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Expression orale. Prendre la parole en public sans stress

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Vous tremblez à l'idée de prendre la parole en public ? Pas de panique : cela s'apprend. Quelques “trucs” pour capter l'attention d'un auditoire.

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C'est bien connu, les commerciaux, et à plus forte raison les managers commerciaux, ont la “tchatche”. Et pourtant, combien de fois avez-vous bredouillé lorsqu'il s'agissait de prendre la parole en public. Car, entre le classique face-à-face avec un client et la prise de parole devant un auditoire fourni, il y a un monde ! « On peut être très à l'aise en expression orale et se retrouver démuni devant un public », confirme Karine Berthier, une ancienne journaliste devenue consultante en communication au sein du cabinet Escal Consulting.

Si tel est votre cas, pas de panique : prendre la parole en public, cela s'apprend. Éric Mergy, directeur commercial d'Orbis, a ainsi appris à surmonter son stress grâce à des formations : « Dans ma précédente entreprise, tous les commerciaux devaient suivre un séminaire de formation à la prise de parole, explique-t-il. Durant plusieurs jours, chacun s'entraînait à parler devant ses collègues tout en étant filmé. Ensuite, on visionnait ensemble la vidéo, en émettant critiques et autocritiques. » Une méthode extrêmement formatrice, car l'enregistrement est impitoyable : voix, gestes, discours, tout peut être analysé et décrypté.

« C'est un exercice sans concessions, relate Jean-Philippe Lallemand, responsable marketing de la société Mobile Planet et, à ce titre, amené à effectuer des interventions régulières devant des assemblées. J'ai, moi aussi, suivi une formation : nos interventions étaient filmées et se déroulaient en anglais, l'objectif étant de multiplier les difficultés. Les tics de langage ou gestuels deviennent alors évidents. » Autrement dit, en visionnant la vidéo, quelqu'un qui se voit marteler frénétiquement le bureau avec son stylo ou bien qui balance nerveusement son pied remarque immédiatement ces défauts. C'est une étape essentielle, car en prendre conscience permet de les corriger.

Écrire ou ne pas écrire son discours ?

Tous ceux qui ont suivi un stage le reconnaissent volontiers : leurs interventions se sont nettement améliorées. Ce qui ne veut pas dire, pour autant, que l'angoisse ait disparu : « Il y a toujours une appréhension avant de prendre la parole, explique Éric Mergy. Mais ce stress n'est pas paralysant. » Et, même sans avoir suivi de formation, il est possible de réussir son intervention.

« À une condition, précise Karine Berthier : il faut l'avoir bien préparée en amont. C'est la règle d'or. » En la matière, plusieurs écoles existent. Certains préconisent d'écrire leur intervention. C'est le cas d'Éric Mergy : « Je rédige une partie de la conférence sur mon assistant personnel. D'une part, cela me rassure et, d'autre part, les premières minutes de la prise de parole sont essentielles : si vous êtes mal à l'aise, vous êtes médiocre tout au long de la conférence. Alors qu'avec mon système, au bout de quelques minutes, vous lâchez votre texte et vous improvisez. »

À l'inverse, d'autres préconisent de ne rien écrire, mais de jeter sur le papier quelques grandes idées qui constituent la trame de l'intervention. Il s'agit là d'élaborer un plan qui peut être précis. On peut, par exemple, y faire figurer des cas concrets pour appuyer son discours, mais sans rien détailler à l'écrit : « Les grandes idées seront développées oralement, en improvisant, explique Karine Berthier. Je suis contre l'écriture de A à Z, parce que cela pousse à lire son texte mot à mot. Or, l'expression écrite ne répond pas aux mêmes principes que l'oral : on ne parle pas comme on écrit. Et si tel est le cas, le discours n'est pas vivant. »

Le souffle et les silences

une fois que le manager commercial se retrouve devant l'assemblée, d'autres règles s'appliquent. « La parole, c'est la voix et la voix, c'est le souffle, reprend la consultante en communication. Il faut apprendre à “poser sa voix” : parler un peu plus fort que d'habitude et, surtout, plus lentement. » En effet, combien d'intervenants, pressés d'en finir, parlent avec un débit élevé qui empêche les auditeurs de suivre le raisonnement ! Mais attention : poser sa voix ne doit pas être synonyme de ronronnement monotone, sinon la salle s'enfonce rapidement dans une douce léthargie. Le rythme doit donc être tonique et, pour cela, il faut créer des ruptures dans le discours et relancer l'attention de la salle par des techniques. Il suffit, par exemple, de poser de temps à autre une question pour s'assurer que tout le monde comprend et suit. Rien n'interdit des pointes d'humour.

Au contraire : faire rire un auditoire est le meilleur moyen de gagner son attention. Enfin, il faut apprendre à jouer avec le silence. C'est certainement l'exercice le plus ardu, car tout intervenant a tendance à vouloir “combler les blancs”. Or, un silence de quelques secondes marque une rupture après une idée importante. De la même manière qu'à l'écrit, il serait insupportable de lire un texte sans point ni virgule, il est inconcevable de s'exprimer sans ménager de pauses : le silence est la ponctuation d'un discours.

Le regard pour affirmer sa présence

Mais une intervention orale mêle son et image. Le regard est donc également important. « C'est le point de contact entre l'orateur et l'auditoire, affirme Karine Berthier. Il est donc essentiel de regarder son public, à la fois pour souligner que l'on est dans une démarche d'échange, mais aussi pour mesurer ses réactions. » Tout comme le silence, le regard est un aspect difficile à maîtriser pour un conférencier, qui se réfugie souvent derrière ses feuilles. Or, l'un des secrets d'une prise de parole réussie réside précisément dans le rapport visuel que l'on établit avec le public. « Il faut se jeter à l'eau, affirme Jean-Philippe Lallemand. J'ai un “truc” : avant et pendant la conférence, je regarde les deux premiers rangs droit dans les yeux. Cela permet de marquer sa présence physique. C'est un moyen d'affirmer que je détiens la parole et, d'une certaine manière, de faire comprendre que je mène le jeu ! »

Enfin, une prise de parole en public doit impérativement respecter un timing. Certes, votre public est là pour vous écouter, mais pas pendant des heures ! Et, à l'issue de votre intervention, n'oubliez pas de remercier l'auditoire de son attention : c'est une excellente conclusion et, surtout, c'est une politesse élémentaire qu'il est cependant facile d'oublier, dans le feu de l'action.

Éloquence

Cinq règles d'or

1/ Préparer soigneusement son intervention. Écrire son discours peut permettre d'être rapidement à l'aise, mais attention à ne pas “lire” de bout en bout. Mieux vaut jeter sur le papier quelques grandes idées, à partir desquelles on improvise ensuite.

2/ Poser sa voix : parler plus lentement et plus fort que d'habitude pour retenir l'attention du public.

3/ Créer des ruptures dans le discours : le silence permet de marquer les idées importantes, les questions, et de s'assurer que le public suit le raisonnement.

4/ Regarder l'auditoire pour bien marquer sa présence : cela permet également de noter les réactions du public.

5/ Donner d'emblée les idées principales : il ne faut pas attendre la fin de l'intervention pour délivrer le message car, entre-temps, l'auditoire aura pu “décrocher”.

Témoignage Jean-Philippe Lallemand, responsable marketing de Mobile Planet « L'expérience permet de maîtriser une intervention » Responsable marketing, Jean-Philippe Lallemand est amené à intervenir régulièrement dans des conférences. Formé et rodé à l'exercice, il garde cependant le souvenir d'une prise de parole qui a bien failli être ratée. « J'arrivais à la fin de mon discours, raconte-t-il, et je sentais qu'il fallait que je réveille un peu la salle. J'ai donc haussé la voix et je me suis emballé. Très rapidement, je n'avais plus de souffle. Je bafouillais et je gesticulais. Or, c'est un piège de débutant : le risque, dans une conférence, est de s'essouffler. » Mais, parce qu'il avait au préalable reçu une formation à la prise de parole en public, Jean-Philippe Lallemand a réussi à reprendre la situation en main : « Je me suis arrêté quelques instants, et l'humour m'a sauvé. J'ai bu un verre d'eau, et nous avons ri avec l'auditoire. Ensuite, j'ai repris le fil de la conférence. Le secret, c'est de gagner la confiance du public et de ne pas considérer l'auditoire comme un “ennemi”. »

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Frédéric Thibaud

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