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Quand l'entreprise muselle ses managers femmes

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Si la parité en entreprise progresse, des efforts restent à faire. C'est notamment le cas de la prise de parole chez les femmes managers, qui semble être négligée à bien des égards. Explications.

Quand l'entreprise muselle ses managers femmes

Avez-vous déjà remarqué que les managers femmes s'expriment moins que leurs homologues masculins au sein de votre équipe de vente ? Deux professeurs de la Wharton Business School, Adam Grant et Sheryl Sandberg, se sont penchés sur la question et remarquent que les cadres femmes se font souvent couper la parole par les hommes dans le cadre professionnel.

En s'appuyant sur plusieurs études, mais aussi en menant leurs propres recherches, les deux experts ont abouti à des conclusions pour le moins surprenantes. Tout d'abord, les cadres hommes prenant le plus souvent la parole sont perçus comme étant 10% plus performants par le reste de l'entreprise (hommes et femmes confondus), alors que chez les femmes les plus loquaces, c'est l'inverse : elles semblent 14% moins efficaces aux yeux des autres.

Par ailleurs, en étudiant de près deux cas, celui d'une banque et d'une mutuelle, les deux chercheurs ont mis en avant que, non seulement les managers hommes ont plus de crédit que les femmes, quand bien même le propos évoqué reste le même, mais aussi que plus un manager homme prend la parole, plus il est considéré comme étant plus efficace aux yeux de ses n+1. En revanche, cette observation n'est pas vérifiée lorsqu'il s'agit d'une femme.

Certains managers n'hésitent pas à prendre des mesures pour endiguer cette situation. Le producteur américain de séries TV Glen Mazzara a par exemple instauré une règle simple dans son équipe : personne n'est autorisé, homme ou femme, à couper la parole de quelqu'un d'autre. Celui-ci confirme l'efficacité de cette mesure, rendant selon lui son équipe plus performante. Les deux chercheurs prodiguent toutefois, pour obtenir un résultat sur le long terme, de davantage confier des postes à responsabilités aux femmes. A bon entendeur.

Source : New York Times