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Méthodologie

La boîte à outils de l'Intelligence collective
Chapitre V : Faciliter les groupes

Fiche 04 : Les icebreakers

  • Retrouvez 16 fiches outils dans ce chapitre
  • Publié le 30 nov. 2017
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La boîte à outils de l'Intelligence collective

7 chapitres / 65 fiches

Quelques clés du succès d'un icebreaker



En résumé

Les icebreakers ou brise-glaces sont des outils qui ont pour but de " casser la glace " entre les participants, de créer un moment de détente dans un environnement plaisant, décalé et une atmosphère ludique.

Ils facilitent les rencontres, les échanges de prénoms ou d'autres informations personnelles pour que les personnes se repèrent dans un collectif plus ou moins anonyme selon que le groupe se connaît déjà ou non.

Ils créent des premiers liens et amènent les groupes à vivre une première expérience qui fait baisser les défenses et plongent dans le thème de la rencontre par un détour.


Pourquoi l'utiliser ?

Objectif

  • Insuffler de l'énergie, dynamiser et stimuler la créativité et créer un climat positif et ludique.
  • Instaurer un climat de confiance en mettant d'emblée tout le groupe en activité, à parité et en connexion.
  • Aborder la thématique de la journée par un détour.

Contexte

Les icebreakers sont utiles dans les situations d'apprentissage ou de réunions pour s'ouvrir aux autres par des jeux rapides, des questions brèves, des déplacements dans l'espace. Dans les équipes qui se connaissent déjà, les activités restent néanmoins utiles pour sortir de la routine, continuer à s'étonner réciproquement ou impliquer d'emblée les participants sur le thème de la rencontre. Ils sont choisis en cohérence avec le sujet du groupe, les objectifs de la journée ou de la séquence et prennent des formes diverses : jeux, mouvements, questions, cartes et toute invention du facilitateur.

Comment l'utiliser ?

Étapes

Les icebreakers sont utilisés au démarrage mais aussi lors de la reprise de l'après-midi pour éviter l'endormissement et l'asthénie post-prandiale. Le facilitateur donne des consignes simples, faciles à réaliser. Ils sont plus ou moins impliquants.

  • Les placements en lignes : dans les groupes de plus de vingt personnes, il est préférable de choisir un exercice de cinq à vingt minutes. Par exemple en ayant prévu l'espace pour cela, un exercice de placement selon la taille, en ligne du plus grand au plus petit, ou par mois et jour de naissance ou par la couleur des yeux du plus clair au plus foncé.
  • Les speed meeting : par deux, par exemple avec le voisin de droite, donner cinq minutes par paire (dire son nom, ce qu'il aime le plus dans son métier, sa passion ou son hobby, ce qu'il attend de la session) et partager cela en grand groupe.
  • Les icebreakers préparés : avec l'invitation, demander aux participants d'apporter un objet ou un sujet qui exprime quelque chose d'important pour eux sur le thème de la journée (l'efficacité, la relation client, l'innovation). Dans un grand groupe, seuls certains les présenteront. En équipe jusqu'à quinze, chacun le présente en une minute.

Après l'icebreaker, le facilitateur peut demander aux participants de faire un rapide débriefing par deux ou quatre suivi d'un bref partage des ressentis ou apprentissages lorsqu'il est en lien direct avec le thème.

Méthodologie et conseils

Il existe énormément d'exercices et le facilitateur peut en inventer ou créer des variantes. Il accepte que certains ne souhaitent pas faire l'exercice, le plus souvent ces personnes finissent par rejoindre le groupe

Avantage

  • Favoriser les rencontres entre les participants, l'écoute réciproque et engager les personnes dans un premier dévoilement plus personnel.

Précautions à prendre

  • Il est préférable d'avoir vécu soi-même un icebreaker, de se sentir à l'aise pour l'animer, éventuellement de modifier les consignes à la volée si elles ne fonctionnent pas bien dans le groupe en question.
  • Tenir compte de la composition du groupe, de l'âge et des conditions physiques des participants pour assurer leur sécurité.

Comment être plus efficace ?

Passer un moment marquant, simple et ludique ensemble

Lorsqu'une équipe a l'habitude de travailler ensemble, ses membres pensent se connaître. Or il arrive bien souvent que cette connaissance soit superficielle ou au contraire que certaines personnes se connaissent parce qu'elles ont des affinités de caractère ou ont eu des expériences partagées qui ont fabriqué du lien. Un icebreaker ludique favorise l'expression de tous en s'émulant mutuellement. Le jeu permet de découvrir des aspects parfois insoupçonnés de collègues que l'on voit dans un cadre qui empêche l'expression de l'ensemble de la personnalité. Cet espace de jeu ouvre alors sur des aspects méconnus de personnes avec qui l'on travaille pourtant régulièrement. Le rire est souvent de la partie, les personnes racontant anecdotes ou souvenirs et réalisations atypiques sur un mode humoristique. L'objectif est déjà atteint grâce à des révélations qui créent surprise et sensation. Ces découvertes provoquent un nouveau regard mutuel et agissent sur les schémas mentaux et les préjugés, en particulier sur les jugements défavorables portés sur certains membres de l'équipe qui à cette occasion dévoilent des vécus, des talents, des goûts, des aspects de leur vie et réhumanisent des relations permettant l'émergence de nouvelles interactions.

S'ouvrir sur le champ personnel

Il est désormais banal que dans certains types d'entreprises, telles les startups, chaque collaborateur connaisse ses collègues dans ses sphères privée, familiale, personnelle. Le plaisir à être ensemble constitue un critère de recrutement, d'efficacité et d'intelligence collective intimement tissé avec le bien-être et le plaisir au travail. Cependant il est encore fréquent que, dans des équipes constituées depuis parfois plusieurs années, les membres méconnaissent les centres d'intérêts, les passions, les difficultés de leurs collègues avec qui ils passent souvent huit heures par jour.

Ressemblances et complémentarités

Comment devenir curieux, intéressé par ceux que je côtoie régulièrement ? En posant des questions et en étant prêt à être surpris par ce qui nous relie et ce qui nous différencie. Des questions simples : qu'aimes-tu ? Que détestes-tu le plus ? Qu'est-ce que les autres disent de toi ? Qu'as-tu fait de plus fou dans ta vie personnelle ou professionnelle ? Quand l'équipe se découvre sur ces registres plus personnels ou décalés, les capacités à se parler d'autre chose, à se rencontrer en profondeur et à faire fructifier les désirs et talents inexprimés se transforment en motivation et en ressources pour l'équipe.

Les icebreakers sur la connaissance mutuelle renforcent la cohésion de l'équipe et son efficacité en libérant les champs de découvertes mutuelles. Ils favorisent la création de nouveaux liens rapidement, par empathie, résonnance, et acceptation des différences qui sont alors vues comme possibles complémentarités.

CAS : Présentation des points communs et des spécificités du groupe


Un dirigeant souhaite réunir son comité de direction pour travailler sur les priorités de l'année à venir. Il souhaite en profiter pour intégrer trois nouveaux collaborateurs arrivés depuis quelques semaines et renforcer les liens entre les personnes. Elles sont débordées et stressées, ont peu de temps pour se parler d'autre chose que de leurs projets ou problématiques opérationnelles et ont tendance à fonctionner en clans.

L'icebreaker choisi est simple et ludique et permet d'explorer des dimensions professionnelles et personnelles et de s'exercer à des questionnements pour aller chercher ce qui relie les individus et ce qui caractérise chacun. Le facilitateur constitue des équipes de quatre qui se connaissent le moins, les nouveaux sont répartis dans les équipes. Chaque groupe a un paperboard préparé par le facilitateur. L'objectif est de trouver quatre à cinq points communs professionnels et personnels, de les noter dans le carré du centre, puis de faire le même exercice pour les spécificités individuelles si possible amusantes, originales et inconnues ou peu reconnaissables et les noter dans les quatre carrés sans inscrire son prénom. De retour dans la salle en cercle, chaque sous-groupe présente son cadran sans donner le prénom. Les autres collègues doivent reconnaître les personnes.

Béatrice Arnaud, Sylvie Caruso Cahn

Julien van der Feer,<br/>rédacteur en chef Julien van der Feer,
rédacteur en chef

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