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Le BYOD, un casse-tête pour les dircos ?

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Le BYOD (Bring your own device) est le fait d'utiliser ses terminaux mobiles personnels au travail. Les commerciaux sont de plus en plus adeptes de cette pratique. Décrytage avec Emmanuelle Olivié-Paul, directrice associée du cabinet Markess International.

Le BYOD, un casse-tête pour les dircos ?

Quelles sont les tendances actuelles en matière de BYOD ?

Le BYOD (Bring your own device), autrement dit le fait d’utiliser un terminal mobile personnel à des fins professionnelles, est un phénomène en pleine expansion dans les entreprises. Les commerciaux mobiles sont naturellement très concernés : un sur cinq aujourd’hui, un sur trois en 2014.

En effet, ils préfèrent utiliser leurs smartphones et tablettes personnelles plutôt que les outils mis à disposition par leur entreprise, parfois trop en décalage avec ceux dont ils ont l’habitude dans leur vie quotidienne.

Cela leur apporte beaucoup : facilité de la prise de notes avec un smartphone plutôt qu’avec un PC portable, réalisation de photos de bonne qualité (voire meilleure), téléchargement sur leur mobile personnel de leur feuille de route afin d’optimiser leur parcours de visites aux clients, etc.

Quels sont les risques et comment les prévenir ?

La question de la sécurité des données est centrale. Techniquement, certains fournisseurs sont aujourd’hui capables d’installer sur un même terminal des systèmes tout à fait indépendants, un pour la partie privée et l’autre professionnelle, en encapsulant les applications dans des espaces distincts. Même si cela n'annule pas tous les risques, cela permet au moins de sécuriser l'espace professionnel quel que soit l'usage que le commercial fait de son terminal dans la sphère privée.

En revanche, la question de savoir si le commercial ne va pas utiliser son terminal à des fins privées sur son temps de travail est un faux problème : c'est aussi une possibilité quand le commercial utilise son PC portable professionnel... Quoi qu'il en soit, dans les deux cas, cette utilisation est généralement encadrée par les règles relatives à l’usage d’Internet édictées dans les entreprises, en particulier dans les grands groupes, moins dans les petites organisations.

Quels autres conseils donneriez-vous aux directeurs commerciaux pour encadrer cette pratique de leurs équipes ?

Le phénomène prenant de l’ampleur de façon inéluctable, il est inutile de tenter de le limiter : au contraire, mieux vaut essayer d’y apporter des réponses appropriées, tout en écoutant ses commerciaux pour faire les bons choix.

Face à cette pratique, les entreprises ont deux types de stratégie. Soit elles initient des projets d’équipement de leurs forces de vente (mais nous sortons alors du phénomène), soit elles fournissent l’accès au système d’informations de l’entreprise à partir du terminal du commercial tout en laissant à ce dernier le choix de son équipement.

Si la direction informatique se charge de la partie technique, le directeur commercial doit assurer un travail de pédagogie sur les règles du bon usage du terminal mobile en entreprise. Pour cela, rien de tel que de montrer l'exemple. Il peut, par ailleurs, faire des propositions à sa direction des ressources humaines sur le versement d'éventuelles contreparties financières. Aujourd'hui, 10 % des terminaux mobiles utilisés en entreprise appartiennent aux vendeurs qui l’utilisent sans contrepartie financière, et 9 %, avec (leur employeur leur rembourse l’abonnement télécom par exemple). Sur cette question, le cas-par-cas est à éviter. Les conditions doivent être les mêmes pour tous.

Emmanuelle Olivié-Paul, directrice associée de Markess International

À lire aussi sur Actionco.fr : le compte rendu d’une étude Markess sur les applications mobiles pour les commerciaux, « Mobilité des forces de vente, quelles perspectives ? »