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Les entreprises françaises mal préparées pour faire face aux fraudes

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Seule une PME française sur quatre compte des collaborateurs spécialisés dans la prévention de la fraude. C'est ce que révèle une étude menée par le cabinet de conseil Grant Thomton.

La dernière étude de Grant Thornton, menée auprès d’un panel de 7800 entreprises privées à travers 34 pays et représentant 81% du PIB mondial, montre que seules 23% des PME françaises ont des collaborateurs spécialisés dans la prévention de la fraude au sein de leur organisation. Cette proportion place la France parmi les pays les moins impliqués dans ce domaine à travers le monde.
À titre de comparaison, avec une moyenne mondiale de 45%, 59% des PME nord-américaines ont des collaborateurs spécialisés dans ce domaine, la moyenne européenne étant à 32% (37% pour les PME italiennes et anglaises, 36% pour les PME irlandaises et espagnoles, 31% en Allemagne).


Frédéric Zeitoun, associé de Grant Thornton en France, analyse : «Les coûts liés à la fraude sont estimés à plusieurs milliards d’euros. Il est donc nécessaire que les PME françaises prennent des mesures de protection. Que ces spécialistes de la fraude soient salariés ou non, des processus doivent être mis en place pour s’assurer que l’activité frauduleuse potentielle soit détectée suffisamment tôt.»


Dans le même domaine, la pratique du “whistleblowing” (la révélation par un salarié de comportements frauduleux au sein de son entreprise) s’impose petit à petit au sein des PME françaises: près de la moitié d’entre elles (49%) ont en effet mis en place un système d’alerte. Même si cette proportion reste bien inférieure à des pays comme le Brésil (85%), les pays scandinaves (71%) ou les États-Unis (58%), ce système est de mieux en mieux accepté dans l’Hexagone. Pour preuve, la proportion française est supérieure à la moyenne européenne, qui se situe à 42%.


Frédéric Zeitoun poursuit : «Sans avoir encore atteint le système sophistiqué, voire excessif, des États-Unis, la France a su s’adapter pour faire face à des différences culturelles majeures. Même si la Cnil a fortement restreint le champ de possibilités des dispositifs d’alertes professionnelles – au domaine comptable, bancaire, au contrôle des comptes et à la lutte contre la corruption –, les PME françaises ne pourront plus faire l’économie d’un système de whistleblowing au sein de leur organisation. En effet, il est souvent l’unique moyen de prévenir la fraude, le tout dans un véritable objectif de responsabilité sociale.»