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Les salariés satisfaits du système de formation français mais insuffisamment informés

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Salariés et DRH sont globalement satisfaits du système actuel de formation mais demandent à être mieux informés sur les dispositifs existants, selon l'Observatoire Cegos.

L’Observatoire Cegos vient de publier sa nouvelle enquête sur l’évolution de la formation professionnelle menée en octobre 2008, auprès de 403 DRH et responsables de formation et d’un échantillon national représentatif de 800 salariés d’entreprises.

Premier élément notable, les DRH comme les salariés apprécient la formation et en constatent les bénéfices. À plus de 90 %, DRH et salariés affirment que les différents dispositifs existants favorisent le développement des compétences. Plus précisément, 74 % des DRH pensent que la formation est un bon moyen d’aider les salariés à s’adapter aux exigences de leur poste de travail. Ils n’étaient que 53 % à dire la même chose en 2007, soit un bond de plus de 20 points en un an. Pouvoir anticiper les évolutions et maintenir l’employabilité est l’autre grand bénéfice à tirer des formations selon 71 % des DRH. La motivation des salariés est toute autre : à 90 % ils se forment avant tout pour évoluer professionnellement. Ce critère est considéré comme très important par 59 % des sondés.
Néanmoins, les salariés n’ont qu’une vague idée des dispositifs de formation existants. Ils ne sont que 37 % à se considérer suffisamment informés. Ils connaissent peu la VAE, le CIF et même le plan de formation, pourtant en place depuis plus de 35 ans.
Enfin, les salariés sont prêts (à 71 %) à se former en partie en dehors de leur temps de travail. 1 salarié sur 3 est même prêt à se former en totalité sur son temps de repos.

Le DIF est désormais intégré au paysage de la formation et les DRH le voient beaucoup plus comme un atout que comme une menace. 51 % d’entre eux perçoivent le DIF comme un levier pour un dialogue constructif avec les salariés sur leur projet de formation. Seuls 19 % le considèrent comme une source de frustration et de contentieux. De leur côté, les salariés sont 83 % à penser que ce droit constitue une opportunité. Les jeunes ouvriers notamment sont 70 % à considérer que le DIF va leur apporter une meilleure possibilité d’évoluer. En revanche, salariés et DRH n’ont pas le même point de vue sur l’utilisation potentielle du DIF. Comme l’explique Mathilde Bourdat, responsable Cegos de l’offre Management de la Formation : « Les salariés voient dans le DIF un levier de formation métier quand les DRH le perçoivent avant tout comme un moyen d’acquérir des compétences transverses. Manifestement, les DRH traitent encore le DIF comme un dispositif extérieur à leur réflexion globale sur les besoin en formation des salariés ».

En effet, les responsables des ressources humaines pensent (à 58 %) que les salariés vont utiliser leur DIF pour améliorer leurs compétences transversales (langues, bureautique...).Or, les salariés souhaitent avant tout renforcer leurs compétences métier, actuelles (35 %) ou futures (28 %). Le recours au DIF pour l’acquisition de compétences transversales n’est évoqué que par 28 % des salariés. Vu par les salariés, le DIF est un outil au service du parcours professionnel. 80 % d'entre eux disent qu’ils ont l’intention de cumuler leur DIF sur plusieurs années, et ceci est vrai pour toutes les tranches d’âge et toutes les catégories socioprofessionnelles (82 % chez les ouvriers).

Le DIF reste donc sous-utilisé, seuls 16 % des salariés avaient l’intention d’utiliser ce dispositif en 2008. Pour autant, les salariés peinent à formuler un projet précis dans le cadre du DIF : ils ne sont que 28 % à savoir précisément ce qu’ils souhaitent en faire.