur emploi, tel est le sentiment qui domine. Que le départ soit volontaire ou imposé, les dernières semaines d’activité sont très souvent agitées. Passation de relais et bouclage des derniers dossiers lorsque tout se passe bien ; stress et crise émotionnelle dans les cas les plus dramatiques. Quoi qu’il en soit, le premier matin de liberté laisse un goût étrange en bouche : et maintenant, que faire ? D’abord, maîtriser ce temps dont on manquait cruellement hier et dont on ne sait pas trop que faire aujourd’hui. « Le temps est le véritable ennemi. Plus on le laissera filer, plus le retour à l’emploi sera difficile », annonce Jean-Paul Vermès, vice-président du cabinet de conseil en recrutement TMP Hudson Global Resources. Il faut également faire le deuil de son passé professionnel. « Une page est tournée, il est nécessaire de regarder vers l’avenir », insiste Nathalie Evrard Steinberg, responsable du pole coaching chez Mercuri Urval, autre “grand” du recrutement. à ce stade, le manager commercial peut envisager un bilan de compétences. Un travail à accomplir avec l’aide de professionnels de la gestion de carrière. « Nous proposons des bilans de compétences aux cadres qui ont des difficultés à se situer par rapport aux réalités du marché de l’emploi, indique Brigitte Barthélemy, consultante régionale formation à l’Association pour l’emploi des cadres (Apec). Ce travail consiste à recenser le savoir-faire du demandeur d’emploi et de bâtir, avec lui, un projet professionnel concret et réaliste. L’objectif est de l’aider à y voir plus clair, à la fois sur sa situation actuelle et sur son avenir. » Cette phase accomplie, la recherche d’un nouveau poste peut débuter. « Il convient d’entreprendre cette démarche de la façon la plus professionnelle possible », assure Jean-Paul Vermès. Pour cela, le cadre doit s’imposer une bonne dose de discipline. Continuer à programmer le réveille-matin pour se lever à une heure raisonnable est la première règle. S’astreindre à une recherche d’emploi méthodique et régulière constitue la suite logique. Bref, il est prépondérant de rester pro-fessionnel dans une période d’inac-tivité. Facile à dire, plus compliqué à mettre en œuvre, mais néanmoins vital si l’on ne veut pas se couper du reste de la société. De plus, il faut garder à l’esprit que l’on est sans activité professionnelle momentanément et que cet état de fait n’est que transitoire. « Le manager ne doit surtout pas avoir honte de sa situation, ni se replier sur lui-même, estime Francine Jacquier, directrice régionale chez Lee Hecht Harrison, cabinet conseil en ressources humaines et en outplacement. Au contraire, je lui conseille de continuer à se rendre aux salons et colloques professionnels, à revoir ses anciens collègues, à s’investir dans des activités associatives. En un mot, à compenser le déficit de sociabilité que provoque une perte d’activité pour rester ouvert aux autres, et donc opérationnel. »

Rester en prise avec la société

Multiplier les contacts et les rencontres est la meilleure manière d’exploiter des réseaux qui, parfois, se révèlent payants. Même ceux auxquels on ne pense pas d’emblée. « Les amis, la famille ou encore les anciens collègues ont, eux aussi, des connaissances qui peuvent vous aider dans votre recherche, témoigne Jean-Philippe, cadre commercial dans une entreprise d’électronique grand public, qui a retrouvé un emploi dans l’agro-alimentaire via ce fameux réseau secondaire. C’est ainsi que l’on peut obtenir des contacts intéressants, qui ouvrent des perspectives dans des secteurs auxquels on n’avait pas forcément pensé. C’est une richesse incroyable et relativement facile d’accès ! »Parallèlement à cette recherche d’emploi, le manager aura tout intérêt à mettre à profit le reste de son temps libre pour, au minimum, se maintenir à niveau dans les domaines technologiques propres à sa profession et, au mieux, acquérir de nouvelles compétences. « Prendre des cours de langue, de bureautique, s’initier à de nouveaux logiciels sont des démarches très positives, susceptibles d’apporter une plus-value à sa candidature, commente Jean-Paul Vermès. Mais, attention, il ne faut pas que cela prenne le pas sur la recherche d’emploi, qui doit rester la priorité absolue. Il est dangereux de confondre activités – organisées dans le cadre d’un emploi du temps rigoureux – et activisme, qui consiste à occuper son temps par tous les moyens mais qui n’est pas productif en terme de retour à l’emploi. » à noter également qu’il est possible d’obtenir tout ou partie d’un diplôme via la procédure de validation des acquis professionnels. « Le cadre qui a développé des compétences tout au long de sa carrière sans en avoir le diplôme a la possibilité de préparer un dossier. Il devra le soutenir devant un jury universitaire avant de voir ses compétences officiellement validées par l’obtention d’un diplôme reconnu », explique Brigitte Barthélemy.

Retrouver un équilibre

Enfin, si après avoir mené de front la recherche quotidienne d’un poste et les actions de formation ou de perfectionnement, il vous reste encore un peu de temps libre, n’hésitez pas à en profiter sans culpabiliser. Faire les devoirs avec les enfants, se remettre au sport, bricoler, aller au cinéma, etc. Qu’importe, du moment que cela vous permet de continuer à vivre au même rythme que ceux qui vous entourent. « Se reconstruire un équilibre est essentiel, indique Nathalie Evrard Steinberg. Bien souvent, les cadres s’investissent de manière excessive, voire exclusive, dans leur activité professionnelle. Et lorsqu’ils en sont privés, ils se rendent compte du vide qu’ils ont laissé s’installer dans leur vie personnelle. Retrouver un équilibre est donc primordial pour s’attaquer à la conquête d’un nouveau poste. » Au final, saisir l’opportunité de prendre du temps pour soi et du recul par rapport à son parcours professionnel est, sans doute, la meilleure solution pour orienter judicieusement sa carrière. Et pour vivre au mieux cette période transitoire.

Avis d’expert

Olivier Dirdarian, executive manager chez Michael Page, cabinet spécialisé dans le recrutement et la chasse de têtes « Une recherche ciblée est la clé de la réussite » « Il faut mener sa recherche d’emploi comme s’il s’agissait d’une tâche professionnelle. » Pour cela, Olivier Dirdarian conseille aux cadres de se montrer actifs et organisés. « Consultez tous les jours la presse et les sites Internet qui publient des offres d’emploi dans votre domaine. N’hésitez pas à démarcher des entreprises ciblées en fonction de vos compétences et de votre expérience. Faites-vous également connaître des cabinets de recrutement de manière spontanée. » Selon l’expert, il est inutile de déposer son CV sur les innombrables sites d’emploi : cela revient un peu à jeter une bouteille à la mer. En revanche, il est indispensable de cibler les offres ainsi que les entreprises. « Trouvez celles auxquelles votre savoir-faire peut être utile. Enfin, il est improductif de répondre aux offres dont l’un des critères ne vous correspond pas. Car aujourd’hui, les offres de candidature sont tellement nombreuses que nous ne retenons que celles qui correspondent à 100 % au cahier des charges de nos clients. »

TÉmoignage

Mélusine Harlé, journaliste et auteur de “Licenciement, côté psy”* « Un parcours de coureur de fond » « Le premier conseil que je donnerais à un manager commercial entamant une période de chômage, c’est de prendre des vacances. Pas forcément très longues, mais suffisantes pour faire le deuil de son ancien job, se faire plaisir et éviter de ruminer sur son sort. S’autoriser un break contrôlé est la meilleure façon de débuter une période qui peut être longue et que l’on doit aborder avec l’esprit d’un coureur de fond. » Secundo, Mélusine Harlé incite les cadres à parler de leur nouvelle situation et des difficultés qu’ils rencontrent. « Dialoguer avec la famille, les amis, d’anciens collègues. Mais surtout ne pas se renfermer sur soi. D’une manière plus globale, il ne faut pas considérer que l’on est un “ex-quelque chose” mais plutôt un “futur autre chose” ». Ces deux étapes franchies, on peut débuter sa recherche d’emploi. « Il est important de bien définir son espace temps. C’est-à-dire, se réserver une pièce dans la maison, une table dans un café, un bureau dans une bibliothèque, pour se consacrer à une recherche que l’on contingente à un certain nombre d’heures dans la journée. Cette organisation est essentielle car elle permet de se ménager des plages de liberté et d’éviter un gros coup de déprime si les résultats ne sont pas immédiatement fructueux. » *éditions d’Organisation, 2003, 200 p., 19,50 e.