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Quand la nature nous apprend à mieux collaborer

Publié par Eve Mennesson le | Mis à jour le
Quand la nature nous apprend à mieux collaborer
© Wojciech Gajda

Dans son ouvrage "La stratégie du poulpe" (éditions Eyrolles), Emmanuelle Joseph-Dailly nous invite à observer la nature pour faire évoluer nos comportements et interactions. Et accéder enfin à l'intelligence collective.

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Cela fait longtemps que les scientifiques observent la nature pour proposer des innovations : citons Airbus qui a développé un avion en s'inspirant des rapaces ou encore des chercheurs du laboratoire Alison Butler (université de Santa Barbara) qui ont conçu une molécule extra-adhésive en milieu aqueux en imitant la façon dont la moule s'accroche à son rocher. Si les exemples sont légion dans la technologie, personne n'a encore eu l'idée de s'inspirer de la nature pour améliorer les interactions humaines. Jusqu'à l'ouvrage "La stratégie du poulpe" qu'Emmanuelle Joseph-Dailly vient de publier aux éditions Eyrolles.

La communication pour se coordonner

"S'inspirer de la nature permet de changer de regard, de dénicher de nouvelles idées. Et surtout de se recentrer sur l'essentiel", explique l'autrice. L'ouvrage débute en se penchant sur le poulpe : un animal fort étonnant qui est en capacité de s'adapter très facilement à son environnement mais aussi au stress, qui sait se montrer créatif pour faire face aux dangers, qui utilise une communication complètement décentralisée (les bras sont indépendants de la tête qui ne fait que coordonner les informations).

La communication occupe d'ailleurs une place centrale dans le livre. Emmanuelle Joseph-Dailly consacre notamment une large partie au principe de stigmergie : "Il s'agit d'un mécanisme biologique : une trace laissée par une action initiale stimule l'action suivante", précise-t-elle, donnant l'exemple des termites qui utilisent la stigmergie pour construire des termitières. Ces messages permettent en fait de se coordonner.

La stigmergie est intéressante parce qu'elle souligne l'importance de chacun dans une entreprise : "Il s'agit de mettre en oeuvre toutes les contributions possibles pour atteindre un objectif commun en co-création", souligne Emmanuelle Joseph-Dailly. C'est la version animale de l'intelligence collective, de la puissance du groupe.

Coopétition

La communication sert donc notamment à mieux collaborer : la collaboration est un thème également largement abordé dans "La stratégie du poulpe". "Dans le vivant, la compétition demande plus d'énergie que la collaboration ; la collaboration se fait donc par défaut et la compétition n'est utilisée qu'en dernier recours", rapporte Emmanuelle Joseph-Dailly. Une constatation qui peut être inspirante pour notre monde à nous : n'aurions-nous, nous aussi, pas davantage d'intérêt à collaborer qu'à s'affronter ?

Cette collaboration peut très bien se mettre en place avec des compétiteurs : il s'agit de la coopétition. Dans son livre, Emmanuelle Joseph-Dailly raconte la coopération entre des dauphins et des fous du Cap pour capturer des harengs. "Les êtres humains utilisent peu ces mécanismes : on parle peu à ses compétiteurs, juge Emmanuelle Joseph-Dailly. Or, au lieu de se diviser la mise, la coopétition permet de l'accroître et de créer de la valeur."

Reconnaissance et nouveauté

Cette collaboration, pour être efficace, doit se faire dans la confiance et l'équité. Dans son livre, Emmanuelle Joseph-Dailly donne l'exemple des corbeaux et des chiens qui, s'ils sont trahis, refusent par la suite de coopérer. "Ces exemples sont classiques dans le monde animal mais le cerveau humain réagit de la même manière : les neurosciences montrent que nous sommes sensibles à l'équité", indique Emmanuelle Joseph-Dailly, soulignant que les êtres humains doivent être reconnus et payés à leur juste valeur afin d'éviter qu'ils ne se désengagent.

Un autre point important pour éviter le désengagement et donc une collaboration efficace : éviter la lassitude. Dans son ouvrage, Emmanuelle Joseph-Dailly parle de singes friands de cacahuètes qui, s'ils sont toujours récompensés par cette friandise, finissent par ne plus éprouver autant de plaisir. A l'image du singe, les êtres humains ont besoin de nouveauté pour continuer à être motivés. Une nouveauté à laquelle il est possible d'accéder en lisant l'ouvrage d'Emmanuelle Joseph-Dailly.


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