Par Julien VAN DER FEER, 29/03/2011
Jean-Claude Volot, médiateur inter-entreprises industrielles et de la sous-traitance, président de l'Agence pour la création d'entreprises (APCE), souligne le désarroi de certaines petites entreprises face aux grands donneurs d'ordres.
Dans vos interviews, vous évoquez souvent la “maltraitance des sous-traitants”. N’est-ce pas un terme un peu fort ?
Jean-Claude Volot : Pas du tout. Depuis ma prise de fonction, je me rends compte que nous vivons dans un monde de non-droit. Les entreprises vivent dans une jungle où règne la loi du plus fort. Certaines méthodes ressemblent presque à du racket organisé ! Par exemple, la pratique du “quick saving” oblige certaines PME à verser de l’argent à un donneur d’ordres avant même de travailler avec lui !
Quelle est la procédure pour saisir la médiation de la sous-traitance ?
Le médiateur peut intervenir dans le cadre d’une médiation individuelle ou collective, si plusieurs demandes de médiation sont convergentes. La première étape consiste à déposer un dossier en ligne sur le site Mediateur.industrie.gouv.fr, seule voie d’entrée possible. La médiation étudie alors l’admissibilité du dossier. En cas d’éligibilité, un médiateur régional prend contact avec l’entreprise dans les jours suivants, afin de définir un schéma d’action avant de commencer le travail de médiation. La plupart du temps, il suffit de “réhumaniser” la relation entre donneurs d’ordres et sous-traitants, de renouer le dialogue, pour régler les conflits.
Dans un autre registre, vous remettez en cause le principe du business plan. Lors du Salon des entrepreneurs, vous avez même soutenu une nouvelle méthode de développement, baptisée SynOpp. De quoi s’agit-il ?
Dans ma vie d’entrepreneur, je n’ai jamais suivi un business plan à la lettre. D’ailleurs, je ne suis pas le seul, puisque 95 % des plans d’affaires ne sont pas respectés. Une preuve de son inefficacité. Le principe de la méthode SynOpp est totalement différent. Ici, le créateur d’entreprise doit avoir un objectif de développement à long terme. Mais il doit ensuite naviguer à vue, un mois après l’autre, en gardant un œil sur son compte d’exploitation réel. Le but ? Être souple et s’adapter à toute situation, car il est impossible de savoir à l’avance comment va évoluer le marché. Quant au business plan, il faut en faire un pour rassurer son banquier et obtenir des lignes de crédit, c’est tout !
Retrouvez l'intégralité de l'interview de Jean-Claude Volot dans le numéro 57 de Chef d'entreprise magazine, en kiosque à partir du 5 avril 2011.
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