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LEN : le chaos

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Le sort en est jeté. Depuis le 23 décembre, les annonceurs sont censés avoir renoncé aux mails opt-out, pour être en accord avec la loi sur l'économie numérique, qui interdit l'envoi de message commercial sans le consentement du destinataire. Mais un mois et demi après, qu'en est-il effectivement ? Un rapide tour d'horizon suffit à dresser ce premier constat. Les opérations de mise en conformité ont été menées dans la plus grande confusion. Certes, certains annonceurs ont fait preuve de discipline, tant et si bien qu'à l'approche de la date butoir, les internautes ont effectivement reçu une poignée de messages de mise en conformité. Mais peu de boîtes mails ont véritablement été saturées de messages relatifs à la loi. Et à y regarder de plus près, il y a fort à parier que bon nombre d'entreprises ont fait de cette satanée LEN une interprétation tout à fait personnelle… Passons sur celles qui se sont préoccupées de la législation au lendemain des réveillons, soit après l'expiration du fameux délai de six mois qui leur était imparti. Mais il y a pire. Nombreux sont les annonceurs qui ont décidé de contourner un dispositif jugé trop contraignant. Certains ont relancé leurs prospects récalcitrants jusqu'à l'usure, quand d'autres ont fait fi des recommandations du législateur, misant sur l'absence de mesures de rétorsion. Une chose est sûre : si rien n'est mis en œuvre pour punir les contrevenants, le nouveau dispositif risque bel et bien d'être contre-productif. Face à des annonceurs qui ont consenti à perdre 80 %, voire 90 % de leurs fichiers d'e-mails pour respecter la loi, d'autres exploiteraient sans vergogne 100 % de leurs bases ? On aura beau rétorquer que les 10 à 15 % d'adresses opt-in des premiers ont plus de valeur que les 100 % d'opt-out des seconds, l'argument fait pâle figure s'il n'est accompagné d'aucune menace de bâton.

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Stéphanie Moge-Masson, directrice de la rédaction