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Facebook et les dirigeants : Théorie de l’Ego ou du LEGO

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En cette période où, comme tout le monde, les dirigeants partent en vacances, un petit focus sur les comportements d'usage de Facebook s'impose. Est-ce adroit d'avoir un compte Facebook qui mêle vie professionnelle et vie personnelle? Christophe Praud, dirigeant du cabinet de conseil en Performance Commerciale MAVEN interroge et s'interroge.

Est-ce adroit pour un dirigeant d’entreprise d’avoir un compte Facebook où on y trouve des événements professionnels et des publications personnelles ? Qui n’a pas été interpelé par une publication personnelle sur Facebook de quelqu’un qu’on connaît uniquement professionnellement ? Devenu un espace de propagande de soi, Facebook est le lieu de tous les excès. Excès de vacances, de boisson, d’amis, de famille, d’avis, de partis pris, de parti sans prix, de jugements, de raccourcis, de sérieux et de dérisoires, de vérités comme de mensonges et j’en passe.

L’Ego me construit alors que le LEGO se construit.

Hors tel le LEGO,  Facebook est un formidable outil de construction, de communication, de marque et d’image s’il est utilisé méthodiquement et en respectant scrupuleusement les codes qui y sont associés. Positionnement de marché, expériences clients, savoir-faire innovants, marketing de soi ou d’entreprise, Facebook est un outil puissant pour faire rayonner notre entreprise. Brique par brique, nous pouvons pratiquer du social selling, du branding et faire de la communication omni-canal. Véritable aimant à clients, Facebook nécessite une rigueur d’exploitation qui ne laisse rien au hasard. De la page de profil, aux mots clés utilisées en passant par une gestion des contenus et la cartographie de vos « amis », Facebook est devenu un support de promotion à part entière qu’il ne faut pas sous-estimer.

Malheureusement notre Ego stimule régulièrement des envies rageantes de faire savoir au monde entier qu’on fait un barbecue quand d’autres sont coincés dans un 2 pièces, que son fils a sa première dent quand celui d’un autre fume son premier joint, que le paysage de Manhattan qu’on publie est magnifique alors que certain n’auront jamais les moyens d’y aller ou qu’un imbécile a défoncé sa voiture ce qui me permets à tout le monde de savoir qu’elle vaut 60 000€. Si ça s’est pas de l’Ego je ne comprend rien aux réseaux sociaux. Le pire est que le perso peut être entrecoupé indistinctement d’un événement professionnel, d’un client mis en avant ou encore d’un savoir-faire business que nous espérons être le seul à avoir. Tout ceci donne un mélange qui nous tire alternativement vers le haut ou vers le bas. Si en plus on y mêle des avis politiques et des prises de positions sociales ou sociétales, le risque de brouiller notre image est grand.

Sur Facebook, nous, dirigeants avons  beaucoup d’amis qui sont aussi clients de nos entreprise et tous ne nous connaissent pas au point de toujours percevoir la frontière de nos convictions, de notre vie privée et de notre profession. Peut-être faut-il se demander si nos clients sont par défaut nos « amis ».

Il a fallut que j’observe les pratiques des autres dirigeants pour m’interroger sur mes propres comportements sur Facebook. Donc cette tribune n’est pas une leçon mais peut-être un constat presque auto-biographique.