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Les villes préférées des entrepreneurs

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Le premier classement "European cities entrepreneurship ranking" des villes européennes où il fait bon entreprendre, classées par les chefs d'entreprise eux-mêmes, vient de sortir. Les dirigeants en Europe du Nord sont davantage satisfaits que dans le Sud, Paris arrivant en dernière position des 21 métropoles sélectionnées.

À Paris, il ne fait pas bon entreprendre... Parmi 21 villes européennes sélectionnées pour leur attractivité et leur dynamisme, la capitale française se classe dernière. Ce panorama, dressé par un comité international scientifique d'universitaires et la société de conseil en stratégie Altidiem, est fondé sur la satisfaction des chefs d'entreprise. Près de 1 700 ont répondu à l'étude. Dans ce premier classement "European cities entrepreneurship ranking", Paris est tirée vers le bas, notamment par son offre de financement, jugée peu visible et inaccessible. Au 18e rang, Marseille, en dépit d'un environnement – fiscal, immobilier, qualité de vie... – apprécié par les chefs d'entreprise, doit affronter les difficultés liées à ses infrastructures, à son bassin d'emploi et à une présence forte du secteur public. Plutôt bien classées, aux 10e et 11e places, Lyon et Lille souffrent de la faiblesse de l'accompagnement post-création des entrepreneurs : conseil, suivi, identification de partenariats, etc. Contrairement à Lyon, qui a choisi de mettre tout en œuvre pour devenir "Ville de l'Entrepreneuriat", Lille parvient à ce résultat grâce à sa reconversion vers le tertiaire après de lourdes restructurations suite aux crises de la sidérurgie, des mines et du textile. « La crise booste l'esprit d'entreprise, estime Olivier Torrès, coordinateur de l'étude, chercheur et vice-président de l'association European council for small business. C'est un facteur de revitalisation, qui explique aussi les bonnes positions de Varsovie (8e) et Berlin (9e). »

Arrivée en tête, Göteborg, en Suède, a pourtant souffert de la fermeture des chantiers navals dans les années 1970. Le plus grand port d'Europe du Nord est la première ville européenne où les actions locales favorisent le mieux le développement économique et l'entrepreneuriat. La seconde place revient à sa compatriote Stockholm, la capitale. Le trio de tête est complété par la Britannique Birmingham. Encore une métropole régionale qui se place devant sa capitale, Londres arrivant cinquième, après Amsterdam. « La proximité paie : les informations circulent mieux dans les régions et, visiblement, les fonds aussi », indique Olivier Torrès.

Autre enseignement : les villes du Nord satisfont davantage les chefs d'entreprise que celles du Sud. « C'est l'effet de facteurs socioculturels, souligne Olivier Torrès. En Europe du Nord, la figure emblématique de l'entrepreneur a toujours été positive. » Et d'un effet taille, d'après l'une des chercheuses ayant participé à l'enquête, Nadine Levratto : « dans le Sud, la création d'entreprise apparaît comme une politique de lutte contre le chômage, on crée son propre emploi, ce qui donne de très petites unités. » D'où une dépendance accrue à l'environnement et aux aides de proximité, ce qui joue sur le niveau de satisfaction. Ce classement, soutenu par la Banque Populaire, Euronews et la Commission européenne, devrait être élargi en 2008 à d'autres villes, notamment à l'Est et dans les Balkans. Et contribuera peut-être à contrer le « déficit entrepreneurial en Europe », constaté par Emmanuel Berck, chargé de la politique des PME à la Commission européenne.