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Quelles stratégies pour optimiser les coûts de votre entrepôt?

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Délai et mode de livraison, nature des produits et coût du transport sont autant de points à considérer dans le choix d'un entrepôt. L'objectif: optimiser les coûts logistiques.


En cinq ans, MisterGooddeal, site Web de déstockage et de produits discount, a changé quatre fois d'entrepôt pour faire face à sa croissance. «Nous sommes passés de 400 m² à 1500 m², puis nous avons changé pour un lieu de 3000 m² avant de déménager, un an plus tard, pour une surface encore plus grande (6000 m²). Aujourd'hui, nous occupons 11000 m² à Chilly-Mazarin (Essonne)», se réjouit Nicolas Berloty, p-dg de MisterGooddeal. Cet emplacement présente de multiples avantages. Non seulement il est situé à proximité de l'aéroport d'Orly et d'un nœud routier stratégique pour rejoindre les principaux axes d'Île-de-France, mais il est aussi proche de prestataires de services de distribution de colis. «Pendant longtemps, quand une entreprise réfléchissait à un lieu pour installer son entrepôt, elle prenait en compte soit le site de production, soit celui de consommation, résume Serge Maginel, directeur général adjoint de CB Richard Ellis-Bourdais, société spécialisée en conseil immobilier en entreprise. En d'autres termes, dois-je me rapprocher de mes clients afin de réduire le délai final de livraison ou de mes fournisseurs pour optimiser les rotations des camions?» De nos jours, les VADistes prennent en compte beaucoup plus de critères, comme la catégorie des produits commercialisés et le mode de livraison. «Il est clair que si on livre par La Poste ou d'autres services du même genre, il est plus judicieux d'être proche d'un centre de tri postal, souligne-t-il. En revanche, si l'entreprise assure cette mission par camion, être près d'un échangeur routier raccourcit considérablement les délais.»

Zones rurale ou industrielle?

Trouver un entrepôt avec une surface correspondant à ses besoins peut être difficile dans les grandes agglomérations. Les zones industrielles n'étant pas toujours extensibles, le choix de s'installer en milieu rural peut paraître séduisant: prix du mètre carré inférieur, salaires moins élevés, surfaces plus grandes… Toutefois, pour Nicolas Berloty, c'est une “fausse bonne idée”. «Si, pour notre nouveau centre, nous avions opté pour la province, j'aurais réalisé des économies de 10 % sur les salaires des employés et au moins 30 % sur le loyer. Mais, d'un autre côté, j'aurais considérablement augmenté les frais de transport au point d'annuler les bénéfices réalisés sur les autres postes de dépense. Sans compter que je prenais le risque de voir partir une partie de mon personnel», constate-t-il. Serge Maginel évoque, quant à lui, deux problèmes: l'éloignement des centres de dédouanement, généralement situés dans les grandes villes, mais aussi la difficulté d'accessibilité des zones rurales. «Imaginez un chauffeur étranger ne parlant pas français et arrivant sur place à trois heures du matin, totalement perdu dans la campagne, parce qu'il aura une adresse griffonnée sur un bout de papier et qu'aucune signalisation routière précise n'existe… et vous comprendrez pourquoi beaucoup de sociétés préfèrent rester en zone industrielle!» Toutefois, au regard de leurs exigences, certaines entreprises ne trouvent pas d'entrepôt à leur convenance. Dans ce cas, reste la solution de construire son centre logistique afin de disposer de la surface nécessaire dans un secteur géographique réunissant tous les paramètres prédéfinis. Ldlc.com, société lyonnaise spécialisée dans la vente en ligne de matériel informatique, vient ainsi de bâtir son nouvel entrepôt sur le site industriel de Saint-Quentin-Fallavier (Isère) pour profiter de son dynamisme.

Le choix d'un seul entrepôt?

Outre le problème de la localisation géographique, les VADistes doivent aussi choisir la structure de leur entrepôt. «Il y a une tendance à centraliser la logistique au sein d'un même centre, confirme Jean-Louis Lazuech, vice-président en charge du développement Europe du Sud de Prologis, un prestataire mondial d'installations et de services pour la distribution. Cela évite, entre autres, les navettes des camions entre les différents lieux et permet de réduire les coûts globaux d'exploitation.» Ldlc. com a ainsi opté pour un seul emplacement de 25000 m² en lieu et place de deux zones de 1000 et 3000 m². «Non seulement le transport des marchandises est la variable la plus coûteuse en logistique, mais elle croît d'année en année. Les entreprises ont donc intérêt à limiter au maximum leur transit», constate Laurent Sabatucci, directeur associé d'Entrepotonline, site Internet spécialisé dans la vente et la location d'entrepôt. Par ailleurs, un seul grand centre de stockage permet le plus souvent de réduire la surface utile. Ainsi «12000 m² équivalent sans peine à trois centres de 5000 m2», estime Serge Maginel. Outre le fait de gagner en surface, opter pour un grand espace diminue, par exemple, les frais de gardiennage, les postes de responsable de site… «À une époque, les entreprises redoutaient d'avoir à gérer d'immenses surfaces. Ce n'est plus le cas, car le secteur s'est considérablement professionnalisé. De même, le logisticien se formait sur le tas et n'avait pas forcément les compétences pour diriger d'importants entrepôts», juge le directeur général adjoint de CB Richard Ellis-Bourdais. De nos jours, les responsables de site doivent allier des qualités de gestionnaire, d'organisateur à celles de manager, apprises via des filières spécifiques. L'Isteli (Institut supérieur du transport et de la logistique internationale), par exemple, propose des formations jusqu'à bac + 5.

Chercher des économies d'échelle

Dans cette recherche d'économie, certaines sociétés vont même plus loin en partageant un même centre. C'est le choix de fnac. com. Elle vient d'ouvrir un deuxième entrepôt à Wissous (Essonne). Sur les 15000 m2, le site Internet n'occupe que 3000 m², le reste est occupé par la maison mère, la Fnac. «Nous profitons ainsi d'économies d'échelle, que ce soit pour la maintenance ou pour la sécurité. Mais, surtout, nous bénéficions ainsi d'une plus grande disponibilité des stocks», analyse Frank Leprou, directeur général de Fnac Direct. Le choix du site Web a été de spécialiser ses entrepôts. Ainsi, l'ensemble des produits techniques de la marque est basé à Wissous. Le premier centre, localisé à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), rassemble quant à lui la totalité des produits éditoriaux. Restait la question de l'envoi de colis. Fnac.com a opté pour une expédition séparée. «Réunir les commandes avec des articles présents dans nos entrepôts pour un envoi commun coûte plus cher que de le faire séparément», commente Frank Leprou.

Temoignage. Laurent Bloch. Fondateur et directeur de Sedao

«J'ai externalisé la gestion de mon entrepôt» Après 20 ans de gestion en interne, Sedao, société de vente à distance de produits originaux, a choisi d'externaliser l'ensemble de sa gestion logistique.«Les délais de livraison de plus en plus courts nous ont obligés à nous tourner vers un partenaire extérieur», argumente Laurent Bloch, son fondateur et directeur. Ainsi, la société fait appel, en 2000, à une grosse structure, le groupe Bertelsmann. «Je ne connais pas la surface attribuée. Savoir combien de palettes transitent est largement suffisant.» Sedao n'a pas eu à se préoccuper du lieu d'implantation de son entrepôt et a dû s'adapter au choix de son prestataire. Une contrainte qui a peu de répercussions sur le mode de livraison des produits. «Au moment de choisir mon partenaire, mes premières priorités étaient: le coût, les délais de transport et la qualité de service», confie-t-il. Et si l'entrepôt se trouve à Noyelle-sous-Lens (Pas-de-Calais), soit à 150 km du siège social de l'entreprise, il se situe au cœur de la “VAD Valley” et bénéficie de la proximité avec la Belgique et l'Allemagne, pays avec qui Sedao est en relation.

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Laurent Bailliard