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Publié par La rédaction le | Mis à jour le

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2. Faire de l'économie circulaire notre standard

Nous avons revisité notre offre pour réduire notre consommation, refuser la surconsommation, réutiliser, réparer, recycler au maximum et relocaliser nos achats. C'est ce qu'on appelle les 6R de l'économie circulaire. Ces réflexions ont abouti à la création de notre propre marque, Camif Édition, qui propose des produits plus vertueux, plus responsables, plus inclusifs et plus locaux. Favoriser l'économie circulaire, c'est aussi revaloriser les métiers manuels et leurs savoir-faire locaux pour qu'ils redeviennent des métiers attractifs. Pendant la crise sanitaire, nous avons distribué 50 euros de bons d'achat Camif à tous les salariés et ouvriers de nos fabricants, reconnaissant ainsi l'importance des chevilles ouvrières de notre nation.

3. Dynamiser l'emploi sur nos territoires et favoriser l'insertion

Notre performance sociale se mesure avec l'effet multiplicateur : quand Camif crée 1 emploi, 14 emplois sont créés en France. Ce résultat, mesuré par l'outil Local Footprint du cabinet Utopies, est possible grâce à notre promotion de la fabrication française. En plus, 25 % de ces emplois sont créés en Nouvelle Aquitaine alors que la région ne concentre que 9 % des emplois en France. À titre de comparaison, quand Amazon crée 1 emploi en France, 2,2 autres emplois sont détruits dans le commerce de proximité selon les estimations présentées par Mounir Mahjoubi quand il était secrétaire d'État chargé du numérique.

4. Proposer les meilleurs produits possibles pour la santé

Quelques exemples : nous choisissons du bois issu de forêts durablement gérées, le bois massif et les panneaux à très faibles émissions sont toujours favorisés et nous sommes en train de trouver des alternatives au coton conventionnel avec du coton bio, du coton recyclé ou du lin. Mais le coton est partout dans nos produits, nous devons donc renoncer à des produits plus accessibles mais mauvais pour notre santé et pour notre planète.

Les renoncements d'aujourd'hui sont les profits de demain.

5. Transformer l'entreprise et la filière

La co-création est à toutes les étapes. Les consommateurs, les designers, les fabricants, les experts, etc. se réunissent pour des séances d'intelligence collective afin d'imaginer les objets de demain et de réinventer l'économie circulaire. Par exemple, à partir de vieux matelas recyclés, une start-up de l'économie circulaire est associée au plus grand fabricant de literie en France et à une entreprise d'insertion pour le sommier. Notre ambition est d'accélérer la transition de la filière vers un modèle soutenable. C'est aussi mon rôle en tant que président de la communauté des entreprises à mission. Tout entrepreneur doit agir dans sa propre entreprise et au-delà pour un modèle soutenable qui réconcilie le profit, l'impact social et environnemental.

La rentabilité de Camif n'est pas une finalité en soi. La rentabilité permet d'avoir les moyens de continuer d'investir et les moyens de mener notre mission. Mais la rentabilité ne doit pas s'obtenir à tout prix.

Si nous avions installé notre centre d'appels au Maroc comme cela se fait beaucoup, évidemment que la rentabilité aurait été au rendez-vous plus tôt, mais cela va à l'encontre de notre projet de consommation responsable et de production locale. Pourtant, c'est exactement ce que nous avait demandé un financier pour investir dans le projet.

Il est urgent de changer de lunettes ! Enlevons nos lunettes qui nous montrent uniquement le bénéfice à 3 mois pour une paire de lunettes à verres progressifs pour voir de près comme de loin, à long terme. Et prenons des lunettes 3 dimensions pour regarder le profit avec l'impact social et l'impact environnemental. C'est très important pour nous de montrer que le projet est rentable parce que les financiers nous attendaient au tournant.

On voulait démontrer qu'on peut avoir une performance financière avec une production locale et un engagement responsable. Mais notre vraie rentabilité, c'est notre impact social et environnemental. La performance extra-financière doit absolument être prise en compte par la Banque de France dans ses notations dont dépendent les crédits et les assureurs-crédit. L'intégration de la valeur extra-financière de l'entreprise peut accélérer la transition des entreprises. Les collaborateurs, eux, ont déjà pris le train. Si on arrive aujourd'hui à attirer des salariés très talentueux jusqu'à Niort, c'est parce que le projet leur plaît. Une entreprise qui n'est pas responsable est obligée de payer très cher ses talents. Une entreprise appartient à ses parties prenantes, aux fournisseurs, aux clients, aux territoires, etc.

Donc une entreprise doit être profitable pour toutes ses parties prenantes. Toutes nos parties prenantes sont dans notre nom : clients, actionnaires, monde qui nous entoure, intérieur (collaborateurs), fournisseurs. Si on enlève une partie prenante, cela ne forme plus Camif ! On a besoin de toutes nos parties prenantes. Et si un jour, on ne crée plus de valeur pour ces parties prenantes, elles se désengagent. L'entreprise qui est la plus résiliente est l'entreprise qui crée de la valeur pour toutes ses parties prenantes et qui crée un lien très fort avec chacune d'entre elles. Notre modèle est rentable grâce au passage à l'acte des consommateurs . Ils ont pris conscience que les anciens modèles sont liés au dérèglement climatique et à la désertification ouvrière de nos régions. La crise sanitaire que nous avons traversée a accéléré cette prise de conscience et même si seulement un tiers de ces consommateurs conservent leurs nouvelles habitudes de consommation, cela sera suffisant pour transformer les entreprises. C'est ce qu'explique Malcolm Gladwell dans son ouvrage Le point de bascule : il suffit que 10 % des acteurs d'une communauté modifient leurs comportements pour entraîner les autres, que cela soit une communauté de fourmis, une communauté d'entrepreneurs, une communauté de consommateurs...

Pour en savoir plus


Le livre "Une entreprise responsable et rentable, c'est possible" . Voir le site pour en savoir plus.

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Julien van der Feer,<br/>rédacteur en chef Julien van der Feer,
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