Par Sébastien DE BOISFLEURY, 13/04/2010
La nomination du médiateur de la sous-traitance est la première des 23 mesures décidées par le président de la République en conclusion des États généraux de l'industrie, le 4 mars dernier à Marignane (Bouches-du-Rhône).
Jean-Claude Volot, président de l’APCE et ancien délégué auprès du médiateur du crédit, vient d'être désigné médiateur de la sous-traitance. La nomination du médiateur de la sous-traitance est la première des 23 mesures décidées par le président de la République en conclusion des États généraux de l’industrie, le 4 mars dernier à Marignane (Bouches-du-Rhône).
Estrosi dénonce à son tour les réductions de coûts
Le nouveau médiateur de la sous-traitance est placé sous l'autorité du ministre chargé de l'Industrie, Christian Estrosi. «Le médiateur de la sous-traitance est une pièce maîtresse de la politique de filières décloisonnée à construire où donneurs d’ordres et sous-traitants s’inscrivent dans une logique de partenariat», a déclaré ce dernier. Avant de viser, comme Nicolas Sarkozy avant lui, les stratégies achats de certaines entreprises : «De trop nombreux donneurs d’ordres doivent sortir de la logique contre-productive où la stratégie se réduit à la stratégie des achats, qui elle-même se réduit à la compression des coûts. Ce cycle infernal n’est pas tenable ni pour les sous-traitants à court terme, ni pour les donneurs d’ordres à moyen terme. Il mène à la destruction du tissu industriel français et à la délocalisation.»
Toutefois, le ministre chargé de l'Industrie a également rappelé les devoirs des sous-traitrants. «Ils doivent, eux aussi, respecter leurs donneurs d’ordres et leurs engagements commerciaux. Ils doivent bien sûr améliorer leur compétitivité et leur réactivité, progresser sur la qualité de leurs produits et services, élargir le nombre de leurs donneurs d’ordres pour ne pas dépendre que d’un ou deux, ou encore s’ouvrir à l’international», a-t-il déclaré.
Pivot des relations clients-fournisseurs
Dans ce contexte, le médiateur sera «le pivot de la rénovation des relations donneurs d’ordres / sous-traitants», précise Christian Estrosi. Son action s'inscrira autour de trois axes. Le premier : assurer une médiation collective dès lors que plusieurs demandes convergentes lui sont adressées. «Le médiateur aura pour première fonction de recevoir les signalements anonymes de comportements abusifs et de les regrouper, détaille Christian Estrosi. Lorsque ces signalements convergeront suffisamment, il pourra se tourner vers le donneur d'ordres pour lui demander d'améliorer ses pratiques.»
Second axe : mettre en œuvre une médiation individuelle dès lors que l’entreprise plaignante en exprime la demande. «Dans le cas où le plaignant en exprime la volonté, le médiateur pourra par ailleurs jouer un rôle de médiation directe pour rechercher une solution rapide pour une entreprise en situation critique», reprend Christian Estrosi.
Dernier axe : contribuer à améliorer de manière structurelle la relation donneur d’ordres / sous-traitants, en particulier au sein de filières.
Un rapport chaque année
Pour fonctionner au niveau national, le médiateur s’entourera initialement d’une équipe réduite de 5 à 7 personnes. Par ailleurs, il s’appuiera sur un réseau de "médiateurs locaux", et notamment les DIRECCTE (directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) et leur pôle économique. Chaque année, le médiateur remettra au ministre chargé de l’Industrie un rapport des signalements reçus, des constats opérés et des solutions dégagées, ainsi que des propositions d’amélioration y compris dans le domaine normatif. Ce document aura vocation à être rendu public.
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Commentaires des lecteurs (3)
Réponse de Neil Armstrong le 24/04/2010
Ça bouge un peu quand même
Ça bouge un peu quand même. Un certain nombre de responsables achats commencent à sensibiliser leur direction générale au danger d'une stratégie à court terme.
Quand aux associations, ça bouge aussi. Ya des clubs Développement durable qui voient le jour ici ou là. Et ça va en faire rire certains, mais la CDAF se bouge aussi en étant à l'initiative il y a quelques mois d'une charte sur les achats responsables. Un petit pas pour les fournisseurs, un pas de géant pour les acheteurs !
Le 21/04/2010 Gael à écrit :
Mais que font-ils pour changer???
Oui bien entendu que les acheteurs mettent en place la politique des directions générales ! Mais ils sont en première ligne pour imposer leurs contraintes aux fournisseurs, avec toute la pression lié à la baisse des couts. Ne doivent-ils pas revoir leur métier? Que font les associations des acheteurs? C'est de leur devoir de proposer des solutions ! la pression sur les fournisseurs doit s'arrêter !
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Réponse de Gael le 21/04/2010
Mais que font-ils pour changer???
Oui bien entendu que les acheteurs mettent en place la politique des directions générales ! Mais ils sont en première ligne pour imposer leurs contraintes aux fournisseurs, avec toute la pression lié à la baisse des couts. Ne doivent-ils pas revoir leur métier? Que font les associations des acheteurs? C'est de leur devoir de proposer des solutions ! la pression sur les fournisseurs doit s'arrêter !
Le 14/04/2010 Martin à écrit :
Toujours la faute des acheteurs !
Et vlan ! Encore une fois, ce sont les acheteurs qui trinquent et qui sont montrés du doigt.
Mais les acheteurs ne font que remplir les objectifs, parfois de réduction de coûts, fixés par les directions générales !
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Martin - 14/04/2010
Toujours la faute des acheteurs !
Et vlan ! Encore une fois, ce sont les acheteurs qui trinquent et qui sont montrés du doigt.
Mais les acheteurs ne font que remplir les objectifs, parfois de réduction de coûts, fixés par les directions générales !
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