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Méthodologie

La boîte à outils de L'intelligence émotionnelle
Chapitre I : Développer son quotient émotionnel

Fiche 05 : Le cerveau

  • Retrouvez 6 fiches outils dans ce chapitre
  • Publié le 1 déc. 2017
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La boîte à outils de L'intelligence émotionnelle

8 chapitres / 57 fiches

Comprendre le fonctionnement du cerveau



En résumé

En 1960, Paul. D. Mac Lean développe la théorie du " cerveau triunique " selon laquelle le cerveau se compose de 3 zones interdépendantes dotées de fonctions spécifiques : la zone reptilienne (dédiée à la protection, la sécurité), la zone limbique (siège des émotions), la zone corticale (dédiée à la réflexion, la résolution de problèmes). Ces zones sont réparties dans deux hémisphères reliés par des réseaux de connexions, qui échangent les informations et exercent une influence mutuelle. Les fibres nerveuses qui relient la zone limbique à la zone corticale sont particulièrement développées.

Pourquoi l'utiliser ?

Objectif

  • Mieux comprendre ses émotions et réactions.
  • Les anticiper et mieux les gérer.

Contexte

Cet outil est utile pour mieux comprendre nos comportements et réactions.

Comment l'utiliser ?

Étapes

  • Identifier les comportements et réactions.
  • Les analyser.
  • Ajuster son comportement.
  • Méthodologie et conseils

    La zone reptilienne

    La zone reptilienne, partie la plus archaïque du cerveau que nous avons en commun avec les animaux à sang froid (reptiles, poissons), assure les fonctions vitales de l'organisme en contrôlant la fréquence cardiaque, la respiration, la température corporelle, l'équilibre. Elle a une fonction protectrice, et permet de satisfaire nos besoins fondamentaux : sécurité, défense du territoire. Lorsque nous nous sentons menacés, notre cerveau reptilien intervient et provoque l'envie de fuir ou de se défendre. Cette partie du cerveau est en lien étroit avec notre équilibre biologique et endocrinien.

    Quelques exemples de comportements spécifiques :

    Assurer la défense de son territoire : être agacé si un collègue s'installe à sa place ou envahit son espace.

    Se sentir en sécurité en occupant la même place en réunion.

    Les rituels : effectuer le même trajet, aller déjeuner à une heure précise ; les gestes automatiques : croiser les bras, toussoter, jouer avec son stylo.

    La zone limbique : siège des émotions

    Partie du cerveau que nous avons en commun avec les animaux à sang chaud (mammifères), c'est la zone des émotions et de la mémoire. La zone limbique mémorise des émotions liées à des comportements agréables ou non. Elle joue un rôle de filtre sélectif et de régulation des émotions. Lorsque nous percevons des informations, nous évaluons automatiquement l'effet produit : positif, neutre ou négatif. Des manifestations physiques apparaissent. L'information est ensuite adressée à la zone corticale, ou reste bloquée : une forte appréhension peut nous empêcher de réfléchir. La zone limbique concerne également l'apprentissage, la mémorisation dans le long terme de faits chargés d'émotion, la capacité à créer des images.

    La zone corticale : le cerveau rationnel

    C'est la partie spécifiquement humaine du cerveau. La zone corticale est dédiée au raisonnement, à l'abstraction, à l'imagination, à la pensée. Elle nous permet d'analyser les situations, d'adapter nos comportements, d'inventer des comportements nouveaux à partir d'expériences anciennes, de résoudre des problèmes. Nos valeurs, idéaux se situent au niveau des lobes préfrontaux.

    Avantages

    • Selon Antonio Damasio, spécialiste des émotions, connaître sans ressentir n'est pas d'une grande utilité, un individu souffrant de " frigidité émotionnelle " est en décalage, communique mal et en souffre. La compréhension du fonctionnement du cerveau donne du sens à nos réactions spontanées et aux émotions ressenties.

    Précautions à prendre

    • Les émotions mobilisent toutes les zones cérébrales et ont une forte influence sur les zones reptiliennes et limbiques. Il est important, dans certaines situations, de prendre du recul.

    Comment être plus efficace

    Comment fonctionnent les 3 zones du cerveau

    Les scientifiques ont longtemps sous-estimé et dévalorisé les émotions par rapport au raisonnement logique, car elles naissent au plus profond de notre cerveau archaïque, avant d'être relayées à la zone corticale.

    Chaque zone du cerveau a une fonction spécifique ; ces fonctions sont hiérarchisées, et fonctionnent en mode séquentiel.

    Le cerveau reptilien, dédié à la sécurité, à la défense du territoire peut se manifester lorsqu'on se sent menacé. Il prend alors momentanément le contrôle de la pensée rationnelle, enclenche un comportement impulsif et défensif : attaque, repli, ou défense. Par exemple, si je me sens menacé, mis en cause, je peux attaquer ou adopter une stratégie de défense en mobilisant mon énergie.

    La zone limbique est en relation étroite avec la zone corticale.

    L'amygdale et l'hippocampe font partie du système limbique. L'amygdale exerce un rôle prédominant dans notre capacité à ressentir et percevoir les émotions. De nombreux souvenirs, impressions, réactions affectives dont nous ne sommes pas conscients sont liés à l'amygdale. Lorsqu'un événement survient, l'émotion associée stimule l'amygdale, avant d'être relayée à la zone corticale. Ainsi, lorsqu'une menace est détectée, la réaction émotionnelle est immédiate, l'amygdale prend le contrôle avant que l'information n'arrive au cortex pour être analysée. Le circuit du traitement de l'information par l'amygdale est très court, l'émotion peut ainsi impacter la prise de décision avant même qu'il y ait eu analyse de l'information. Il arrive ainsi que l'on soit submergé par l'émotion sans pouvoir percevoir la réalité avec objectivité, ni accéder au raisonnement. Nous risquons alors d'adopter des réactions inappropriées.

    L'amygdale et l'hippocampe jouent un rôle important dans la mémorisation. L'amygdale mémorise des émotions associées à des faits. L'hippocampe, lui, mémorise les informations relatives à l'événement chargé d'émotion. Ainsi lorsqu'une personne vit une situation qui lui rappelle un souvenir déplaisant, elle éprouve une sensation désagréable bien que l'événement soit différent.

    La mémoire peut également être affectée par les émotions, lorsque nous sommes sous pression, inquiets, stressés, nous avons alors du mal à rassembler nos idées, nos souvenirs. Un blocage peut survenir.

    La zone corticale

    Lorsqu'un événement survient, le cortex analyse l'information, évalue la situation et associe des souvenirs en lien avec le même type de situation. Le circuit de traitement de l'information est plus long et plus élaboré que celui utilisé par l'amygdale.

    Équilibre cerveau émotionnel - cerveau rationnel

    Notre cerveau émotionnel et notre cerveau rationnel interviennent tous deux dans le raisonnement. Ils sont indissociables et complémentaires.

    Lorsque la zone limbique et la zone corticale sont en phase, nous éprouvons un sentiment de paix intérieure, d'équilibre.

    CAS : Conjuguer cerveau émotionnel et rationnel en situation de tension

    La situation initiale vécue par les deux protagonistes

    Les actions entreprises et leurs effets


    Contexte

    Matthieu travaille depuis deux semaines avec un collègue sur un projet informatique. Ils n'arrivent pas à se rencontrer, lorsqu'ils se réunissent, leurs échanges ne sont pas productifs, ils n'arrivent pas à régler efficacement les difficultés rencontrées. Cela agace Matthieu, qui sent son collègue tendu, sur la défensive. Matthieu a beaucoup travaillé le dossier de son côté, mais il n'arrive pas à bâtir un plan d'actions précis avec son collègue. Le projet n'avance pas et prend du retard...

    Résultat obtenu

    Matthieu a pris du recul et analysé la situation. Au cours d'une nouvelle rencontre, il a rassuré son interlocuteur sur le fait qu'il ne voulait pas remettre en cause la répartition des tâches et responsabilités (cerveau reptilien), a valorisé les remarques et propositions émises par le collègue en reconnaissant leur pertinence (cerveau limbique). Ils ont pu ainsi poursuivre leur collaboration de façon efficace en analysant les difficultés rencontrées et en recherchant ensemble des solutions.

    Martine-Éva Launet, Céline Peres-Court

    Julien van der Feer,<br/>rédacteur en chef Julien van der Feer,
    rédacteur en chef

    La Lettre de la Rédac

    Chaque semaine, l'essentiel de l'actu