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Chef d'entreprise Magazine N°40 - 01/07/2009 - Jeanne CAVELIER
Parce que leur activité est saisonnière, ou bien pour honorer une commande exceptionnelle, les entreprises peuvent avoir besoin d'étoffer, ponctuellement, leur main-d'oeuvre. CDD ou intérim, quelle formule choisir?
Surcroît d'activité, commande exceptionnelle, remplacement ou attente de l'arrivée d'un salarié, ou encore suppression d'un poste: dans chacune de ces cinq situations, la loi autorise l'employeur à recourir à un contrat à durée déterminée (CDD) ou à un contrat de travail temporaire (CTT), également appelé contrat d'intérim. En France, au 4e trimestre 2008, les CDD représentaient environ 7,5% de la main- d'oeuvre employée dans les PME de 10 à 99 salariés
Une relation triangulaire. Quant aux différences entre les deux contrats, elles découlent de la relation tripar- tite qu'implique le CTT. L'intérimaire exerce son activité dans une entreprise autre que l'agence d'intérim avec laquelle il a signé un contrat de travail et qui le rémunère. Il est donc électeur et éligible aux différentes instances représentatives dans son entreprise de travail temporaire, et non dans l'entreprise «utilisatrice», contrairement à un salarié en CDD. La durée de la période d'essai diffère aussi: de 2 jours pour un CTT de moins d'un mois, 3 jours entre un et deux mois et 5 jours au-delà de deux mois, elle passe à un jour par semaine de travail pour un CDD, dans la limite de deux semaines, voire d'un mois pour les contrats de plus de six mois. Par ailleurs, si l'employeur souhaite embaucher un intérimaire en CDI, il doit reprendre son ancienneté dans la limite de trois mois. Pour la conversion d'un CDD en CDI, en revanche, celle-ci couvre toute la durée du CDD. D'autres différences peuvent orienter votre choix. «Pour des missions de courte durée, Yintérim est peut-être plus adapté, car il vous fait gagner du temps, notamment lors de la recherche et de la sélection des candidats», estime maître Marie-Cécile de La Chapelle, avocate spécialisée en droit social du cabinet Sekri Valen- tin Zerrouk. En outre, si le salarié n'honore pas sa mission, l'agence de travail temporaire peut puiser dans son vivier pour le remplacer au plus vite, sans frais supplémentaires pour l'entreprise. Revers de la médaille: le coût. Celui-ci s'élève entre 2 et 2,5 fois le montant du salaire brut de l'intérimaire. A négocier, surtout si vous recourez régulièrement à la même agence.

L'intérim me dispense des formalités administratives
FABRICE MARCHADIER, gérant de Techniconfort
Gérant de Techniconfort, une entreprise de plomberie, Fabrice Marchadier s'appuie aujourd'hui sur un chef d'équipe et un plombier en intérim. «Je préfère l'intérim au CDD, souligne le dirigeant. En cas de retard sur un chantier, et donc de rupture dans le planning, les intérimaires partent chez un autre employeur, en attendant que l'équipe reprenne son activité.» Depuis trois ans, il collabore avec la même agence spécialisée dans le bâtiment. «J'ai connu quelques déboires auparavant, mais j'ai trouvé une entreprise de travail temporaire sérieuse qui nous fournit des candidats qualifiés et bien formés», précise le chef d'entreprise. Autre avantage: le recours à l'intérim allège la charge de travail au moment de l'embauche, notamment pour sélectionner le candidat, puis les tâches administratives (rédaction du contrat, déclaration d'embauché...), soit entre 2 heures et 2 heures 30 de temps de gagné. «Non seulement la formule du travail temporaire m'évite ces tracas, mais elle ne me revient pas beaucoup plus cher qu'un CDD», estime Fabrice Marchadier. Le gérant a fait ses calculs. A un taux horaire de 10 euros, un salarié en CDD lui coûterait 17,50 euros avec les charges patronales et la prime de précarité. Au même taux, grâce aux tarifs négociés avec l'agence d'emploi, un contrat de travail temporaire lui est facturé 19,50 euros s'il dure plus de deux mois (20,50 euros pour une période plus courte). Un surcoût qu'il juge raisonnable au regard des avantages que lui confère la formule.
- ACTIVITE: Installation d'équipements thermiques et de climatisation
- VILLE: Yves (Charente-Maritime)
- FORME JURIDIQUE: SARL
- DIRIGEANT: Fabrice Marchadier, 38 ans
- ANNEE DE CREATION: 2004
- EFFECTIF: 17 salariés
- CA 2008: 1,56 MEuros
- RN 2008: NC

Le CDD me permet de recruter moi-même
PIERRE FRIEH, p-dg d'Océazur
Océazur, société qui entretient et rénove les piscines, connaît un pic d'activité, chaque année, entre avril etjuin. L'année dernière, elle a accueilli quatre personnes en CDD. «J'avais déjà eu recours à des intérimaires: au bout de trois jours, ils étaient partis!, relate le dirigeant, Pierre Frieh. Le travail est physique, répétitif et notre activité impose de très grosses journées, dehors, parfois sous la pluie.» Pour s'assurer que sa main-d'oeuvre d'appoint va supporter ces conditions travail, il préfère sélectionner lui-même les candidats, souvent des étudiants motivés par le paiement d'heures supplémentaires. «Je garde ainsi le contrôle et recrute des personnes qui partagent ma vision du travail et n'ont pas peur de commencer à 7h30», poursuit le p-dg. Il estime le temps consacré au recrutement à seulement une demi-journée par an. Depuis l'année dernière, Pierre Frieh recrute aussi, pour une durée limitée, des jeunes diplômés issus des centres de formation dédiés aux métiers de la piscine. «La plupart vont s'installer à leur compte par la suite et devenir des affiliés d'Océazur», précise-t-il. Là encore, le dirigeant les embauche en CDD. Cette formule lui permet de découvrir les collaborateurs, de vérifier que ses futurs affiliés sont bien en phase avec la culture de son entreprise, à laquelle s'attachent rarement les intérimaires, souvent appelés pour des missions courtes. «Sans compter qu'un contrat d'intérim me coûte 25% plus cher qu'un CDD», conclut Pierre Frieh.
- ACTIVITE: Entretien et rénovation de piscines
- VILLE: Lyon (Rhône)
- FORME JURIDIQUE: SAS
- DIRIGEANT: Pierre Frieh, 66 ans
- ANNEE DE CREATION: 2005
- EFFECTIF: 12 salariés
- CA 2008: 900 kEuros
- RN 2008: 30 kEuros
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Commentaires des lecteurs (1)
laskowa - 11/08/2009
groupement d'employeurs
Pour répondre à un besoin saisonnier, il existe certes le travail temporaire, mais les groupements d'employeurs (GE) sont plus intéressants.
Sur un plan financier (Le GE est une structure associative donc moins chère que l'intérim) et surtout sur le plan de la fidélisation des collaborateurs (le salarié est embauché en CDI par le groupement d'employeurs et l'entreprise utilisatrice retrouve toujours le même salarié pour sa saison qu'il peut former via le plan de formation du GE.
En cas de besoin de renfort de personnel, pensez au GE
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