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Rapport des jeunes diplômés au travail : ce qui a changé d'une génération à l'autre

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Reims Management School a demandé à deux générations de diplômés quelle était leur vision de l'entreprise. Il en ressort un attachement à la valeur travail mais quelques différences générationnelles.

De nombreux discours fleurissent aujourd’hui sur le caractère “volatile” des jeunes diplômés, jugés hyperréalistes, cosmopolites, précoces, impatients, et tout autant en mouvement que les technologies avec lesquelles ils sont nés et qu’ils utilisent abondamment. L’arrivée de cette génération constituerait une révolution venant perturber l’ensemble des acteurs du marché du travail, déroutés par de nouveaux comportements des jeunes au travail et à l’égard de l’entreprise.
Mais les jeunes diplômés sont-ils si différents de leurs aînés dans leurs rapports au travail, à l’emploi et à la mobilité professionnelle ? Si différence il y a, constitue-t-elle un phénomène générationnel ou un effet d’âge ? Si les attitudes à l’égard de l’employeur et de la carrière changent, cela ne concerne-t-il que les jeunes ou s’agit-il de mutations sociales dans les rapports au travail ?
Rachel Beaujolin-Bellet, Professeur en ressources humaines à Reims Management School (RMS) et le Service Relations Entreprises de RMS ont mené une enquête auprès de deux générations de diplômés de Sup de Co Reims, afin d’en savoir plus…

Premier enseignement : l’étude confirme un attachement fort des jeunes comme des anciens diplômés au travail. Cette centralité du travail est plus importante que dans l’ensemble de la population active. Les diplômés sont prêts à s’impliquer dans le travail, davantage en répondant aux exigences de résultats (objectifs à atteindre), que sous forme de surinvestissement quantitatif (travailler beaucoup).
Le deuxième résultat majeur de l’enquête est l’unanimité et la persévérance dont font preuve les deux générations de diplômés dans leur demande de conciliation de vies. Mais leurs approches différentes du phénomène marquent un saut socio-générationnel.

La frustration des anciens
La quête de conciliation de vies se traduit chez les anciens diplômés par une demande récurrente d’autonomie voire d’indépendance. Ils cherchent à s’affranchir de relations de subordination qui ressortent comme contraignantes au regard de leurs enjeux personnels, sociaux et familiaux. Simultanément, on observe chez eux des difficultés à concilier vies personnelles et professionnelles. Equilibristes cherchant à s’affranchir, les anciens diplômés semblent désenchantés par les relations d’emploi qu’ils connaissent ou ont connues. Ils s’inscrivent dans une perspective de recentrage sur des composantes essentielles de la vie.

Une revendication explicite chez les jeunes
Dans leurs échanges avec l’employeur, le souhait de concilier de vies professionnelles et personnelles se traduit chez les jeunes diplômés par une demande explicite sur la qualité des conditions de travail. Leurs aînés étaient – et sont toujours – plus discrets voire pudiques à cet égard. Les jeunes diplômés exigent des contreparties à leur investissement dans le travail.

Méthodologie de l’enquête
520 questionnaires ont été instruits par des jeunes diplômés des promotions 2005-2007, et par d’anciens diplômés des promotions 1973-1987. À partir de la mobilisation d’échelles quantitatives, ils ont été interrogés sur la place qu’ils confèrent au travail, sur leurs représentations de la réussite au travail, sur leurs facteurs d’implication et de motivation au travail, sur leurs représentations du travail idéal et de l’employeur idéal, et enfin sur leurs perspectives pour l’avenir.