Mon compte Devenir membre Newsletters

52 % des entreprises prévoient des augmentations générales pour 2009

Publié le par

L'Observatoire Cegos prend le pouls des entreprises sur les enjeux liés à la rémunération des cadres. Premier résultat : plus d'une entreprise sur deux envisage des augmentations générales en 2009.

En 2008, 81 % des cadres affirment avoir profité d’une augmentation, qu’elle soit personnelle ou collective. Ils sont même 29 % à avoir pu bénéficier à la fois d’une augmentation générale et individuelle. Néanmoins, elles sont jugées insuffisantes par rapport au contexte économique : 55 % des cadres estiment que leur pouvoir d’achat s’est dégradé, seuls 16 % d’entre eux pensent qu’il s’est amélioré.
Selon les DRH, les salaires fixes devraient augmenter en moyenne de 3,7 %. Le quart des entreprises affirment qu’elles continueront à distribuer des budgets de plus de 4 %. L’évolution des salaires à l’embauche des jeunes cadres (+ 4,1 %) marque une stagnation alors qu’elle était en croissance depuis 2004. Concernant la distribution de ces hausses salariales, on constate que les augmentations générales ont le vent en poupe : depuis 2005 la part des entreprises qui y on recourt ne cesse d’augmenter pour atteindre aujourd’hui les 52 %.

Selon Michel Fourmy, manager du pôle ressources humaines de Cegos : « Pour la première fois, les entreprises déclarant vouloir favoriser les augmentations générales dépassent les 50 %. C’est un dispositif cohérent quand l’inflation est forte. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’y aura pas d’augmentation individuelle. En revanche, elles concerneront moins de cadres. Dans une conjoncture difficile, 83 % des DRH déclarent vouloir développer une plus grande sélectivité dans les augmentations individuelles »

Cadres et DRH en désaccord sur les enjeux de la politique rémunération

La première fonction d’une bonne politique de rémunération est, selon 89 % des DRH, de pouvoir reconnaître et valoriser la montée en compétence du salarié. L’autre grande priorité (à 82 %) est la fidélisation des talents. La garantie d’un haut niveau de protection sociale n’arrive que loin derrière (priorité pour 34 % des DRH) alors que c’est justement la première priorité des cadres (72 %).
« L’écart est net entre les DRH qui pensent d’abord performance et des cadres qui veulent se prémunir des risques à venir et préserver leur pouvoir d’achat » commente Michel Fourmy.

Autre écart de perception important entre DRH et salariés : le thème de l’engagement. Si 86 % des DRH pensent que les cadres sont impliqués voire très impliqués dans l’entreprise, les cadres eux-mêmes sont moitié moins (44 %) à se dire engagés.

Des managers sous-informés des politiques de rémunération de leur entreprise

La politique de rémunération de l’entreprise est-elle vraiment bien connue par ses troupes ? Selon 91 % des DRH, les cadres supérieurs sont effectivement bien informés des objectifs et des critères de rémunération. En revanche, plus du quart des managers ne seraient pas sensibilisés à cette politique et à peine plus d’un cadre sur deux le serait.
À y regarder de plus près, on se rend d’ailleurs compte que la seule information vraiment partagée par l’ensemble des managers est, selon 93 % des DRH, l’historique des augmentations. En ce qui les concerne les fourchettes et les moyennes de salaires par catégorie, la moitié des managers ne possède aucune connaissance en la matière. Michel Fourmy précise : « 80 % des DRH relèvent eux-mêmes un manque de transparence sur les rémunérations et 83 % une insuffisance de marge de manœuvre pour les managers. Dans ces conditions, on voit mal les managers sous-informés et sous-équipés être le relai de la politique salariale de l’entreprise. Aujourd’hui les DRH font face à un défi d’envergure : celui de lutter contre la déception et le désengagent des salariés alors qu’en parallèle la crise économique se durcit ».