Par Gaëlle JOUANNE, 08/02/2010
La mauvaise qualité des déplacements en transports en commun en Île-de-France a un impact négatif sur la santé physique et mentale des salariés. C'est la thèse défendue par Technologia, cabinet spécialisé en évaluation et en prévention des risques professionnels et de l'environnement, dans une étude rendue publique le 8 février.

C'est une question qui reste à la porte de l'entreprise, au sens propre comme au figuré, puisque cela “coûte” au salarié tout en ne relevant pas de la responsabilité de l'employeur. Retards fréquents des rames de RER, grève des cheminots, trajets interminables, métros bondés… La mauvaise qualité des déplacements en transports en commun en Île-de-France dégrade l'équilibre entre les efforts fournis par les salariés et la reconnaissance de l'entreprise qui en découle, ce qui est facteur de risques psychosociaux. Voilà ce qu'indique Technologia, cabinet spécialisé en évaluation et en prévention des risques professionnels et de l'environnement, dans une étude* rendue publique le 8 février.
“Le temps passé dans les transports, en rendant les salariés moins énergiques et moins disponibles, en les exposant à l'opprobre des managers contrôlant leur ponctualité et en modifiant leur rapport au travail, est un catalyseur multifactoriel des risques psychosociaux (fatigue, stress, dépression)”, soulignent les auteurs de l'étude, une psychologue du travail, un ergonome et un sociologue.
Des “stratégies compensatoires”
Par exemple, afin de rattraper leur retard et de pouvoir s'adapter au rythme des transports en commun, les salariés doivent mettre en place des “stratégies compensatoires”. Pour la plupart, il s’agit de s’organiser, de bricoler avec les collègues. Mais le prix des petits arrangements est parfois lourd : compression de la pause déjeuner, jalousies de ceux qui “galèrent eux aussi en voiture”, travail tard le soir, fatigue chronique, appauvrissement de la vie sociale et familiale, sans oublier le sentiment que les efforts consentis pour bien faire son travail sont toujours plus lourds. Si certains cadres, plus autonomes, peuvent parfois s’affranchir des règles de ponctualité, le “petit personnel” n’a pas cette chance.
Pour les auteurs de l'étude, il est donc “nécessaire de mettre en avant des difficultés qui, souvent, passent au second plan alors qu'elles sont pleinement liées au travail”. Ils proposent ainsi de :
*Ont été interrogés 150 représentants de personnels (RP), directeurs et directrices des ressources humaines (RH) fin 2009.
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