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DossierBusiness for Good : un modèle pour changer le monde

Publié par Véronique Meot le

3 - Guerre des talents : ce que recherchent les jeunes

Sensibles à la raison d'être des entreprises et à leur empreinte sur leur environnement, les jeunes qui sortent des grandes écoles de commerce recherchent des jobs porteurs de sens. Ils témoignent de leurs attentes et de leurs exigences, de leur job de demain, des boîtes qui les font rêver.

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Exit la Silicon Valley et ses Gafam - en partie responsables de l'impact carbone du numérique - qui ont attiré des générations de jeunes cadres. Aujourd'hui, ce qui fait tripper la jeunesse, c'est l'engagement, le bio, l'économie circulaire... "Avoir un job qui a un véritable sens et un réel impact sur l'environnement représente un plus" aux yeux de Thibaud de Broucker, diplômé d'Audencia Bachelor et actuellement en quatrième année de BBA.

Le jeune homme, âgé de 23 ans, se verrait bien en poste à l'international, dans le cadre d'une mission VIE, mais pas à n'importe quel prix ! Et se dit prêt à considérer l'engagement d'une entreprise avant de la rejoindre.

Un engagement de A à Z

Solenne Mior, étudiante du programme grande école de l'EM Lyon BS, réalise son stage de fin d'études chez Oé, start-up éthique et B-corp, qui travaille main dans la main avec des vignerons engagés, certifiés bios. "J'apprécie que l'entreprise soit cohérente avec un engagement de A à Z, jusque dans le choix du verre des bouteilles partiellement recyclé, les bouchons en liège naturel, etc", témoigne-t-elle.

Cette étudiante, qui se destine à une carrière commerciale dans le vin, se dit sensible à l'écologie et à la préservation de la planète. Elle estime qu'il est possible de conjuguer cette posture avec un business plus responsable. "L'intérêt que manifestent les consommateurs pour les produits bios prouve que c'est possible, le marché existe", se réjouit-elle. À 24 ans, Solenne Mior fait partie d'une génération qui "s'apprête à subir les conséquences du changement climatique. Intégrer une entreprise engagée apparaît alors comme une nécessité pour donner du sens à son travail et pour participer à la révolution écologique", dit-elle.

C'est également ce que pense Louis Robin, étudiant à la Skema BS grande école et qui appelle de ses voeux un contrat chez Danone à l'issue de son stage. "Lorsque j'ai cherché une entreprise, j'ai passé de nombreux entretiens, mais j'ai rejoint Danone parce que l'entreprise se déclare clairement responsable des enjeux environnementaux et sociétaux", affirme-t-il.

Si la grande distribution apparaît au jeune commercial comme un passage obligé - il occupe actuellement des fonctions de chef de secteur - pour développer certaines compétences, il n'en reste pas moins qu'elle doit s'aligner sur les enjeux sociaux et environnementaux. "Ce qu'elle commence à faire", glisse-t-il.

Fournir des preuves

Les managers peuvent reléguer leurs discours marketing aux archives. La jeune génération entend s'investir en faveur du bien commun et attend des preuves de la part de leurs futurs employeurs. Et cela commence avant l'entretien d'embauche. Éliette Verdier, doublement diplômée du programme grande école d'HEC Paris (master sustainability and social innovation) et d'AgroParisTech, qui a une expérience de stagiaire chez CDC Biodiversité, explique "analyser les offres d'emploi et les opportunités au regard des conséquences de l'action de l'organisation sur l'environnement".

Une étude des impacts qu'elle mène en prenant soin d'enquêter auprès de son entourage car, lâche-t-elle réaliste, "il est impossible de maîtriser seul tous les maillons de la chaîne". À 24 ans, la jeune femme, qui s'est créé un solide réseau dans le secteur, n'hésite pas à consulter l'avis d'enseignants, d'amis et de membre de sa famille. Surtout, confie-t-elle, "le jour de l'entretien, il faut arriver avec des questions précises afin d'évaluer - en fonction des réponses - si le management s'est lui-même déjà interrogé."

Car au fond, ce n'est pas le statut juridique de l'entreprise qui compte "mais sa volonté de participer à la préservation de l'environnement, dans le respect des droits sociaux et humains." Rejoindre par exemple une organisation qui priverait d'accès aux terres les populations indigènes sous prétexte de préserver l'environnement apparaît totalement exclu. En revanche, participer à un projet qui améliore vraiment l'existant serait envisageable, y compris si l'entreprise part de loin. Pourvu que la mission fasse sens. Avec en ligne de mire, une période d'essai considérée comme une phase décisive.

Mettre en cohérence vie privée et professionnelle, tel est l'objectif de Maxime Boniface, étudiant en MSE (mastère spécialisé entrepreneurs) à Grenoble École de Management. "J'ai un intérêt très fort pour les questions sociétales et environnementales, j'essaie donc de trouver comment améliorer l'impact dans chaque branche de ma vie", résume ce jeune homme.

Au niveau personnel, cette volonté se traduit par des lectures, de la recherche d'information, des efforts sur ses choix alimentaires, ses modes de consommation, etc. Pas question donc de lâcher prise dans la vie professionnelle. Les entreprises qui le font rêver ? L'agence française de développement (groupe AFD) qui finance et accompagne les transitions vers un monde plus durable, le groupe Ares, entreprises tremplins dont la vocation principale est de favoriser l'insertion de personnes en grande exclusion, etc. Et la création d'entreprise, pour maîtriser son engagement et être certain d'agir !

Entre engagement et salaires, les jeunes diplômés ont du mal à trancher

Pour donner du sens à leur vie professionnelle, les étudiants sont prêts à s'engager dans les actions sociales et environnementales de leur entreprise, voire à refuser un poste dans une entreprise qui manque d'engagement. C'est ce que confirme le baromètre "Talents : ce qu'ils attendent de leur emploi" réalisé par Ipsos pour BCG et CGE en janvier 2020.

Dans les grandes écoles, les étudiants pensent pouvoir changer les choses de l'intérieur alors que les Alumni se montrent plus partagés sur cette question. Tous montrent un attrait pour l'économie sociale et solidaire, 7 talents sur 10 aimeraient travailler ou faire un stage dans l'ESS. Et dans ce secteur, la cause environnementale recueille les faveurs des jeunes, devant l'éducation et la santé.

Mais, premier frein à l'engagement, la question du salaire est cité par près d'un tiers des Alumni. Suivent ensuite le manque de connaissance du secteur et le manque de sécurité de l'emploi. Pour autant, les Alumni intéressés par l'ESS se disent prêts à revoir leur prétention à la baisse : en moyenne, ils accepteraient une baisse de salaire de 11%.

Julien van der Feer

Julien van der Feer

Rédacteur en chef

Rédacteur en chef d’Artisans Mag’ et de Commerce Magazine, l’univers de l’artisanat et du commerce est mon quotidien depuis 3 ans. Je suis passionné par [...]...

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