Par Astrid de MONTBEILLARD, 15/07/2010
L'Association marocaine de la relation client réagit suite aux déclarations de Laurent Wauquiez, secrétaire d'État à l'Emploi, concernant les mesures antidélocalisations des centres d'appels.
Alors que Laurent Wauquiez, secrétaire d’État à l’Emploi, annonce des mesures antidélocalisations, l’AMRC (Association marocaine de la relation client) ne l’entend pas de cette oreille et se mobilise pour dénoncer les projets actuellement à l’étude en France. Les équipes de Laurent Wauquiez proposent la mise en place d’une taxation des appels gérés en off-shore, d’un code de bonne conduite pour les entreprises publiques pour les contraindre à faire appel à des prestataires de centres d’appels en France, d’un dispositif d’incitation à le relocalisation des centres en France et enfin, d’une liste des mauvais élèves faisant appel à des prestataires off-shore.
Regroupant 16 acteurs majeurs des métiers de centres d’appels au Maroc employant près de 20000 personnes, l’AMRC rappelle que le secteur de la relation client en France est encore à ce jour créateur net d’emploi malgré le phénomène de l’externalisation off-shore (10000 nouveaux emplois ont été créés en 2009 en France pour 8000 à l’off-shore et moins de 5000 au Maroc). Youssef Chraibi, président de l’AMRC, s’appuie sur une logique de pure rationalité économique et précise que «la forte croissance de ce secteur au Maroc est beaucoup plus portée par le phénomène mondial d’externalisation des métiers de services que par la délocalisation des centres français au Maroc, dont le poids est mineur en réalité». Selon lui, le phénomène de l’externalisation off-shore répond à une pression des consommateurs exigeant un bon service au meilleur prix. «De nombreuses entreprises gèrent encore des appels en interne. Ces dernières choisissent en fonction du budget et de la complexité des opérations de les traiter en France ou à l’off-shore», précise Youssef Chraibi. Il estime qu’il n’y a aucune raison que les centres d’appels n’obéissent pas aux mêmes lois économiques que les autres secteurs.
Le président de l’AMRC rappelle que le Maroc a un véritable savoir-faire dans les métiers de la relation client et dénonce des mesures gouvernementales visant à entraver les lois de la libre concurrence. «D’un point de vue économique, nous ne sommes pas à l’ère du protectionnisme. La France est le premier fournisseur du Maroc. Or la mondialisation doit se faire dans les deux sens», ajoute-t-il. Des mesures teintées de populisme pour l’AMRC, qui n'y voit pas d’autres fondements que ce dernier.
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